par Joest Jonathan Ouaknine

Le conducteur du jour: street life

Lorsque j'ai croisé cette Triumph TR6, le tube de Randy Crawford passait à la radio. J'imagine bien le tout premier propriétaire de ce roadster avec un look de minet des seventies (rouflaquettes, veste en velours, patte d'eph', Ray Ban Aviator, gants de conduite en cuir...) Il vient d'acheter sa TR6, il met la radio et tombe sur Street life...

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Lorsque j'ai croisé cette Triumph TR6, le tube de Randy Crawford passait à la radio. J'imagine bien le tout premier propriétaire de ce roadster avec un look de minet des seventies (rouflaquettes, veste en velours, patte d'eph', Ray Ban Aviator, gants de conduite en cuir...) Il vient d'acheter sa TR6, il met la radio et tombe sur Street life...

Pour moi, les plus jolies "TR" sont les TR2 et TR3. Je trouve que le profil de la TR6 est gâché par ses énormes roues. Comme si, au dernier moment, quelqu'un s'était plein de la route et qu'ils ont alors décidé de poser des roues plus grandes. Et comme elles ne rentraient pas, quelqu'un a sorti la disqueuse...

Trêve de plaisanteries. Karmann a servi de consultant pour remettre à la page la TR5 (elle-même dérivée de la TR4.) Elle reçoit ainsi un nouvel avant, un nouvel arrière et devient TR6 en 1969. La cellule centrale et le châssis restent identique. Elle conserve également le 6 cylindres 2,5l à injection Lucas 150ch (d'où le monogramme "Triumph injection" à l'arrière.)

Elle a été conçue pour lutter face à la MG B. Avec son bouchon de remplissage central et ses sièges baquets, la TR6 joue davantage la carte de la sportivité. De toute façon, à sa sortie, British Leyland et BMH ont fusionné: les deux rivales se retrouvent dans le même groupe!

Dans l'un de ses DVD, Jeremy Clarkson organise un 1000m D.A. entre une TR6 et une Honda S2000. L'Anglaise laisse la Japonaise sur place. A priori, c'était du chiqué. Néanmoins, le roadster revendique un 0-100km/h en 8,2 secondes et 190km/h en pointe. Des chiffres plus que correctes pour l'époque.

Très fougueuse, la TR6 était difficile à maitriser. D'où le choix, en 1972, de ramener la puissance à 125ch.

Du côté des défauts, on peut lui reprocher certains archaïsmes (châssis séparé, tambours à l'arrière...) La lunette arrière en plexiglas et le tableau de bord en aggloméré dénotent une certaine pingrerie. Quant à la fameuse fiabilité "à l'Anglaise", elle ne gênait pas encore trop, en 1969. D'ailleurs, la TR6 fut un best-seller de Triumph, avec près de 100 000 ventes en 6 ans (aux Etats-Unis, elle resta au catalogue un an de plus.)

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