par Thibaut Emme

Tops et Flops de la saison 2021 de F1

Après les tops et flops pilotes et équipes par Nicolas, voici modestement ce que l'on retire, presque à chaud de cette saison 2021 de Formule 1.

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Après les tops et flops pilotes et équipes par Nicolas, voici modestement ce que l'on retire, presque à chaud de cette saison 2021 de Formule 1.

Une saison 2021 de F1 au top

Ne soyons pas bégueules, nous avons vécu une - longue - saison de Formule 1 qui nous a tenu en haleine jusqu'au dernier virage (ou presque). 2021, c'est un peu comme 2016, en mieux. Cette saison-là, nous avions eu droit à un duel interne, fratricide entre Rosberg et Hamilton au sein de Mercedes. Mais, cette année, le duel a eu lieu entre deux concurrents de deux écuries concurrentes. Miam ! Et on a eu 6 vainqueurs différents dans la saison.

Surtout, nous avions deux pilotes au sommet de leur art du pilotage. Verstappen n'a certes pas l'expérience de Hamilton, mais il en a suffisamment pour ne pas (trop) se laisser ébranler dans la course au titre. On a également eu un duel entre écurie, entre l'ogre Mercedes, et l'ex-ogre Red Bull dont l'appétit était de nouveau bien aiguisé.

Les "seconds couteaux" justement ont joué leur rôle. Perez a été magnifique à Abu Dhabi dans sa défense face à Hamilton pour lui faire perdre 10 secondes par rapport à Verstappen. Mais n'oublions pas la pression de Baku qui a sans doute joué dans la boulette de Lewis au redémarrage après le drapeau rouge. Sans ce loupé, Lewis aurait été en tête de 25 points au matin du dernier GP. Mais, avec des si....on mettrait Michael Masi en bouteille.

Bottas n'a pas démérité quoi qu'on en pense. Pour preuve, il a 36 points de plus que Perez, permet à Mercedes d'être titré (c'est ce classement qui rapporte des sous...). Pourtant, il laisse une impression d'avoir moins pesé sur le résultat final.

Audiences en hausse, tribunes pleines

Cette année, les audiences mondiales de la Formule 1 sont à la hausse. Même sur la chaîne à péage Canal+ qui diffuse le sport en crypté, les audiences ont battu des records. Le dernier GP a été suivi par 1,9 million de spectateur avec une pointe à près de 2,5 millions de paires d'yeux pour crier (ou pleurer) avec le dénouement.

En cela, on peut aussi adresser un top à Julien Fébreau qui sait commenter avec passion les courses. Un autre top sera décerné à Romain Grosjean dont les commentaires étaient largement plus appréciables, justes et neutres que ceux de Jacques Villeneuve.

Les tribunes des circuits ont été de nouveau pleines. En année "post-covid" (même si on est encore dedans), on a enfin retrouvé des visages, des fumigènes, des drapeaux, des cris, des larmes, en tribune. Certains GP ont visiblement payé pour avoir des gens en tribune, mais qu'importe, globalement on a retrouvé une ambiance sur les circuits et cela motive les pilotes.

Le Flop des spectateurs

En revanche, si les spectateurs étaient nombreux (surtout les "Orange"), leur comportement a pu laisser à désirer à de nombreuses reprises. Entre les huées pour un pilote, qui ont touché Verstappen comme Hamilton d'ailleurs, et certaines réjouissances lors d'accident ou d'accrochage, cela laisse comme un arrière-goût désagréable. On n'est pas au foot (oui je sais, c'est gratuit) et la F1 pourrait regarder du côté du rugby qui, s'il est parfois partisan et de mauvaise foi, n'en reste pas moins un monde où on fait une haie d'honneur pour les vainqueur, où les esprits retombent très vite après le match, et où les supporters se mélangent sans se mettre dessus. Bref, un peu plus de supporters et un peu moins de fan(atiques) ne ferait pas de mal à ce sport.

Mais, il n'y a pas qu'en tribunes que les mauvais esprits se libèrent. Il y a aussi les réseaux sociaux. Cette saison, la "communauté" F1 française (et mondiale) a battu des records de polémiques stériles et d'invectives. Que ce soit à Imola, à Silverstone, ou autre. Et la dernière manche n'a rien apaisé, au contraire. Nom d'oiseau en tout genre, impossibilité de discuter, etc. Toxique. Et que dire des "raids" que prend Latifi qui n'est en rien coupable du dénouement de la saison.

Surtout que beaucoup de ces nouveaux fans n'ont découvert la F1 qu'au travers de Netflix et de sa série "Drive to survive". Scénarisé à outrance, remonté avec des images ou des radios qui n'ont rien à avoir avec le GP diffusé, "DTS" a tout pour plaire à ceux qui aiment les séries "à l'américaine", et tout pour déplaire à ceux qui suivent la Formule 1 par son côté factice.

La FIA et la F1, ce gros flop

Le principal problème de cette "netflixisation" de la Formule 1, c'est que c'est un peu "tout pour le spectacle". Ce tout pour le show est néfaste en cela qu'il a poussé plus ou moins consciemment la F1 vers une artificialisation de la bagarre en piste. Le dernier GP, à Abu Dhabi, n'est que son climax. D'ailleurs, Mercedes, comme pas mal d'observateurs de la F1, ne retire aucun mérite au titre de Max Verstappen et à l'opposition qui a été donnée par Red Bull.

En revanche, cette "grande finale" (terme très américain aussi au passage) a été gâchée pour tout le monde à cause d'un homme, et d'une instance. Cet homme, c'est Michael Masi, le Directeur de Course. Ce fameux "Mickey" a souvent pris des décisions controversées au cours de la saison. Et à Abu Dhabi, deux nouvelles tergiversations ont eu lieu. Voiture de sécurité ou drapeau rouge ? La voiture de Latifi prenait plus de la moitié de la piste et un engin de chantier est entrée sur la piste (l'accident de Jules Bianchi n'a donc servi à rien ?!). Et ensuite, on laisse passer les retardataires ou pas ? Non...enfin si, mais juste ceux entre Hamilton et Verstappen.

Mettre le Directeur de course dans une bulle

Comme justification devant le tôlé de ces non-décisions, Masi et la FIA indique que le Directeur de Course a toujours raison (en gros). Circulez il n'y a rien à voir, ou presque. Vu la décision de la FIA de faire un comité Théodule qui va regarder comment éviter cela à l'avenir (les promesses n'engagent que ceux qui les croient), et vu la décision de Mercedes de ne pas faire appel (tout en boudant sérieusement), on peut se dire que Toto Wolff a exigé la tête (symboliquement et virtuellement bien sûr) de Masi sur un plateau d'argent pour que Mercedes retire son appel.

Mais Masi n'est qu'un fusible. Les responsables ce sont la F1 et la FIA qui ne lui ont pas donné les armes pour prendre des décisions irrévocables. C'est la F1 qui pour le show, diffuse les conversations radio entre les écuries et la direction de course. D'ailleurs, pour le bien de tous, ces radios devraient être interdites. Est-ce que le Président d'un club a une radio en direct avec l'arbitre d'un match ?

Bref, le gros flop de la saison, c'est la F1 en tant qu'entité, en elle-même. A trop vouloir du show, on finit par se brûler. Le gala de FIA sera d'ailleurs encore l'occasion de polémiques puisque ni Wolff ni Hamilton ne seront présents (alors que le règlement impose leur présence). La FIA ne fera - sans doute- rien, ridiculisant un peu plus l'instant.

Au passage, un flop pour Toto Wolff qui boude (c'est son droit) et tente le coup de la retraite de Hamilton, déçu du résultat... Allez Toto, on prend des vacances et on vient pour la revanche en mars prochain ?

Des circuits inégaux

Reste deux derniers flops : certains circuits, et l'aérodynamique trop poussée des voitures. Pour l'aérodynamique, on devrait enfin virer les "barge boards", ces peignes de carbones qui envoient l'air sale sur les côtés de la voiture et empêche ceux qui suivent de pouvoir être aspirés et suivre sans flinguer les pneumatiques. On verra en 2022 si cela change quelques chose. On a hâte.

Mais, les monoplaces et les pilotes ne sont rien sans un bon, beau circuit. Certains comme Jeddah, sortis du sable, sont sans doute "le pied" à parcourir à fond, seul dans un tour chrono. Sauf qu'en course, bon nombre de ces "Tilkesqueries" sont de bons somnifères.

Heureusement, il y a des circuits comme Portimao...mais ce dernier disparait du calendrier 2022. Snif ! Et que dire de Spa Francorchamps ? Cette année, ce n'est pas le circuit qui est en cause (enfin presque) mais là encore la non-décision de la Direction de Course d'annuler le GP !

En fait, c'est un concentré de la saison ce Spa 2021 ! Fébreau et Grosjean obligés de combler (et très bien) 4 heures de non course. La Direction de Course qui tergiverse, fait croire que, ne prend pas de décision, pour au final...prendre la pire des décisions. Pour que Williams et Russell ne soient pas "pénalisés" après leur belle qualification, Masi a décidé de lancer la course derrière une voiture de sécurité pour 3 tours (2 comptés).

Un simulacre de course qui a donné l'attribution de la moitié des points. Verstappen a eu une victoire officielle de plus, ce qui aurait pu avoir son importance en cas d'égalité de points. Mais, il a aussi eu 5 points de plus qu'Hamilton.

Au top cette saison 2021 ? Oui

En résumé : à jeter cette saison 2021 de Formule 1 ? Non, au contraire. Déjà, avec le temps, on s'en souviendra comme d'une saison intense, à suspense, et elle permettra surtout de relancer une petite discussion autour du café le dimanche en famille pour savoir si Hamilton a été volé ? Si Verstappen mérite son titre (spoiler alert : oui !) ? Si Masi a bien fait de partir en vacances ensuite ? Etc.

Ensuite, il faut, un peu comme la FIA le dit, regarder ce qui n'a pas fonctionné pour améliorer encore le sport. Clairement, la volonté de faire du show à tout prix doit être abandonné. Par le passé, certaines saisons n'étaient pas fofolles et cela n'a pas nuit à la F1. D'autres étaient intenses, et mémorables, sans artificialiser les duels, ni créer un faux retournement de situation.

Bref, tout bien pesé, elle était top cette saison 2021 de F1. Vivement 2022 et les nouvelles monoplaces, un Verstappen #1 (ah le merchandising à racheter...) et un Hamilton revanchard. A moins que tout soit rebattu et qu'une nouvelle tête d'affiche n'émerge ?

Illustration : Red Bull modifiée par leblogauto.com

Pour résumer

Après les tops et flops pilotes et équipes par Nicolas, voici modestement ce que l'on retire, presque à chaud de cette saison 2021 de Formule 1.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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