par Thibaut Emme

F1 2014 - Bahreïn jour 4 : Mercedes devant

Les essais hivernaux sont toujours difficiles à décrypter car les écuries n'annoncent pas forcément leur programme. Certaines font des tours de régularité, d'autres vont chercher la performance pure, d'autres enfin...font ce qu'ils peuvent.

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Des voitures rapides malgré les changements profonds

Moins de 1 seconde...9 petits dixièmes séparent le temps réalisé par Rosberg en cette dernière journée et son temps l'an dernier réalisé lors de la pole position à Bahreïn. Les F1 de cette année sont pourtant encore jeunes mais elles sont déjà très rapides. En ligne droite, la Ferrari est par exemple plus de 20 km/h au dessus de sa vitesse de l'an passé. En revanche, elles ont encore des problèmes de jeunesse.

En effet cette année il n'y a pas que le type de moteur qui change (du V8 on passe au V6 turbo). Un système de récupération d'énergie de bien plus grande capacité que le précédent KERS permet de restituer de la puissance quand le pilote en a besoin. Ce système régénératif a besoin d'une batterie plus grosse que l'an dernier et cette dernière est située sous le pilote, entre le baquet et le moteur. Pour l'atteindre, il faut pratiquement tout démonter et son refroidissement pose souci.

Le système régénératif agit comme un frein moteur puissant. Les freins doivent donc être gérés électroniquement car leur puissance va dépendre du comportement du système régénératif. Si ce dernier freine fortement la voiture, alors pas besoin de trop freiner, sinon il faut agir fortement sur les disques. Les freins sont donc dorénavant "brake by wire" où tout se passe par de l'électronique et ce système demande de la mise au point. Pour une même pression du pilote sur la pédale, l'action des freins ne sera pas la même.

D'autres informations sont remontées au pilote via un volant qui ressemble cette année à un smartphone pour certaines écuries. Toute cette masse d'information nécessite d'apprivoiser la nouvelle unité de calcul ECU. On a vu par exemple Ferrari être bloqué au stand à cause d'une télémétrie incapable de traiter la montagne d'information.

Enfin toute l'aérodynamique des voitures a été changée à cause (ou grâce) au règlement sur les museaux bas, les ailerons avant plus étroits, l'obligation d'un seul échappement central, la modification de l'aileron arrière, etc. et bien entendu la nécessité d'un refroidissement accru du moteur, de la batterie et du turbo. La plupart des écuries ont joué la prudence, d'autres comme RedBull ont été "agressifs" avec le design, le payant cash lors des premiers essais.

Une dernière journée qui confirme l'avance de certains

Marussia n'a encore pas pu tourner aujourd'hui et Jules Bianchi ne fait que 5 tours de mise en place (sans temps). Pour la petite écurie russe, le temps presse et il ne reste plus que 4 jours de tests dans une semaine pour tenter de s'aligner au premier grand-prix de la saison. Sauber a également connu un gros souci avec son châssis et a du entièrement le changer. Ce temps perdu a handicapé Sutil qui n'a pu faire lui aussi que 7 tours sans temps.

Depuis 2 jours, Caterham semblait avoir résolu tous ses soucis de fiabilité mais patatra, aujourd'hui des soucis électriques ont cloué la voiture au stand. Néanmoins les verts ont pu accumuler les tours durant les premiers jours et ont une base de travail. Pour RedBull ce fut encore une journée sans. Après un souci de logiciel et un ennui mécanique, Ricciardo a pu prendre la piste mais a légèrement endommagé sa RB10 mettant un terme à sa séance.

Chez Toro Rosso guère plus de chance mais un Vergne philosophe : "D'un point de vue positif, nous avons réussi à corriger certains soucis. Même si je n'ai pas fait beaucoup de tours, il est clair que Toro Rosso a fait un bon travail pour me fournir une voiture qui a un bon feeling (...). Clairement à Melbourne, finir la course signifiera avoir de grandes chances de marquer des points".

Souci de transmission pour Force India qui n'a pu faire qu'une demi-journée de test. Du coté de Lotus on pourrait dire 'enfin'. Maldonado a pu faire 59 tours du circuit de Sakhir : "Nous avons pu faire plus de tours aujourd'hui et c'était bien pour moi d'avoir du temps dans la voiture. (...) La voiture était plus fiable ce qui nous a aidé avec notre travail et c'était un bon signe pour la semaine prochaine" déclare Maldonado.

Chez Williams, on a fait tourner le petit nouveau. Felipe Nasr, officialisé aujourd'hui en tant que troisième pilote, a sauté au débotté dans la voiture et a particulièrement impressionné son monde. Il parcourt 87 tours, ce qui montre une belle fiabilité encore pour Williams, et réalise un temps correct. La relève se prépare.

Si Ferrari avait bridé son moteur à Jerez, là ils ont décidé de le laisser s'exprimer et Kimi Räikkönen n'a pas ménagé ses efforts. Après 82 tours et le troisième temps, il a commis une petite faut endommageant l'avant de la voiture et mettant fin aux essais.

Devant ? McLaren et Mercedes avec un avantage léger à Mercedes. De l'avis de beaucoup (mais où commence la sincérité, où commence les faux semblants ?) Mercedes est en avance. Tant sur le point de la motorisation que de la voiture. Mais les deux écuries ont pu dérouler leurs programmes cette semaine, simulations de course, performance, régularité, etc.

"Ce matin nous avons été capables de faire plusieurs essais de qualifications qui se sont bien déroulés, signifiant que je pouvais attaquer le tour avec un bon équilibre. Plus tard dans la journée nous avons fait une simulation de course, ce qui était crucial pour apprendre toutes les nouvelles choses dans la voiture. Il y a eu beaucoup d'échange avec les ingénieurs donc ma tête était pleine d'information" déclare Rosberg souriant.

Il ne reste plus que 4 jours d'essais sur cette même piste de Bahreïn avant le début de la saison. Contrairement à Jerez il n'y a plus "le feu" dans les écuries motorisées par Renault mais le retard accumulé est flagrant. Le début de saison sera sans doute sous le signe de l'étoile Mercedes, tant pour les écuries motorisées par le constructeur allemand que pour l'écurie Mercedes AMG et ses deux pilotes Rosberg et Hamilton.

On pourrait bien assister cette année à une saison un peu comparable à 2009 où l'écurie Brawn GP avait profité d'un premier tiers de saison tonitruant (merci le double diffuseur) pour créer suffisamment d'avance pour ne plus être rattrapé par la suite. En tous les cas, nous aurons une première partie de saison "à l'ancienne" avec beaucoup de casse et peut-être certains grands-prix sans trop de participants à l'arrivée.

Temps non officiels de Bahreïn jour 4 :

1. Nico Rosberg, Mercedes, 1m 33.283s, 89 tours

2. Jenson Button, McLaren, 1m 34.957s, 66 tours

3. Kimi Raikkonen, Ferrari, 1m 36.718s, 82 tours

4. Felipe Nasr, Williams, 1m 37.569s, 87 tours

5. Pastor Maldonado, Lotus, 1m 38.707s, 59 tours

6. Sergio Perez, Force India, 1m 39.258s, 19 tours

7. Daniel Ricciardo, Red Bull, 1m 39.837s, 15 tours

8. Jean-Eric Vergne, Toro Rosso, 1m 40.472s, 19 tours

9. Kamui Kobayashi, Caterham, 1m 43.027s, 17 tours

10. Marcus Ericsson, Caterham, 1m 45.094s, 4 tours

11. Adrian Sutil, Sauber, no time, 7 tours

12. Jules Bianchi, Marussia, no time, 5 tours

En nombre de tours cumulés sur ces 4 jours, c'est l'écurie Williams qui a le plus tourné malgré une première journée à 5 tours. Lotus, RedBull et Toro Rosso ont effectué un peu plus de 100 tours soit moins de la moitié des autres écuries. Caterham est l'écurie motorisée par un bloc Renault ayant fait le plus de tours avec 253 unités.

Nombre de tours cumulés sur 4 jours :

Williams - 323 tours

Mercedes - 315 tours

McLaren - 296 tours

Ferrari - 287 tours

Caterham - 253 tours

Sauber - 240 tours

Force India - 213 tours

Toro Rosso - 139 tours

RedBull - 116 tours

Lotus - 111 tours

Marussia - 29 tours

Illustration : Mercedes, RedBull, Caterham, Force India, Ferrari

Pour résumer

Les essais hivernaux sont toujours difficiles à décrypter car les écuries n'annoncent pas forcément leur programme. Certaines font des tours de régularité, d'autres vont chercher la performance pure, d'autres enfin...font ce qu'ils peuvent.

Thibaut Emme
Rédacteur
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