par Joest Jonathan Ouaknine

Earl Bamber : de has been à héros

Printemps 2013 : Earl Bamber se languit. Les saisons européennes ont débuté depuis longtemps et sans lui, comme en 2012. A presque 22 ans, sa carrière en sport auto semble finie. Printemps 2015 : ce même Earl Bamber, pilote officiel Porsche, remporte les 24 heures du Mans.

Zapping Le Blogauto Essai de la Cupra Born en Laponie

Printemps 2013 : Earl Bamber se languit. Les saisons européennes ont débuté depuis longtemps et sans lui, comme en 2012. A presque 22 ans, sa carrière en sport auto semble finie. Printemps 2015 : ce même Earl Bamber, pilote officiel Porsche, remporte les 24 heures du Mans.

Jeune loup aux poches trouées

Earl Bamber débute à l'hiver 2005-2006, en Formule Ford NZ. Quelques mois plus tard, il dispute la Formule BMW Asia, qu'il remporte.

A Shanghai, en prologue du Grand Prix de Chine, il termine deuxième. Qu'importe : la coupe lui est remise par Sebastian Vettel...

En 2007, il s'attaque à la FR V6 Asia, pendant de la FR3.5. En 2008, le Néo-zélandais redouble et termine vice-champion. En parallèle, la dispute l'Australian F3 (ci-dessous) et il part en Europe pour la Formula Master, ancêtre du GP3.

Mais l'espoir de la zone Asie-Pacifique se casse les dents en Europe. En Euro F3000 et en Superleague Formula, les podiums sont rares. Vice-champion de la TRS 2008 et 2010, il termine dans le ventre mou, en 2011 (quand ça ne veut pas...) Bamber rempile en Superleague Formula, mais la discipline se saborde après 2 manches. Comme les autres, il assiste impuissant aux annulations des autres courses, les unes après les autres. Il s'occupe en donnant des cours de pilotage.

Mieux que rien

Il s'écoule deux ans avant que Bamber ne soit de nouveau au départ d'une course. La Carrera Cup Asia lui propose un statut de gweilo. Il est si peu considéré que le promoteur, snobant son palmarès, le présente comme "un moniteur de pilotage découvrant la compétition". Beaucoup de pilotes trouveraient cela indigne de leur statut. Ils se contenteraient de faire le minimum pour toucher leur chèque.

Pas le Néo-zélandais. Il comprend qu'il n'a rien à perdre et tout à gagner. Il profite également de sa connaissance des circuits asiatiques (merci la Formula BMW Asia et la FR V6 Asia.) Très vite, il joue les épouvantails à coup de hat-tricks. Le tout avec une voiture quasiment vierge de tout sponsor.

Porsche finit par s'intéresser à ce pilote qui survole la Carrera Cup Asia. Certes, il court face à des gentlemen-drivers asiatiques et d'autres ex-seconds couteaux de la monoplace. Mais il semble réellement talentueux... En récompense de son titre 2013, il est invité pour la finale de la Supercup, à Yas Marina. Bien que découvrant le circuit, il termine deuxième de la course 1.

L'étape suivante, ce sont les 12 heures de Sebring 2014, en 911 RSR. C'est la première épreuve d'endurance de Bamber. Quelques mois plus tard, Porsche l'aligne aux 12 heures de Sepang et à l'épreuve de GT de Macao, sur des 911 "privées". C'est la preuve que les actions de Bamber sont à la hausse à Zuffenhausen...

Firmament

Bamber débute 2014 avec un nouvel état d'esprit. Outre les piges pour Porsche, il s'attaque à un double-programme Carrera Cup Asia-Supercup. En Asie, on remarque qu'il y a davantage de sponsors sur sa voiture. Le Néo-zélandais reprend ses courses en solitaires. Il donne la priorité à la Supercup et parfois les rendez-vous se chevauchent (ce qui permet à ses adversaires de remonter.) Malgré cette participation en pointillé, il s'offre un 2e titre. En Supercup, c'est plus compliqué, mais il décroche le sacre pour sa première (et seule) saison complète.

Notez que depuis, d'autres exclus comme Chris van der Drift ou Nico Menzel se sont rués sur la Carrera Cup Asia, y espérant un tremplin vers Porsche...

Pour 2015, le jeune Néo-zélandais touche au but. Il devient pilote officiel Porsche. 24 heures de Daytona et 12 heures de Sebring dans une 911 RSR officielle cette fois, et test dans la 919 Hybrid, Bamber est dans le grand bain. Son test est si concluant qu'il est nominé pour faire partie de la troisième Porsche au Mans, en compagnie de Nico Hülkenberg et Nick Tandy, habitué de la Carrera Cup UK et patron du team JTR en F4 MSA, qui a une histoire un peu similaire. Tandy est le seul du trio à avoir déjà roulé dans la Sarthe. Aucun n'a d'expérience en LM P1. Mais après tout, en 1998, Laurent Aïello, Alan McNish et Stéphane Ortelli n'était guère plus capés et ils ont offert à Porsche sa dernière victoire mancelle...

Et donc, après une sixième place à Spa pour la traditionnelle épreuve de préparation, cet improbable équipage de rookies file vers son destin aux 24 heures du Mans.

Crédits photos : Porsche (photos 1, 7, 8 et 10), BMW (photos 2 et 3), Australian F3 (photo 4), Toyota Racing Series (photo 5) et Carrera Cup Asia (photos 6 et 9.)

Pour résumer

Printemps 2013 : Earl Bamber se languit. Les saisons européennes ont débuté depuis longtemps et sans lui, comme en 2012. A presque 22 ans, sa carrière en sport auto semble finie. Printemps 2015 : ce même Earl Bamber, pilote officiel Porsche, remporte les 24 heures du Mans.

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