Credit Photo - F1
par Nicolas Anderbegani

F1 : la FIA légifère sur le "marsouinage"

Face aux inquiétudes grandissantes que suscite le phénomène de marsouinage des F1 sur la santé des pilotes, la FIA a décidé d'agir. Avec un impact sur la hiérarchie et les performances actuelles des équipes ?

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Les F1 en mode "yoyo"

Les images ont fait le tour du web : à l'arrivée du grand prix de Bakou, Lewis Hamilton, qui s'était plaint déjà pendant la course de souffrir le martyre au niveau du dos, a eu toutes les peines du monde à sortir de sa Mercedes, puis s'est avancé vers la pesée règlementaire en marchant comme Robocop.

Phénomène apparu cette année avec le retour de l'effet de sol dans le fonctionnement aérodynamique des monoplaces, le "marsouinage", ce phénomène de rebond des monoplaces à haute vitesse, pose non seulement problème aux équipes en termes de réglages, mais génère aussi des contraintes physiques inédites et violentes aux pilotes. Les craintes se portent sur les conséquences à long terme sur la santé des pilotes au niveau de la colonne vertabrale et des vertèbres cervicales, très sollicitées.Tout le monde n'en souffre pas et certaines équipes, comme Red Bull, réussissent visiblement à limiter ce phénomène, ce qui n'est pas le cas de Mercedes, qui rencontre de gros probèmes de mise au point et de performance, en partie à cause d'un marsouinage très prononcé.

Santé ou perf ?

Les langues se délient. Après Carlos Sainz qui avait déjà alerté en mai sur les conséquences à long terme pour la santé des pilotes, la souffrance d'Hamilton et les déclarations de Pierre Gasly après Bakou, qui a affirmé "compromettre sa santé pour la performance", ont visiblement poussé les autorités à agir.

"À la suite de la huitième manche du Championnat du monde de Formule 1 2022 de la FIA, lors de laquelle le phénomène d'oscillations aérodynamiques de la nouvelle génération de monoplaces de Formule 1 et son effet pendant et après la course sur la condition physique des pilotes ont à nouveau été visibles, la FIA, en tant qu'instance dirigeante de la F1, a décidé que dans l'intérêt de la sécurité, il était nécessaire d'intervenir pour exiger que les écuries apportent les ajustements nécessaires afin de réduire ou d'éliminer ce phénomène", prévient ce jeudi la fédération internationale.

 Une directive Technique a été publiée en ce sens,  afin d'orienter les équipes pour prendre des mesures permettant de traiter le problème du marsouinage. Un examen plus approfondi des planchers et patins sera mis en oeuvre, mais surtout,  un indicateur, basé sur l'accélération verticale de la voiture, sera mis au point afin de déterminer une limite quantitative "d'acceptabilité" de ces oscillations verticales. La mise au point de cet indicateur est évidemment en cours, et le grand prix du Canada permettra justement d'accumuler de nombreuses données télémétriques, avant l'entrée en vigueur de la "limite".

La FIA précise enfin les raisons qui l'ont poussée à agir rapidement : "La FIA a décidé d'intervenir après avoir consulté ses médecins, dans l'intérêt de la sécurité des pilotes. Dans un sport où les concurrents roulent habituellement à des vitesses dépassant les 300 km/h, il est considéré que toute la concentration d'un pilote doit être focalisée sur cette tâche et que la fatigue ou la douleur excessive d'un pilote pourrait avoir des conséquences significatives si elle résultait en une perte de concentration. De plus, la FIA se préoccupe de l'impact physique immédiat sur la santé des pilotes, dont un certain nombre ont rapporté des douleurs au dos à la suite des récents Grands Prix."

Un nouveau casse-tete en perspective ?

Reste à savoir si l'entrée en vigueur de cette "limite" du marsouinage aura des conséquences sportives : affectera-t-elle la performance de certaines monoplaces, en mieux ou en pire ? Le cas Mercedes sera particulièrement observé, puisque l'écurie allemande est confrontée à un dilemne entre marsouinage et performance. La monoplace de Brackley a besoin d'être très près du sol pour atteindre une fenêtre de tir plus favorable en exploitation de la performance, mais justement au détriment du confort de pilotage et avec un marsouinage en conséquence très prononcé. La limitation pourrait alors devenir un vrai casse-tête pour Mercedes, si de la performance - déjà bien difficile à obtenir- doit être sacrifiée pour limiter le phénomène de marsouinage.

Pour résumer

Afin de limiter le phénomène de marsouinage des monoplaces qui suscite de plus en plus d'inquiétudes sur la santé des pilotes, la FIA va mettre au point un indicateur qui déterminera un seuil maximal de tolérance du phénomène, auquel les équipes devront se conformer.

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