par Pierrick Rakotoniaina

508 Peugeot Sport Engineered: au volant!

Dans quelques mois, les livraisons de la future 508 Peugeot Sport Engineered débuteront. Nous avons eu l’occasion de conduire deux prototypes qui servent à son développement.

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Au milieu des bolides de course

Rendez-vous chez PSA Motorsport, à Versailles. On nous accueille dans la nouvelle base des activités compétition du groupe depuis 2017, où se situent désormais Citroën Racing, la division sport auto de DS Automobiles et Peugeot Sport. Sur ce site, on développe, prépare et assemble toutes les voitures engagées dans les différents championnats autour du monde.

Nous avons effectué une rapide visite des lieux. Dans l’entrée, trônent quelques trophées, les voitures d’usine qui courent actuellement et quelques curiosités. Notamment un V12 de 908 HDI FAP exposé dans le hall comme une œuvre d’art. Le constructeur au Lion a annoncé son retour en 2022 au Mans. Nous en avons profité pour jeter un coup d’œil au prototype Hybrid 4 qui aurait du s’engager en 2012. Il n’a jamais couru.

Un morceau d'Histoire

La porte-parole de Peugeot Sport qui nous accompagnait, mettait d’ailleurs le volant en sécurité après notre passage. En effet, il n’en existe qu’un exemplaire, indispensable au fonctionnement du bolide. Il ne faudrait pas l'égarer. La visite se poursuivit dans les ateliers. Aux côtés de la 908 victorieuse au Mans, se trouvait un prototype de 508 Peugeot Sport Engineered. Des collaborateurs travaillaient sur une 208 Rally4, une 308 TCR et une Opel Corsa de rallye.

Dans le déménagement, Peugeot Sport a fait déplacer sa cathédrale, le banc par lequel tous les blocs moteurs sont passés depuis des dizaines d’années. Il a bien sûr été modernisé et adapté sans cesse tout au long de sa vie. Les jeunes ingénieurs nous montraient dedans une rangée de petits logos collés dans un coin de l’installation. Chacun d’entre eux correspond à la casse d’un moteur sur ce banc. En un coup d’œil, on comprend que lors de sa période F1, beaucoup de V10 ont rendu l’âme sur cet équipement…

99,9% identique au concept-car

Mais intéressons-nous maintenant un peu plus à l’objet de notre venue. Nous nous rendons dans la zone du bâtiment où une partie du personnel, travaillant habituellement sur les modèles de compétition, planchent sur cette 508 atypique. Pour ceux qui en doutaient, ce sont bien des femmes et des hommes de Peugeot Sport qui s’occupent du développement de ce modèle bientôt disponible sur le marché.

Un des responsables du design présent, nous explique qu’ils discutent régulièrement avec les responsables du développement de ce projet, de la faisabilité des pièces de carrosserie que l’on retrouvera sur la voiture. Celles-ci doivent d’abord être en conformité avec les normes en vigueur, et reproductibles ensuite par un fournisseur. Le plus compliqué fut notamment la calandre, qu’ils ont réussi à garder identique au concept-car. En revanche, les petites ailettes sur le montant C ont malheureusement disparu.

Des freins de Peugeot 308 GTi

Pour le reste, les employés dédiés au projet, nous apprennent qu’ils travaillent exclusivement sur de l’existant. Ils perfectionnent les trains roulants d'origine de la 508 « normale ». Les voies ont été élargies au maximum. Les roues de 20 pouces épousent l’extérieur des ailes, mais ces dernières (les ailes) sont parfaitement analogues à celle du modèle de série. Les disques proviennent de la 308 GTi. La production de cet élément sera donc prolongée, malgré la disparition de la compacte du catalogue.

Même chose à propos du moteur et de la machine électrique. Il s’agit de la chaine de transmission Hybrid4 avec deux moteurs électriques optimisés par les ingénieurs. A ce stade de la recherche et du développement, il est intéressant de noter qu'au moins 25 exemplaires de 508 ont été déjà utilisés. La première étape fut notamment de lester une thermique, pour simuler le poids supplémentaire du système hybride. Le travail est toujours en cours, ce qui suppose que d’autres 508 vont être « sacrifiées » d’ici la commercialisation.

Au volant d'un prototype à peine maquillé

On nous a mis entre les mains deux prototypes. Le premier pour juger plutôt la partie mécanique, sur laquelle ont sévi également les designers. D’où l’approximation de certains éléments de carrosserie, comme la griffe sur la custode mal ajustée. La ligne droite du terrain militaire en face du site de PSA Motorsport, où l’on essaie des chars et autres véhicules de l’armée, nous ait « offerte » le temps de quelques runs. Ce morceau de bitume très éprouvé, n’est pas de première fraicheur.

On nous prévient… « Il y a une compression dans la légère courbe. Aucun problème pour l’auto, mais tenez bien le volant tout de même pour ne pas vous faire surprendre. » Nous prenons d’abord nos repères, en mode électrique. Nous sommes heureux de constater que l’on peut appuyer sur la pédale sans risquer de voir le thermique démarrer quand on l’enfonce franchement. Ce n'est pas la cas de la principale concurrente visée par Peugeot, la Volvo S60 Polestar. La voiture n’apparaît pas fainéante, même sans le 4 cylindres.

Une délicieuse mise en bouche!

Par la suite, nous avons opté pour le mode sport et ses 360 chevaux. Si cette puissance paraît modeste, à l’usage elle impressionne. Bien plus que les 405 de la Suédoise. En regardant évoluer sur un départ arrêté une Hybrid 225 ch face à la sportive, le verdict apparaît sans appel, d'entrée de jeu la première se fait déposer. Les reprises également surprennent par leur force. On pense plus se rapprocher des 400 chevaux (en termes de sensations) que des 360 qui seront homologués.

Pour gouter au châssis, nous montons dans une seconde 508 Peugeot Sport Engineered maquillée en finition GT. Calandre classique, et appendices aéro couleur carrosserie la rendent invisible dans la circulation. Des petits malins remarqueraient les jantes inhabituelles, mais personne ne nous a pris en photo. Une 508 Hybrid joue les poissons pilotes, sur une boucle nous menant en vallée de Chevreuse.

Un aperçu convaincant

Dans une première série de courbes, nous laissons notre guide prendre de la distance. En deux virages, nous comprenons tout de suite que cette 508 va valoriser ses futurs propriétaires. Malgré le poids, elle fait preuve d’une stabilité et d’une aisance naturelle éloquente. Elle ne tape jamais dans les butées de ses suspensions et fait oublier toute notion de survirage. Les freins de la légère 308 GTi ne se retrouvent pas vraiment en difficulté ici non plus. Mais on attendra de l’essayer à sa sortie pour s’assurer de leur endurance.

Puis nous tenons le rythme de notre ouvreur au volant de sa 508 classique. Lors d’un arrêt photo, nous débriefons sur le dernier quart d’heure mené tambours battants. Il m’explique que sa cadence rapide fut au prix de mouvements de caisse plutôt marqués. Il faut dire qu’il ne la ménageait pas. Derrière, la vie s’avérait plus facile dans notre prototype. D’abord grace à l’équilibre de haut niveau, mais aussi grace à la direction chirurgical et informative. Mais il faudra là aussi plus de temps pour en juger le compromis.

Un échappement trop discret...

Nous verrons quels réglages seront gardés pour la production. Cet avant-gout nous donne déjà l’eau à la bouche. D’autant plus que le confort ne semble pas spécialement sacrifié. Quand les ingénieurs nous disent qu’ils cherchent à faire une auto utilisable tous les jours, nous comprenons mieux ce qu’ils veulent dire. Mais on peut d’ores et déjà regretter une chose.

En effet, rien ne sera fait pour la rendre plus sonore. On entend leur discours consistant à dire que lorsque des prototypes Diesel ont gagné au Mans, le son n’était pas le plus important. Difficile de dire si les clients adhéreront à la performance « silencieuse ». Dommage. Un mot sur les chiffres, 250 km/h en pointe, 0 à 100 km/h en 5,2 s, 80 à 120 km/h en 3 s. Après homologation, ils devraient rester très proches de ceux-ci.

Encore quelques mois à attendre!

Il reste encore du travail aux équipes de Peugeot Sport d’ici la commercialisation. D’abord, il y a probablement encore une marge sur laquelle jouer en ce qui concerne la performance, puis la fiabilisation de l’ensemble. Une fois le design des pièces arrêté, il faudra étudier avec les fournisseurs la manière de les fabriquer de façon industrielle. À terme, les collaborateurs à l’usine de Mulhouse devront être également formés. Pour nous, il faut maintenant attendre le premier trimestre pour conduire la version définitive. On a hâte !

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Tous les chiffres de la fiche technique sont donnés à titre indicatif, le véhicule étant encore en développement et en attente d'homologation.

Prototype Peugeot 508 Peugeot Sport Engineered
Prix (à partir de)- €
Prix du modèle essayé- €
Bonus / Malus- €
Moteur
Type et implantation4 cylindres en ligne - Injection directe turbo essence +  2 élec.
Cylindrée (cm3) 1 598
Puissance (kW/ch)265 / 360
Couple (Nm) 520
Transmission
Roues motrices intégrale
Boîte de vitesses auto
Châssis
Freins à disques
Jantes et pneus 245/35 R20
Performances
Vitesse maximale (km/h) 250
0 à 100 km/h (s) 5,2
Consommation
Cycle mixte (l/100 km) -
CO2 (g/km) -
Dimensions
Longueur (mm) -
Largeur (mm) -
Hauteur (mm) -
Empattement (mm) -
Volume de coffre (l) -
Poids (kg)1850

Pour résumer

Dans quelques mois, les livraisons de la future 508 Peugeot Sport Engineered débuteront. Nous avons eu l’occasion de conduire deux prototypes qui servent à son développement.

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