par Nicolas Anderbegani

L'Arabie Saoudite veut son grand prix de F1

L'arrivée du Dakar, remporté par Carlos Sainz, a coincidé avec la révélation du projet de grand prix de F1 dont rêve l'Arabie Saoudite. Les gros moyens sont de sortie !

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La F1 au service du soft power

Le royaume du prince héritier Mohammed Ben Salmane a très bien compris, comme d'autres régimes avant lui, l'intérêt du sport spectacle comme vecteur d'image et comme levier de croissance économique. Alors que la monarchie prépare l'après-pétrole dans son projet Vision 2030, le régime saoudien cherche aussi à soigner son image internationale, sérieusement mise à mal ces dernières années par l'affaire Khashoggi, le conflit au Yemen et les accusations d'atteintes aux droits de l'Homme. A l'image du Qatar, qui a déjà fait sien depuis longtemps le sport comme instrument du soft power,  l'Arabie Saoudite a fait des sports mécaniques l'une de ses priorités d'investissement et, après la Formule E, a franchi un nouveau pas cette année avec l'accueil du Dakar.

Mais le régime veut aller plus loin. L’Arabie Saoudite a profité de l’arrivée du rallye-raid dans le nouveau site en construction de Qiddiya pour dévoiler les contours du projet de circuit F1, qui doit se construire de concert avec un gigantesque parc d'attractions promettant de rivaliser avec le Ferrari World d'Abu Dhabi. Les rendus graphiques promettent d'en mettre plein la vue, dans un mélange de Disneyworld, Las Vegas et des jardins suspendus de Babylone, avec piste éclairée au sol, grands 8 dans tous les sens, architecture futuriste, le tout dans un décor vertigineux. Ici, pas de budgets capés ! 

Des stars pour prêcher la F1 dans le désert

Aux ports de la capitale, Riyad, Qiddiya est un méga-projet de divertissement et de tourisme, d'une superficie de 334 Km², qui doit ouvrir ses portes en 2023. Une fois n'est pas coutume, ce ne sont pas les bureaux de l'architecte Hermann Tilke qui ont travaillé sur le tracé, mais l'ancien pilote Alexander Wurz, qui se trouve être le président de l'association des pilotes, le GPDA. D'ailleurs, une délégation d'anciens et actuels pilotes de F1, comprenant Romain Grosjean, Nico Hülkenberg, David Coulthard et Damon Hill, le champion du monde 1996, étaient présents à l'arrivée du Dakar pour participer à la présentation du projet.

En coulisses, il se dit déjà qu'un accord serait imminent entre l'Arabie Saoudite et Liberty Media, à hauteur de 58 millions d'euros annuels. D'après le Daily Mail, l'entreprise pétroliere Saudi Aramco, n°1 mondiale par sa capitalisation boursière depuis son entrée en bourse en 2019, aurait déjà accepté d'être le sponsor-titre. Avec Bahreïn et Abu Dhabi, cela ferait 3 courses au Moyen-Orient, dans un calendrier qui promet d'être extensible à souhait. Liberty Media n'a pas caché son ambition de porter à terme le championnat à 25 voire 26 courses, avec la bénédiction de la FIA. On se rapproche du calendrier Nascar, sauf que ce dernier est exclusivement aux USA.

Notre avis, par leblogauto.com

On pouvait s'en douter, mais l'ère Liberty Media promet de transformer toujours plus la F1 en un divertissement à grande échelle, et rien n'est trop beau ni trop cher pour les pays en quête de visibilité ou d'image. Reste à savoir si tout cela peut aller de pair avec les "accréditations environnementales" et l'objectif de bilan carbone neutre pour 2030 annoncé par les autorités. Espérons néanmoins que les moteurs ne chaufferont pas trop...et que la piste ne sera pas réfrigérée !

Source : Qiddiya, Daily Mail, F1

Pour résumer

L'arrivée du Dakar, remporté par Carlos Sainz, a coincidé avec la révélation du projet de grand prix de F1 dont rêve l'Arabie Saoudite. Les gros moyens sont de sortie !

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