par Nicolas Anderbegani

On a vu : Lamborghini, l’homme derrière la légende

Alors qu’un biopic sur Enzo Ferrari se prépare du côté de Michael Mann, Ferruccio Lamborghini fait l’objet d’un long métrage, une production américano-italienne dont le script se base sur l’ouvrage Ferrucio Lamborghini – l’histoire officielle, publié par Tonnino Lamborghini, son fils.


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Casting

A la réalisation, on trouve Roberton Moresco, connu pour avoir signé le scénario du Million Dollar Baby de Clint Esatwood. Dans le rôle-titre, deux acteurs se partagent l’affiche : Romano Reggianni incarne le Lamborghini jeune de l’immédiat après-guerre, tandis que l’expérimenté Frank Grillo incarne le Lamborghini du temps de sa splendeur industrielle. L’autre acteur de renom dans le film est Gabriel Byrne (Miller’s crossing, Usual Suspects, la fin des temps) qui incarne Enzo Ferrari. Si Grillo ressemble assez à Lamborghini (en plus beau gosse quand même), Byrne est assez éloigné de la carrure et de l'allure du Commendatore...Comme l’indique le titre du film, le scénario se penche à la fois sur la naissance de sa marque automobile, née comme un défi pour répondre à un affront de Ferrari, mais aussi sur la part privée de Ferruccio Lamborghini, plus tourmentée qu’il n’y paraît.

Scénario

Le film se découpe en trois chapitres. Le premier commence quand le jeune Ferruccio revient de la guerre et renoue avec sa famille, et doit se heurter à l’incompréhension du paternel, agriculteur de son état, quand son fils lui explique son intention de se lancer dans la mécanique. Si l’on évoque brièvement son activité de mécanicien sur l’île de Rhodes, en tant que prisonnier de guerre au service des anglais, pendant le conflit, Le film omet de préciser que Lamborghini est diplômé de l’institut de technologie de Bologne en 1939. Après une brève carrière de pilote automobile interrompue après un accident en 1948, Lamborghini se lance dans la production de tracteurs, développés dans un premier temps à partir de véhicules militaires désaffectés.

Le second chapitre est consacré aux années de gloire, où Lamborghini connaît la réussite entrepreneuriale, puis se heurte à Enzo Ferrari. Le film ne pouvait pas omettre la fameuse altercation (pour laquelle plusieurs versions du contexte et des propos échangés existent) au cours de laquelle Lamborghini, venu se plaindre en personne des problèmes d’embrayage des Ferrari, se fait sèchement rabrouer par Ferrari. Selon la variante la plus célèbre et communément admise de la « punchline », Ferrari aurait dit à Lamborghini que ses voitures n’avaient pas de problèmes, mais que lui ne savait pas les conduire. Dans le film, Ferrari, plus arrogant et antipathique que jamais, va plus loin en le renvoyant à ses tracteurs et ses origines « paysannes ». De cette humiliation nait alors ce défi, cette ambition folle de vouloir créer sa propre marque et de produire des GT meilleures que celles de son grand rival, qui n’habitait qu’à quelques dizaines de kilomètres de lui.

Le troisième chapitre, plus court, nous montre Lamborghini confronté aux problèmes sociaux et économiques du début des années 70 et qui finit par passer la main, avant de se retirer dans sa propriété et son vignoble.

Quelques qualités, pas mal de défauts

Le film n’est pas dénué de qualités. La reconstitution des « ambiances » d’époque est réussie, de même que toute la partie sur l’élaboration de la première Lamborghini, la 350 GT, le moment le plus intéressant, où Ferruccio parvient à s’entourer de grands talents comme le designer Franco Scaglione et l’ingénieur Gianpiero Dallara. Mais il est dommage que le film n’ait pas poursuivi en mettant en lumière la genèse de la Miura qui, plus que la 350 GT, fait entrer le taureau dans la légende et a stupéfait le monde entier en son temps. D’autant plus que la Miura est sur l’affiche officielle…

Comme son nom l’indique, le film a voulu mettre en avant l’homme Lamborghini, que l’on découvre ambitieux et avide de reconnaissance, donc tout aussi fier que son rival Ferrari, mais aussi tourmenté par une vie privée compliquée et des relations distendues avec son fils. Un homme qui, par égo, a pris de grands risques financiers à l’encontre de son entreprise afin de réaliser ce défi automobile.

Le film a aussi de sérieux défauts. 1h30, c’est très court et ça manque aussi sacrément de rythme ou d’audace de mise en scène. On trouve finalement beaucoup de séquences intimes, sur ses histoires de couple ou familiales, et pas assez sur la naissance de sa marque sportive. C’est assez plat et scolaire. Surtout, la chronologie pose par moments problème, avec des sauts dans le temps qui ne donnent pas assez de liant. Après une introduction située en 1992, donc quelques mois seulement avant sa mort, où l’on découvre un Ferruccio Lamborghini âgé, mais dont la scène ne dépasse pas les dix secondes, on revient en 1946.

 Dans la seconde moitié du film, on passe ainsi assez brutalement de la présentation de la 350 GT, concrétisation de son rêve en 1964, aux difficultés économiques et sociales de l’Italie du début des années 70 qui le contraignent à passer la main. En quelques minutes, les ouvriers qui adulaient leur chef se sont transformés en véhéments grévistes revendicatifs. De même, le film est entrecoupé par une séquence farfelue où Lamborghini, au volant d’une Countach, se lance dans une course de rue nocturne improbable avec…Enzo Ferrari sur une Mondial en plus... Non seulement on est incapable de situer chronologiquement cette scène dans l’intrigue, mais elle frise le ridicule, d’autant que les deux séquences « course » (ce rodeo nocturne et la reconstitution de la course de 1948 où Lamborghini a son accident) sont très molles. Et le film se termine par un Ferruccio Lamborghini pensif qui prend le volant d’une Miura et roule à 10 Km/h sur la voie de gauche d’une route de montagne…la scène a-t-elle été tournée en Angleterre ?

En somme, le film vaut e détour du simple fait que cet univers demeure très rare au cinéma, mais on est à des années-lumière de ce que l’on pouvait attendre.

 

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Pour résumer

Ferruccio Lamborghini est à l'honneur dans le film Lamborghini : l'homme derrière la légende, un long-métrage inégal qui a voulu s'attarder sur la complexité de la personnalité de l'industriel, mais au détriment sans doute de l'objet automobile, qui était pourtant mis en avant par la production.

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