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par La rédaction

Essai : Ford GT 2017

La Ford GT victorieuse au Mans débarque dans la rue. Et si elle a pour l'occasion laissé son aileron au stand, elle conserve la majeure partie de ses gènes liés à la compétition. Nous avons pu en prendre le volant sur les pistes de développement de Michelin, à Ladoux.

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Apparue pour la première fois en 2015, la Ford GT avait pour mission de réitérer les exploits de son aïeule GT40 en terres mancelles. Chose qui fut faite dès sa première participation aux 24 heures l'année suivante. Mais ce qui aurait pu rester à l'état de voiture de course cantonnée à l'asphalte des circuits a surtout donné lieu à une version civile, que nous avons eu le privilège d'essayer.

Style extérieur

Les ingénieurs n'ont pas ménagé leurs efforts pour faire de la GT une vraie fille d'Eole. Et la version de route ne diffère esthétiquement que très peu de sa sœur de compétition. Extracteurs à l'avant, flancs généreusement creusés et surtout partie arrière fuselée, rien n'a été laissé au hasard pour maîtriser au mieux les flux d'air. Jusqu'à l'aileron qui vient se désolidariser de la face arrière en action et muni de petits volets améliorant l'appui en toutes circonstances.

Déjà très agressive visuellement lorsqu'elle est en position normale, la Ford GT l'est encore plus lorsqu'elle s'abaisse (ou descend brutalement plus exactement) de 5 centimètres, une fois le mode track sélectionné. Il ne reste alors plus qu'à la floquer pour se croire au stand Ford des 24 heures du Mans!

Style intérieur et équipement

Ce n'est pas une surprise, il faut un minimum de contorsions pour prendre place à bord. Et commencer par enjamber les énormes pontons avant de glisser dans l'habitacle. Une fois en place, ne cherchez pas le réglage du siège, et pour cause : il n'y en a pas. Autre héritage de la compétition, ce sont en fait le volant et le pédalier qui s'adaptent à la morphologie du conducteur. Les sièges sont pour leur part très rapprochés, du fait de la cellule centrale réduite au maximum.

Toutefois, la Ford GT n'est pas avare en termes d'équipement. Ainsi, on y trouve la climatisation ainsi le système d'info-divertissement Sync 3. Et comme toute production américaine qui se respecte, la GT est dotée de deux porte-gobelets... Le niveau de finition intérieur cependant est correct. Même si carbone, alcantara et cuir sont présents, on aurait apprécié un souci du détail plus poussé (notamment au niveau des différents boutons) sur une auto de cet acabit.

Enfin et vous vous en doutez, ce n'est pas avec la GT que l'on part en vacances prolongées avec des bagages... Le coffre d'une contenance de 11 litres ne pourra au mieux qu'accueillir le vanity-case de Madame et les rangements intérieurs sont inexistants...

Châssis et motorisation

Pour le châssis, Ford a opté une fois encore pour des solutions techniques issues de la course. Ainsi, la suspension réglable permet d'abaisser l'assiette de la GT une fois le mode track sélectionné parmi les cinq disponibles (les autres étant respectivement dénommés normal, wet, sport, et v-max). Quant à l'architecture même de la voiture, intégralement en fibre de carbone, elle permet un gain de poids considérable.

S'agissant du moteur, point de V8 comme sur la GT de 2005. A la place, c'est le V6 Ecoboost biturbo de 3,5 litres de cylindrée équipant déjà le Ford F-150 Raptor qui officie. Partageant 60% de ses pièces en commun avec la version embarquée dans le pick-up, le bloc est toutefois retravaillé en profondeur. Il est épaulé dans sa tâche par une boîte automatique séquentielle à sept rapports et double embrayage.

Fort de 647 chevaux et de 745,7 Nm de couple, ce moteur permet à la GT d'abattre le 0 à 100 en 3 secondes et de pointer à 347 km/h en vitesse maximale. Malgré la double suralimentation, les courbes de puissance et de couple sont suffisamment généreuse pour offrir une large plage d'utilisation. En outre, l'adoption d'un système anti lag agissant sur l'admission permet de diminuer le temps de réponse des deux turbocompresseurs lors des relances.

Sur la route (ou plutôt la piste)

Voici enfin le moment de nous élancer pour quelques tours de piste. Une fois la reconnaissance des lieux effectuée, le tracé composé majoritairement de courbes rapides permet d'apprécier l'équilibre et la facilité de conduite de la GT. Bien sûr, les limites de l'auto se situent à des années-lumière des compétences de la majorité des conducteurs. Mais en haussant petit à petit le rythme, on ne se sent jamais intimidé. Mieux encore, la voiture elle-même invite à passer toujours plus fort, bien aidée en cela par la direction communicative et par sa monte pneumatique efficace.

Quant aux distances de freinage, elles diminuent à vue d'œil au fil des tours grâce à un bon feeling à la pédale qui met vite en confiance. Grâce en fait à l'intégralité du système, composé d'étriers Brembo à 6 pistons à l'avant et 4 à l'arrière et de disques en carbone-céramique. Aussi puissant que progressif, il permet de doser à sa guise l'effort exercé et à s'initier ainsi à l'exercice du freinage dégressif.

Pour l'ambiance sonore, le V6 Ecoboost donne de la voix à quelques centimètres de l'épine dorsale du conducteur. Aux antipodes du rugissement caverneux d'un bon vieux V8, il possède un timbre plus suave qui finalement sied bien au comportement de la GT. Mais sans oublier pour autant ses origines américaines. Les crépitements de l'échappement sont là pour nous le rappeler à chaque passage de rapport...

Tarif et conclusion

A l'heure du verdict, il est naturellement difficile de se prononcer objectivement sur la Ford GT. Et ce d'autant plus que nous n'avons pu l'essayer que sur piste et dans le seul mode track. Néanmoins, dans ces conditions, on ne peut que tirer notre chapeau à la marque à l'ovale. Non contente d'avoir concocté une version compétition immédiatement au-dessus du lot, elle livre également une déclinaison civile hautement désirable, et à la technique évoluée.

A quoi la comparer ? L'ingénieur en chef de Ford Performance, présent lors de notre essai, nous a confié avoir utilisé une Ferrari 458 Speciale comme maître-étalon pour la conception de la GT. Puis une McLaren 675 LT. Si l'analogie avec Maranello prêtera à sourire au vu de la genèse de la Ford GT40 originelle, force est de reconnaître que la GT de 2017 est entre deux feux. En termes de performance, celles-ci la classe dans la catégorie des supercars modernes à l'instar de la Ferrari 488 GTB. Mais sa technique la rapproche également du cercle fermé des hypercars.

Quoiqu'il en soit, malgré son tarif tournant aux alentours du demi-million d'euros, la GT a de toute façon trouvé son public. Pour preuve ? Les 1 000 exemplaires qui seront produits à raison de 250 par an ont d'ores et déjà trouvé preneur. Les acheteurs non sélectionnés devront donc scruter assidûment les annonces. Et composer avec la spéculation qui touchera nécessairement la GT, tôt ou tard...

+ON AIME
Souplesse mécanique

Freinage et châssis mettant en confiance

Technologie avancée

-ON AIME MOINS
Déjà toutes vendues

Détails de finition grossiers

FORD GT 2017
Prix (à partir de)environ 500 000 euros
Prix du modèle essayé-
Moteur
Type et implantationV6 biturbo, position centrale arrière
Cylindrée (cm3)3497
Puissance (kW/ch)476/647  à 6 250 tr/min
Couple (Nm)745,7 à 5 900 trs/min
Transmission
Roues motricesPropulsion
Boîte de vitessesDouble embrayage à sept rapports
Châssis
Suspension avantDouble triangle
Suspension arrièreDouble triangle
FreinsDisques ventilés-rainurés 394mm - étriers 6 pistons fixes AV/Disques ventilés-rainurés 360 mm - étriers 4 pistons fixes AR
Jantes et pneus245/35 R20 AV et 325/30 R20 AR - Michelin Pilot Sport Cup 2
Performances
Vitesse maximale (km/h)347
0 à 100 km/h (s)3,0
Consommation
Cycle urbain (l/100 km)NC
Cycle extra-urbain (l/100 km)NC
Cycle mixte (l/100 km)NC
CO2 (g/km)NC
Dimensions
Longueur (mm)4779
Largeur (mm)2238
Hauteur (mm)1090
Empattement (mm)2710
Volume de coffre (l)11
Réservoir (l)57,5
Masse à vide (kg)1385

Crédits photo : Le Blog Auto

Pour résumer

La Ford GT victorieuse au Mans débarque dans la rue. Et si elle a pour l'occasion laissé son aileron au stand, elle conserve la majeure partie de ses gènes liés à la compétition. Nous avons pu en prendre le volant sur les pistes de développement de Michelin, à Ladoux.

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