par Joest Jonathan Ouaknine

Jean Rédelé n'est plus: une page de l'histoire de l'automobile se tourne [10 ans déjà]

Alpine est mort une deuxième fois. Jean Rédelé, son fondateur, s'est éteint. Renault (dont il a ouvert le palmarès), Dieppe (qui connaissait cette ville avant Alpine?) et presque tous les pilotes Français des années 60-70 (circuit et rallye) lui doivent également beaucoup.

Zapping Le Blogauto Essai Alpine A110

Alpine est mort une deuxième fois. Jean Rédelé, son fondateur, s'est éteint. Renault (dont il a ouvert le palmarès), Dieppe (qui connaissait cette ville avant Alpine?) et presque tous les pilotes Français des années 60-70 (circuit et rallye) lui doivent également beaucoup.

Cet article est paru pour la première fois sur Le Blog Auto le 11 août 2007, jour de la disparition de Jean Rédelé. Depuis, Alpine a été relancée par Renault et l'usine de Dieppe a retrouvé de sa superbe avec l'assemblage des Clio RS, de modèles spécifiques Renault Sport et, bien entendu, de l'Alpine A110.

L'histoire de Jean Rédelé se confond avec celle d'Alpine. Jeune concessionnaire Renault à Dieppe, ce diplômé de HEC est un expert de la 4cv (après avoir fait dans le Dodge et le GMC "civilisé".) Quel meilleur publicité que la compétition? Il s'impose en rallye avec, notamment aux Mille Miles en 1952, 1953 et 1954. Certains lui attribuent d'ailleurs la paternité de la mystérieuse 4cv 1063.

Rédelé se prend au jeu. En 1954, il conçoit des coupés (toujours à moteur de 4cv) dessinés par Michelotti et carrossés par Alemano. Ce sont les Rédelé Speciales. Un industriel Américain veut en produire l'un d'eux sous le nom de Marquis. La Marquis est présentée au salon de New York 1954. Mais il n'y aura pas de suite.

En 1955, il présente l'A106 (Alpine/moteur de 1062) à Renault. La firme est dubitative: après tout de Louis Rosier à René Bonnet, beaucoup frappent à sa porte et la plupart des projets sont sans lendemain. L'A106 est néanmoins produite chez les frères Chappe.

Les années fastes d'Alpine

Cabriolet, A108 (devenu A110 avec le moteur de la R8), GT4... Alpine monte en puissance au cours des années 60. En Sport, la marque commence à briller, malgré des moteurs Renault sous-puissants. Alpine créera aussi des monoplaces de F3. Hélas, le V8 Gordini de la F1 A350 (photo) ne sera pas prêt à temps, torpillant le programme.

Alpine est LE client de Renault. En 1968, il s'offre une vraie usine à Dieppe. En 1971 et 1973, l'A110 est championne du monde des rallyes. Rédelé rêve de concurrencer Porsche avec l'A310, qui doit se contenter du 1600 de la R16. En 1972, une grève paralyse Alpine. Jean Rédelé appelle au secours Renault, qui rentre dans le capital.

La naissance de Renault Sport signe la fin d'Alpine

C'est le début de la fin. En 1976, les services sportifs d'Alpine et Gordini disparaissent au profit de Renault Sport.  En 1978, Renault rachète le reste des parts de Rédelé. La même année, l'A442 s'impose au Mans avec Pironi et Jaussaud.

Miné d'avoir du céder "sa" marque, Rédelé redevient simple concessionnaire Renault. Le site de Dieppe se met à produire des R5 et des Espace. L'A610 est un flop et Alpine meurt en 1996. Les nombreuses rumeurs de retour ne se sont pas concrétisées.

Jean Rédelé avait 85 ans.

Pour résumer

Alpine est mort une deuxième fois. Jean Rédelé, son fondateur, s'est éteint. Renault (dont il a ouvert le palmarès), Dieppe (qui connaissait cette ville avant Alpine?) et presque tous les pilotes Français des années 60-70 (circuit et rallye) lui doivent également beaucoup.

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