Credit Photo - Petr Fitz
par Nicolas Anderbegani

Rétro WRC-20 ans déjà : la première victoire de Loeb et Elena !

Le temps passe, dites donc ! Voilà deux décennies déjà que Sebastien Loeb et son coéquipier Daniel Elena inscrivaient leur nom sur les tablettes du WRC. Le premier des 79 succès acquis ensemble.

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En effet, le temps passe ! En 2002, Schumi se battait contre Montoya et écrasait la Formule 1. Valentino Rossi se bagarrait en piste avec Max Biaggi et filait vers son second titre mondial en 500cc. Carlos Sainz, Tommi Makinen et Colin McRae étaient encore de la partie en WRC. Citroën lançait la C3, Renault dévoilait la 2ème génération de la Mégane et Ferrari surprenait les tifosis avec une Enzo au design controversé. Oui, cela ne nous rajeunit pas !!!

Débuts fracassants dès 2001

En 2001, Sebastien Loeb avait déjà marqué les esprits en remportant à la fois le titre de champion du monde junior WRC sur une Citroën Saxo S1600 et le titre de champion de France des rallyes avec la Xsara Kit-Car. Citroën en avait aussi profité pour lui mettre le pied à l’étrier, le faisant débuter officiellement en WRC au rallye San Remo, où sa seconde place, à seulement 11 secondes du vainqueur Gilles Panizzi, avait attiré sur lui le feu des projecteurs. Courtisé de toutes parts, le jeune alsacien, déjà épaulé par son coéquipier Daniel Elena, faisait le choix de poursuivre avec Citroën en 2002, avec un programme partiel en championnat du monde, avant de disputer une saison complète à partir de 2003.

Un premier succès avorté

Sébastien Loeb entame sa saison 2002 par le rallye Monte-Carlo et d’emblée épate tous les observateurs. Il prend la tête dès la fin de la première spéciale et résiste aux contre-attaques de Richard Burns et Tommi Makinen pour décrocher sa première victoire dès son deuxième rallye au volant de la nouvelle Xsara, mais une réclamation est déposée auprès de la direction de course par l'équipe Subaru. Le reproche porte sur un changement de pneus effectué par les mécaniciens de Citroën sur la voiture de Loeb durant les dix minutes d'assistance prévues au soir de la deuxième étape, alors que le règlement ne le permettait qu’à la réouverture du parc fermé le lendemain matin.

Cette négligence n'apportait aucun avantage concret au pilote, mais les commissaires lui infligeaient une pénalité de deux minutes, le rétrogradant de fait à la deuxième place du général, permettant ainsi au finlandais Tommi Mäkinen de décrocher sa quatrième victoire consécutive au Monte-Carlo sur tapis vert. Malgré ce revers du sort, Loeb fait montre déjà des qualités qui vont le porter au sommet : un pilotage diablement efficace et diabolique certes, mais conjugué de plus à un mental d’acier. Philosophe, Loeb n’accuse pas le coup et sait que le meilleur est à venir « Cela ne change pas grand-chose pour moi : je sais que j'ai gagné. Une victoire, cela se remporte sur le terrain car sur tapis vert c'est toujours plus facile. Tous les autres pilotes savent que c'est moi qui ai emporté ce rallye ».

L'Allemagne, la terre promise de Loeb

Après d’autres épreuves plus délicates sur des épreuves terre ou en Finlande, où son manque d’expérience est logiquement handicapant, Loeb retrouve sa surface de prédilection, l’asphalte, pour le premier rallye d’Allemagne officiel du WRC, un rallye inédit pour tous les pilotes et qui se déroule à seulement 200 bornes de sa ville natale d’Haguenau. Il s'empare rapidement des commandes et signe six temps scratchs consécutifs sur les sept spéciales au programme de la première étape, creusant des écarts significatifs dans le secteur de Moselwein. Seul le champion du monde en titre Richard Burns parvient à suivre le rythme imposé par le duo franco-monégasque avec tout de même 30s de retard.

Après un relâchement en début de seconde étape, qui s’expliquait par un excès de prudence et l’arrivée de la pluie, et qui permis à Richard Burns (Subaru Impreza) et Marcus Grönholm (Peugeot 206) de rester dans la course à la victoire, il se reprend et, à l’issue d’un duel d’anthologie avec Burns dans la 3ème étape où ils se rendirent coups pour coup, il parvient finalement à faire la différence dans les deux passages décisifs de Bosenberg (16 kms chacun) et remporte avec 14s d’avance sa première victoire officielle en championnat du monde, huit mois après le dénouement controversé du Monte-Carlo. Ce premier succès continue d'attirer l'attention des médias sur son parcours, Guy Fréquelin affirmant à l'arrivée qu’« il a le potentiel pour devenir champion du monde ». Loeb prend aussi l'ascendant définitif sur le regretté Philippe Bugalski, qui avait décoché les deux premiers succès incroyables de Citroên avec la Xsara Kit-Car en 1999 au Tour de Corse et en Catalogne, mais qui dut s'incliner face à son jeune rival pour le leadership au sein des chevrons.

Après l’avoir frôlé en 2003, Loeb lui donnera raison et enchainera 9 titres mondiaux d’affilée jusqu’en 2012. Si sa première victoire a déjà 20 ans, la dernière n’est peut-être pas encore écrite, alors que l’alsacien a signé un superbe exploit en gagant le Monte-Carlo à 48 ans, devenant ainsi le vainqueur le plus âgé de l’histoire du WRC. Un homme de records, on vous dit !

En complément, quelques perles vidéos dénichées sur le net:

https://www.youtube.com/watch?v=TFHynB_wgTs&ab_channel=Rallyefans03

https://www.youtube.com/watch?v=zdHKCoDwwLY&ab_channel=gtrmaxvdb99

Pour résumer

C'était déjà il y a 20 ans : Sebastien Loeb remportait avec son coéquipier Daniel Eelena son premier succès mondial en WRC au rallye d'Allemagne 2002, sur la Citroen Xsara ! Le premier d'une longue série, qui n'est peut-être pas encore terminée !

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