par Nicolas Anderbegani

Le grand prix de France n'aura pas lieu en 2023

C'était un secret de polichinelle, mais c'est désormais officiel : le grand prix de France de Formule 1 ne figurera pas au calendrier 2023.

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Un retour éphémère

C'est le patron de la F1, Stefano Domenicali, qui l'a confirmé dans les colonnes de l'Equipe : pas de grand prix de France en 2023.  Le contrat inauguré en 2018 au Castellet prenait fin cette année et n'avait pas été renouvelé, les discussions traînant en longueur. Le même Domenicali avait lâché un petit scoop au début de l'été en évoquant un projet de grand prix à Nice, qui s'était avéré être une manoeuvre médiatique afin de mettre la pression sur le grand prix de Monaco, dont l'avenir est également en suspens. Les rumeurs qui envoient aussi Eric Boullier, l'actuel directeur du grand prix de France, à la tête de l'équipe Hyundai en WRC corroboraient aussi l'idée d'une fin de partie pour le grand prix national.

La loi de l'offre et de la demande

Certes, le circuit du Castellet ne fait pas l'unanimité et les courses qui s'y sont déroulées n'ont pas été les plus mémorables, mais c'est le cas aussi d'autres circuits qui eux restent bel et bien au calendrier. C'est plutôt une histoire de gros sous, puisque le succès explosif de la F1 fait monter les enchères et grimper considérablement le prix du plateau et donc des contrats, d'autant que les places sont limitées. La loi de l'offre et de la demande, point barre ! Certains pays comme le Qatar, l'Arabie Saoudite ou les Etats-Unis étant prêts à mettre des sommes bien plus considérables que la France, avec également une billeterie et des recettes largement supérieures, quand bien même cela rendrait de plus en plus inaccessible à terme ce spectacle au commun des mortels...Face au poids des billets verts, l'argumentaire patrimonial et culturel ne pèse pas lourd...Il suffit d'analyser le vocabulaire des dirigeants de la F1 pour le comprendre, le mot "valeur" revenant sans cesse.

La rotation, le dernier espoir

Nénamoins, une petite lueur demeure pour l'avenir. "Une possibilité, non pas l'année prochaine, mais à l'avenir, pourrait être de trouver cette sorte de rotation qui permettrait à chacun de faire partie du calendrier. C'était une demande de certains promoteurs locaux. Nous parlons de 2024 ou de 2025 maximum pour commencer avec cette approche." La F1 atteint un plafond bientôt indépassable de 23-24 courses (mais les profits peuvent encore y remédier) et les promoteurs cherchent à équilibrer le calendrier entre 1/3 en Europe, 1/3 en Amérique et Moyen-Orient et 1/3 en Asie, sachant que les USA à eux seuls auront bientot 3 courses (Austin, Miami, Las Vegas) et que l'Afrique du Sud est en lice pour faire revenir l'Afrique au calendrier, 30 ans après le dernier grand prix à Kyalami en 1993. La Chine pourrait aussi revenir après les affres du Covid, et Domenicali n'a pas caché son souhait de voir revenir l'Allemagne, alors qu'en 2026, trois grands constructeurs germaniques seront engagés (Mercedes, Porsche et Audi).

La rotation est donc la seule alternative envisageable, surtout en Europe où les circuits et grands prix historiques sont nombreux, mais reste à trouver un business model viable. L'alternance en question pourrait justement se jouer avec deux autres grands prix en ballotage, à savoir Monaco - dont les privilèges historiques sont en passe d'être balayés - et la Belgique. Spa a fait peau neuve et la course de ce week-end sera déterminante pour garantir l'avenir du grand prix de Belgique. Contrairement au Castellet, Spa a au moins l'avantage d'etre unanimement plébiscité par les pilotes.

Pour beaucoup de puristes, la F1 risque d'y perdre son âme mais nous connaissons tous la loi du sport business, comme cela se constate dans d'autres disciplines...

Pour résumer

Sans grande surprise, le grand prix de France ne figurera donc plus au calendrier de la Formule 1 à partir de 2023. Reste une opportunité à partir de 2024 d'obtenir un grand prix en rotation avec d'autres. La F1 n'a d'yeux que pour les USA et le Moyen-Orient désormais.

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