par Joest Jonathan Ouaknine

Bye bye PGO ?

Cela faisait quelques temps que PGO ne donnait plus de nouvelles. Il était absent au dernier Mondial de Paris. En fait, il semblerait que le sympathique artisan d'Alès ait baissé définitivement le rideau.

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Cela faisait quelques temps que PGO ne donnait plus de nouvelles. Il était absent au dernier Mondial de Paris. En fait, il semblerait que le sympathique artisan d'Alès ait baissé définitivement le rideau.

PGO est l'héritier des Jidé, Fournier-Marcadier et autres De La Chapelle. Comme ces autres artisans tricolores, il a connu une existence tumultueuse.

En 1985, Gilles et Olivier Prévôt, deux frères, se lancent dans les répliques de Cobra. Ils fondent PGO (Prévôt Gilles Olivier.) A l'époque, les ayant-droits de la Cobra ont d'autres chats à fouetter et un espace s'ouvre. Le Belge Apal est lui spécialisé dans les répliques de Porsche 356 Speedster. En 1995, il arrête cette activité et vend son outillage aux deux frères. En parallèle, les Prévôt songent à commercialiser une voiturette électrique. Une diversification hasardeuse.

En 1998, Laurent Skrzypczak et Olivier Baudouin reprennent PGO, à qui ils évitent de sombrer. Les nouveaux propriétaires décident de monter en gamme. La Speedster II est une interprétation plus moderne de la 356. Ils négocient auprès de PSA Banque la fourniture de moteurs. En 2004, Porsche leur intente un procès en contrefaçon. La Speedster "tout court", celle d'Apal, disparait du catalogue. Néanmoins, PGO entre en bourse, s'offre une usine près d'Alès, où il produit une centaine de voitures par an et il se construit un petit réseau.

En 2005, le fonds Koweïtien Al Sayer prend 51% de la société et il place Zouhir Boudemagh comme PDG. Sous Boudemagh, PGO développe le coupé Hemera. Les mécaniques PSA sont aux normes Euro 4. C'est avec BMW que le PDG négocie l'approvisionnement de moteur Euro 5, en 2012. PGO rêve de grandir. La marque s'offre un stand au salon de Shanghai, espérant trouver sur place un distributeur.

En 2016, la production s'effondre à une vingtaine, puis à une dizaine d'unités par an. Les communiqués se raréfient. Les ouvriers sont au chômage technique. Ils accusent Boudemagh d'avoir dilapidé l'argent de PGO. Il est en effet le mécène de l'Alma Chamber Orchestra, dont Anne Gravoin (Mme Manuel Valls) est alors directrice artistique. De plus, PGO a sponsorisé Gala et un clip de Keen'V.

Le 30 juin 2016, le fond Koweïtiens organise une assemblée générale. Il cherche un repreneur. La société, placée un temps en liquidation, en sort par jugement "prononçant la clôture de la procédure de liquidation judiciaire pour extinction du passif" (plus de créance NDLR) le 19 mars 2017. L'Assemblée Générale est prolongée jusqu'au 30 septembre. A priori, aucun repreneur ne s'est manifesté [Mise à jour : un repreneur se serait finalement manifesté. A suivre ?]. L'artisan pourrait donc être sur le point de disparaître définitivement.

Note : depuis parution de ce sujet, d'autres événement sont survenus sur le dossier PGO... Lire la suite >ICI<

Crédit photo : PGO

Pour résumer

Cela faisait quelques temps que PGO ne donnait plus de nouvelles. Il était absent au dernier Mondial de Paris. En fait, il semblerait que le sympathique artisan d'Alès ait baissé définitivement le rideau.

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