par Nicolas Anderbegani

30 ans déjà : Opel Calibra, le vent du changement

Quand Opel présente son nouveau coupé Calibra au salon de Francfort 1989, le Blitz semble appliquer à la lettre l’esprit du « wind of change », le tube de Scorpions que le monde entier fredonnait en contemplant l’heureuse fin du mur de la honte.

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Renouveau chez Opel

Le coupé, c’est une tradition chez Opel. Mais à la fin des années 80, les modèles Manta et Monza, respectivement sortis en 1970 et 1978, accusent le poids des ans, tant d’un point de vue stylistique que technique. Entre temps, les marques japonaises ont pris une position prédominante sur ce segment. Ainsi, en 1990, quand Opel lance la commercialisation de la Calibra, tout change ou presque.

Le vent du changement, c’est d’abord une architecture nouvelle. Là où la Manta employait la propulsion et un moteur en position longitudinale, la Calibra passe au moteur transversal et surtout à la traction, puisqu’elle est basée sur l’architecture de la nouvelle berline Vectra (lancée en 1988), dont elle reprend aussi la planche de bord, assez austère au passage.

Une vraie gueule

Mais le succès de la Calibra, c’est d’abord sa ligne ! A la fois classique, élégant et dynamique, le profil du coupé, qui se targue d’un Cx de 0.26 -un record à l’époque pour un véhicule 4 places – est l’œuvre du regretté Erhard Schnell, le « papa » de l’Opel GT de 1968 (la « baby Corvette »), qui l'a conçu en collaboration avec le le designer de GM Wayne Cherry. Le designer allemand ne s'en cachait pas : la Calibra était sa création favorite.On retrouve à l'arrière un hayon tandis qu'à l'avant, les optiques étroits et horizontaux, rendus possibles grâce à une technologie de projection des phares particulière, donnent une forte personnalité au coupé.

Le look de la Calibra, moderne et profilé, est tout à fait nouveau à l’époque dans ce segment et produit son petit effet. Le tour de force d’Opel, c’est de proposer un véhicule mariant à la fois la lignée élancée d’un coupé et une habitabilité généreuse, autant pour les passagers que pour les bagages, ce que la concurrence, notamment japonaise, n’offre pas. Le tout assorti d’un tarif et d’un rapport prix-équipement compétitifs.

Turbo et intégrale

Au départ, la Calibra reprend les mécaniques de la Vectra, à savoir le 2.0i de 115 chevaux et le 2.0i 16V de 150 chevaux, permettant d'atteindre une vitesse maxi de 223 km/h. Suivant les évolutions de la Vectra, la Calibra passe en 1991 à la transmission intégrale sur la version 16V avec une boîte six vitesses et, en fin d’année, la 4x4 élargit sa gamme de motorisations avec un nouveau moteur 4 cylindres Turbo (KKK) qui fait grimper la puissance à 204 chevaux. 240 Km/h en pointe, 27’’ au 1000 m.DA, ça décoiffe ! Le succès est au rendez-vous, puisque près de 100.000 exemplaires sont produits cette année-là. A l'export, la Calibra est vendue sous le blason Vauxhall en Angleterre et Holden en Australie.

Bête de course

En 1994, la Calibra s’anoblit avec une version V6 de 170 ch, moins puissante mais plus agréable à conduire que la Turbo et un équipement digne d’une GT haut de gamme. Cette version V6 coïncide avec l’engagement sportif de la Calibra, qui va faire le bonheur du DTM/ITC dans les années folles 1993-1996. Au départ, la Calibra DTM 4x4 utilise un bloc préparé par Cosworth de 480 chevaux, dérivé du V6 de série puis, en 1996, la Calibra le troque contre un nouveau moteur Cosworth "KF" à 75°, développant 570 chevaux à 13000 tours/Min ! Pour ainsi dire, l'équivalent d'un moteur Cosworth F1 de la fin des années 80. En 1996, Manuel Reuter remporte le championnat ITC (version internationalisée du DTM) mais Opel se retire à l'issue de la saison face à l'envol des coûts.

La Calibra quitte la scène en 1997 mais n'aura pas de véritable descendante. C'est alors la petite sœur Tigra, lancée en 1994, qui prend la relève des coupés plaisir au sein de la gamme du Blitz.

Images : wikimedia, flickr, Opel

Pour résumer

Quand Opel présente son nouveau coupé Calibra au salon de Francfort 1989, le Blitz semble appliquer à la lettre l’esprit du « wind of change », le tube de Scorpions que le monde entier fredonnait en contemplant l’heureuse fin du mur de la honte.

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