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Essai Audi A1 : quattro de façade 1
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par Cedric Pinatel

Essai Audi A1 : quattro de façade

La seule vraie rivale de la Mini fait peau neuve et passe à sa seconde génération. Son style franchement enjoué et sa finition léchée font grosse impression, mais elle reste pour l'instant timide sur le plan sportif.

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Comment énerver le service presse d'Audi pendant le lancement de la nouvelle Audi A1 ? Facile, il suffit de leur faire remarquer que la nouvelle citadine de la marque aux anneaux se présente essentiellement comme une Volkswagen Polo au style et à la finition plus raffinés. Il faut dire que cette A1 de seconde génération reprend l'architecture MQB A0 commune à toutes les citadines du groupe Volkswagen, de la Seat Ibiza à la Volkswagen Polo (exception faite de la Skoda Fabia, toujours basée sur l'ancienne architecture).

Mais les designers et les ingénieurs d'Audi ont fait tout leur possible pour intégrer au mieux la nouvelle citadine au reste de la gamme. Si la Volkswagen Polo jouait les petites sobres (et les Golf en réduction), la nouvelle A1 multiplie les évocations historiques et se la joue sans retenue. Sa face avant agressive avec les trois encoches sur la calandre "façon Sport Quattro", tout comme sa silhouette musclée, donnent l'impression d'observer une authentique citadine ultra-sportive. Aperçue dans le rétroviseur central sur l'autoroute, vous vous sentez presque obligé de vous rabattre à droite pour la laisser filer sur la voie rapide. Sous le capot, elle ne possède pourtant que des motorisations tout ce qu'il y a de plus raisonnables pour l'instant : du petit trois cylindres de 95 ch jusqu'au 4 cylindres 2,0L de 200 ch (le même que celui de la dernière Polo GTI), il n'y a rien au niveau des anciennes A1 quattro et S1 (de 257 et 231 ch). D'ailleurs lorsque vous leur demandez quand cette nouvelle A1 recevra sa transmission intégrale et sa version "S", les ingénieurs allemands vous répondent qu'aucun projet de ce genre n'existe actuellement chez Audi.

L'A1 en met aussi plein la vue quand vous passez à l'intérieur. Certes, les obsédés du plastique moussé pointeront du doigt les nombreuses surfaces en plastique dur, des portières jusqu'à la majeure partie de la planche de bord en passant par le bas de la console centrale. La catégorie des citadines de "segment B" avoue ici ses limites en matière de finition, puisqu'il coûterait trop cher d'utiliser des matériaux plus raffinés même quand on s'appelle Audi. Reste que s'installer à bord de la nouvelle A1 vous donne bien l'impression de monter dans l'auto la plus haut de gamme de tout le segment. La finition fait mieux que dans la Mini et le dessin saillant de la planche de bord à grand écran -et aux détails hi-tech- flattent vraiment le regard. L'écart avec une compacte premium n'a jamais paru aussi mince, et l'habitabilité généreuse ne posera problème ni aux grands gabarits à l'avant, ni aux passagers arrière.

Sur la route, pas d'histoires

Pour cette première prise en main, nous conduisons la variante quatre cylindres 1,5 litres turbo 150 ch assortie d'une boîte à double embrayage (optionnelle) et d'un amortissement passif. L'amortissement, justement, paraît relativement ferme sur les routes du sud de l'Espagne. Et s'il ne fallait pas s'attendre à un moteur fort en caractère à ce niveau de puissance, le petit bloc délivre au moins des performances suffisantes. Oubliez le mode manuel de la transmission S-Tronic, trop lente pour devenir amusante. Quant à l'équilibre général de cette machine décrite comme "sportive" par ses géniteurs, il ne fera pas frissonner l'amateur de petites GTI. Malgré sa direction rapide, son agilité naturelle et son comportement rigoureux, notre petite A1 ne procure pas plus de sensations qu'une Mini de milieu de gamme. Notez que l'auto joue à son meilleur niveau en version 2,0 litres 200 ch avec la suspension pilotée, mais cette dernière ne serait pas beaucoup plus sensationnelle aux dires de nos confrères ayant pu l'essayer sur place. Pour retrouver une A1 aussi plaisante à piloter que l'ancienne S1 à transmission intégrale, il faudra donc qu'Audi Sport consente à développer une vraie version sportive de la nouvelle citadine.

Bilan : Jolie, chère et gentille

La gamme de prix ne surprendra pas les habitués des constructeurs premium avec une grille de tarifs à peu près au niveau de ceux de son éternelle cible la Mini (32 650€ pour notre version 35 TFSI 150 Design Luxe de sommet de gamme). Avec son style pour le moins affirmé et son bel intérieur, elle se paie même le luxe de battre l'Anglaise au registre de l'audace stylistique. Sur la route, elle délivre des prestations au niveau de ce que vous pouviez attendre d'une citadine haut de gamme, sans atteindre le degré de raffinement d'une vraie compacte du segment supérieur. Mais pour trouver une A1 de seconde génération aussi intéressante à piloter qu'à regarder, il faudra vraiment attendre qu'Audi Sport conçoive une nouvelle S1. Ce qui, pour des raisons de compatibilité marketing, impliquerait le développement (coûteux) d'une version à transmission intégrale.

+ON AIME

  • Style percutant
  • univers intérieur

-ON AIME MOINS

  • Pas si sportive qu'annoncée

AUDI A1 35TFSI
Prix (à partir de)27 550 €
Prix du modèle essayé 32 650 €
Bonus / Malus 0 €
Moteur
Type et implantation 4 cylindres en ligne - Turbo - Injection directe essence - Transversal avant
Cylindrée (cm3) 1498
Puissance (kW/ch) 110 / 150
Couple (Nm) 250
Transmission
Roues motricesAvant
Boîte de vitesses A double-embrayage 7 rapports
Châssis
Suspension avantPseudo McPherson
Suspension arrière Essieu souple
FreinsN/A
Jantes et pneus 215/45 R17
Performances
Vitesse maximale (km/h)222
0 à 100 km/h (s) 7,7
Consommation (NEDC traduit du WLTP)
Cycle urbain (l/100 km)6,5
Cycle extra-urbain (l/100 km) 4,2
Cycle mixte (l/100 km)5,1
CO2 (g/km)116
Dimensions
Longueur (mm) 4029
Largeur (mm) 1740
Hauteur (mm) 1409
Empattement (mm) 2563
Volume de coffre (l) 335
Réservoir (l) 40
Masse à vide (kg)1240

Pour résumer

La seule vraie rivale de la Mini fait peau neuve et passe à sa seconde génération. Son style franchement enjoué et sa finition léchée font grosse impression, mais elle reste pour l'instant timide sur le plan sportif.

Cedric Pinatel
Rédacteur
Cedric Pinatel

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