par Thibaut Emme

Le retour du retour du retour de Spyker ?

La vie de Spyker est loin d'être un long fleuve tranquille. Le constructeur néerlandais pourrait être relancé via des investisseurs que le monde du sport auto connait bien.

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Spyker Cars N.V. a été créé en 1999 par Victor Muller, Néerlandais. Avocat, il se reconvertit dans la direction d'entreprises qu'il achète, restructure et revend. Passionné de voitures de collection, il décide de s'associer à Maarten de Bruijn pour lancer Spyker. Les Spyker marquent les esprits par leur design, mais aussi leur conception en aluminium, et leur fabrication manuelle.

La C8 ou C8 Laviolette émerveillent alors petits et grands. Mais Spyker vise aussi le sport automobile, énorme page de publicité. 24 heures du Mans, 1 000 km du Nürburgring, etc. La Spyker C8 Double 12-R, la Spyker C8 Spyder GT2-R puis la Spyker C8 Laviolette GT2-R portent les couleurs de la marque. Victor Muller a les yeux plus gros que le ventre et rachète Midland F1. Voilà le petit constructeur dans la cours des grands....pour une saison à peine puisque l'écurie est revendue un an après à Orange India Holdings pour devenir Force India (devenue depuis Racing Point puis Aston Martin).

Aujourd'hui, Victor Muller a confirmé l'arrivée de nouveaux actionnaires pour relancer la production des voitures de route. Le groupe d'investisseurs est mené par Michail Pessis et Boris Rotenberg. Boris Rotenberg, c'est SMP Racing, ainsi que BR Engineering, deux entités connues en endurance (tiens tiens). C'est aussi un soutien de son compatriote Russe Sergei Sirotkin (ex-F1 et pilote SMP Racing).

En fait, ce sont les mêmes investisseurs qui il y a un an avaient fait faux bond à Victor Muller. De faux bond il n'y a donc visiblement pas eu, et certaines caisses auraient même déjà été produites pour la relance.

Ce seraient donc des capitaux russes qui seraient injectés dans Spyker Ltd pour relancer la société poussé à la banqueroute en 2014. Spyker relancerait la production des voitures de course, mais se relancerait aussi en sport automobile. On peut penser à l'endurance bien entendu. Reste à savoir si ce serait en GT, en LMP2 (en sponsor titre du SMP Racing) ou carrément en LMH ou LMDh. Après tout, BR Engineering a fait courir un châssis Dallara nommé BR1 en catégorie LMP1. Si aux 24 Heures du Mans 2018 ce fut des abandons pour les trois voitures, en 2019, la BR1 #11 du SMP Racing a réalisé le podium de l'épreuve.

C8 Preliator, mais aussi D8 Peking-to-Paris

Spyker relancerait la C8 Preliator (dernière itération de la C8), mais aussi le vilain SUV D8 Peking-to-Paris, ainsi que la B6 Venator. Pour rappel, la B6 Venator, présentée en concept en 2013, serait basée (non confirmé) sur la  Artega GT, qui a elle même "mangé la grenouille" comme on dit en faisant faillite.

Rotenberg a de grandes ambitions avec une bascule vers le carbone au lieu de l'aluminium et de l'alliage pour les voitures. Une partie serait faite en Russie, l'ingénierie en Allemagne, et l'assemblage dans l'ancien atelier Spyker. La partie financière serait au Luxembourg.

Notre avis, par leblogauto.com

Les 265 Spyker existantes vont-elles enfin avoir de nouvelles petites soeurs ? Les supercars d'il y a 10 ans séduisent-elles encore par leur performance et leur absence de technologie ? Surtout, qui va acheter le SSUV (suv sportif) D8 Peking-to-Paris ?

Surtout, on attend de voir pour y croire. En août 2020, Spyker annonçait déjà que Boris Rotenberg et Michail Pessis lançaient une "collaboration importante" avec Spyker. L'histoire a visiblement mis du temps à se concrétiser. Rendez-vous en 2022 ?

Pour résumer

La vie de Spyker est loin d'être un long fleuve tranquille. Le constructeur néerlandais pourrait être relancé via des investisseurs que le monde du sport auto connait bien.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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