par Nicolas Anderbegani

On a lu : la Renault 6 de mon père

La Renault 6 n'a pas forcément marqué les mémoires, coincée chronologiquement entre les mythiques 4L et R5. Mais cela ne l'a pas empêchée de rencontrer un vrai succès commercial. Elle a désormais droit à son ouvrage dans la collection " de mon père".

Zapping Le Blogauto Essai Suzuki Vitara

Une question de gamme

La Renault 6, apparue en 1968, vient combler un manque dans la gamme de Renault entre une 4L trop petite et rustique pour les uns, et une R16 trop grande et chère pour les autres. ll faut aussi réagit à la concurrence, comme Citroën, qui a su sortir des modèles plus cossus et polyvalents que la 2CV avec les Dyane et AMi 6. La R6 joue le mélange des genres, puisqu'elle reprend une bonne partie de la base mécanique de la 4L, y compris au début des petits moteurs comme le Billancourt de 845cc, tout en imitant le style plus statutaire de la R16.

Sans grande personnalité, plutôt passe-partout, la R6 va surtout remporter l'adhesion du public en raison de sa praticité (merci au hayon, encore rare à l'époque) de son habitabilité et de sa qualité de fabrication. À partir d' (modèle 1971), la version originelle est supplantée par la nouvelle R6 TL qui reçoit enfin un moteur 6 CV, le fameux moteur Cléon-Fonte de 1108 cc. Elle reçoit aussi des freins à disques à l'avant. L'auto est plus à l'aise sur la route avec une vitesse maximale qui passe de 120 km/h à 135 km/h.

Longue carrière à l'étranger

1974, c’est l’année du restylage pour la Renault 6. Si le look global demeure très fade, l’avant subit une réelle modification avec une calandre désormais rectangulaire en plastique noir qui fleure bon les années 70 et son cubisme ambiant. Mais elle y perd presque la petite personnalité que lui donnait sa calandre d'origine. Les phares ronds à enjoliveurs rectangulaires deviennent juste rectangulaires. Les pare-chocs avant intègrent les clignotants. Rien de fou, fou, n'est-ce pas, mais la carrière se poursuit avec, chaque année, une petite touche en plus, comme les ceintures de sécurité arrière qui arrivent en 1979. Si sa production s'arrête en France en 1980, elle continue sa carrière en Argentine et en Colombie jusqu'en 1984, en Espagne jusqu'en 1986, pour un total de 1,74 million d'exemplaires produits. Pas mal !

Comme toujours, la série "de mon père" propose un récit condensé et exhaustif sur le modèle abordé. Bernard Vermeylen, dont la passion automobile nait d'une rencontre avec une magazine arborant en couverture la R6, débute l'ouvrage par un chapitre consacré à la tradition de la voiture populaire chez le losange, avant de passer en revue la génèse de la R6, sa conception, son évolution à travers les millésimes, l'accueil presse, les versions spéciales (dont la Rodéo, prête à défier la Rancho !) et la carrière internationale. Les annexes donnent toutes les informations techniques nécessaires, les n° de châssis, les teintes et selleries, les chiffres de production ou l'intégralité des évolutions liées aux millésimes. De quoi trouver une perle rare en véhicule ancien, la R6 s'est faite très rare sur les routes mais ne cote pas haut, victime (ou pas) de son image très discrète.

Fiche technique

  • Éditeur ‏ : ‎ ETA
  • Relié ‏ : ‎ 120 pages
  • Dimensions ‏ : ‎ 25 x 2 x 22 cm
  • Prix : 29,90 euros

Pour résumer

La Renault 6 n'a pas forcément marqué les mémoires, coincée chronologiquement entre les mythiques 4L et R5. Mais cela ne l'a pas empêchée de rencontrer un vrai succès commercial. Elle a désormais droit à son ouvrage dans la collection " de mon père".

La quotidienne

Retrouvez tous les soirs une sélection d'articles dans votre boite mail.