par Joest Jonathan Ouaknine

Brève rencontre: Cizeta-Moroder V16 T

Il est difficile de dire quelle fut la première supercar (Alfa 33 Stradale? Bugatti 57 Atalante? 250 GTO? McLaren M6? Lola T70 Sbarro? 300 SLR?), mais à la fin des années 80, les constructeurs se bousculent pour proposer des véhicules extravageant aux milliardaires Américains, Japonais ou Saoudiens.

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Il est difficile de dire quelle fut la première supercar (Alfa 33 Stradale? Bugatti 57 Atalante? 250 GTO? McLaren M6? Lola T70 Sbarro? 300 SLR?), mais à la fin des années 80, les constructeurs se bousculent pour proposer des véhicules extravageant aux milliardaires Américains, Japonais ou Saoudiens.

Parmi eux figurait la Cizeta-Moroder V16 T, la plus extrême pour l'époque.

Hollywood, un jour de décembre 1988. Dans une villa, tout le gratin de l'époque est réunit pour la présentation d'une nouvelle voiture. Les photographes s'attardent volontiers sur Giorgio Moroder, co-propriétaire de la marque. Pour le pape de la disco (avec Donna Summer, puis Diana Ross) devenu roi de la B.O. (L'histoire sans fin, Midnight express, Scarface, Top Gun...), c'est une reconversion inatendue. En revanche, personne ne fait attention à Claudio Zampolli, qui est juste "l'autre gars de Cizeta-Moroder". Cela ne le gène pas plus car il n'aime pas la publicité. D'ailleurs, la marque ne s'appelle pas "Zampolli-Moroder", mais "Cizeta-Moroder" (Cizeta=C.Z., les initiales de Claudio Zampolli, en phonétique italienne.)

L'aventure débute en 1973, lorsque Zampolli, jusqu'ici pilote d'essai de Lamborghini, est chargé de s'occuper du réseau nord-américain de la marque. Mais Lamborghini passe ensuite de mains en mains et Zampolli d'être viré. Il ouvre alors, à Los Angeles, un concessionnaires de voitures "exotiques", qui fournit le tout-hollywood.

Zampolli rêve de construire sa supercar. Mais il a peur de l'espionnage et des tentatives d'intimidations de la part des grands noms italiens. Il fait discrêtement la tournée des fournisseurs. Tecnostile lui construira un V16 (parce qu'un V12, c'est trop commun et que Zampolli sait que pour être un succès, sa voiture doit être au-dessus du lot), auquel la société Motori Moderni de Carlo Chiti aurait collaboré (conditionnel de rigueur à cause du goût du secret de Zampolli.) L'incontournable Marcello Gandini s'est brouillé avec Chrysler (alors propriétaire de Lamborghini): son dessin de la future Diablo fut largement édulcoré. Il donne donc à Zampolli le dessin originel. A Los Angeles, Zampolli sympathise avec Moroder, l'un de ses clients. Ils sont tous les deux des Italiens expatriés et passionnés de voitures. Moroder a les fonds nécessaires et il devient donc partenaire.

Avec son V16 en prosition transversale (d'où le "T") de 520ch, elle atteint les 300km/h. C'est la première voiture a moteur V16 depuis la Cadillac 50 ans plus tôt. Les acheteurs se pressent et Chrysler fait grise mine: la Diablo n'arrivera qu'en février 1990 et elle semble bien sage à côté de la Cizeta-Moroder...

Hélas, la mise au point s'éternise. Moroder claque la porte après que l'affaire ait syphonné ses poches. La rumeur veut également que Ferrari et Lamborghini ait tout fait pour torpiller le projet. Zampolli se contentera de dire: "Le loup à trois têtes (emblème de la marque) est la seule bête qui a peur ni des chevaux, ni des taureaux..."

Au salon de Genève 1991, la Cizeta "tout court" V16T "définitive" est présenté. Mais les premiers clients ne seront livrés qu'en 1993. Entre temps, il y a eu la crise et le nombre d'acheteurs potentiels s'est considérablement réduit. En plus, la Cizeta n'est pas homologué en Europe. Après 6 exemplaires (dont deux pour le sultan de Brunei), 1 spyder et 2 voitures sans moteur, Cizeta ferme ses portes.

On retrouve Claudio Zampolli en 2002, à Los Angeles. Il a remonté un petit atelier pour terminer ce qu'il a commencé. Au total, il y aura 9 Cizeta "de série" et 3 spyder.

Pour résumer

Il est difficile de dire quelle fut la première supercar (Alfa 33 Stradale? Bugatti 57 Atalante? 250 GTO? McLaren M6? Lola T70 Sbarro? 300 SLR?), mais à la fin des années 80, les constructeurs se bousculent pour proposer des véhicules extravageant aux milliardaires Américains, Japonais ou Saoudiens.

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