par Thibaut Emme

Stellantis quitte l'ACEA pour faire son propre lobbying

L'Association des Constructeurs Automobiles Européens (ACEA) est-elle en danger ? En tout cas, Stellantis a décidé d'en claquer la porte pour faire du militantisme plus direct. La transition électrique risque de mettre l'association à mal.

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C'est un peu à la surprise générale que Stellantis, numéro deux Européen, né de la fusion de PSA avec FCA, claque la porte de l'ACEA. L'association s'oppose à la décision de l'Union Européen d'interdire la vente des moteurs à combustion interne, hybrides ou non, d'ici 2035. C'est à l'occasion de l'annonce de la création d'un "Formule de la liberté de mouvement" que Stellantis a indiqué quitter l'ACEA à la fin de 2022. Cela devrait faire réagir.

Mais, pourquoi Stellantis part de l'association des constructeurs européens ? Eh bien en fait, c'est à cause de l'opposition de cette dernière à la transition vers le véhicule électrique. Quoi ? Attendez ! Mais, on n'a pas entendu Carlos Tavares être plus que dubitatif face à l'électrisation du véhicule ? Si ! Mais, il est aussi pragmatique et à la tête d'un géant de l'automobile. Il doit adapter le groupe international aux lois des pays sur lesquels sont vendues ses voitures.

Et pour le coup, l'Europe a décidé, en bien ou en mal, qu'à partir de 2035, ce sera le VE et rien d'autre. Pas de biofuel, pas de e-fuel, rien d'explosif.

Prendre un chemin clair et ne pas tergiverser

Il faut dire que Stellantis a visiblement accepté le virage vers le VE et a annoncé que ses nouveaux véhicules seraient 100% électriques à partir de 2030. On imagine très bien un groupe comme Stellantis qui voit finalement le lobby de l'ACEA aboutir à la prolongation des thermiques (sous forme d'hybrides par exemple) et qui n'a plus de produit adéquat. Il est impensable de garder un programme de R&D pour ces véhicules qui doivent être interdits en 2035. C'est donc par un pur souci de cohérence industrielle que Stellantis va se mettre à faire son propre lobbying.

Le principe, selon le communiqué, va être donc de créer un grand raout de la mobilité, annuel, durant lequel Stellantis va présenter ses solutions, discuter, jouer de son influence, avec des experts, le tout pour pousser à une nouvelle mobilité pour toutes et tous. Le premier forum devrait avoir lieu en 2023.

Les défis environnementaux qui nous attendent couplés à un environnement commercial en évolution rapide nécessitent une approche à 360 degrés efficace, globale et inclusive impliquant tous ceux qui souhaitent contribuer à la construction d'une mobilité durable. Nous avons l'intention de créer un forum public dans lequel les contributeurs peuvent se réunir pour aborder les questions clés entourant le débat sur la mobilité décarbonée et proposer de prochaines étapes concrètes à prendre ensemble. L'accès à une mobilité propre, sûre et abordable pour les citoyens du monde entier est en jeu, a déclaré Carlos Tavares, PDG de Stellantis.

Stellantis prévoit d'associer à son forum des représentants des investisseurs de l'industrie automobile, mais aussi des acteurs de l'industrie, des savants, des politiques, des scientifiques, etc. C'est comme si l'ACEA tenait un salon annuel pour expliquer son point de vue, mais l'ACEA ne l'a pas fait...donc bye-bye.

Notre avis, par leblogauto.com

L'ACEA défend-elle encore les constructeurs qui en font partie ? On peut se le demander. En faisant du lobby contre l'électrification en 2035 du marché, elle met les constructeurs industriellement en porte-à-faux. Continuer d'investir dans une technologie qui doit disparaître ? Ou partir vers le tout électrique même si on n'est pas d'accord avec cela ?

Pratiquement plus un constructeur ne prévoit de sortir un véhicule qui ne soit pas électrique d'ici la fin de la décennie. Changer de plans en cours de route serait mortifère pour eux. Ce départ de poids de l'ACEA devrait en appeler d'autres.

Pour résumer

L'Association des Constructeurs Automobiles Européens (ACEA) est-elle en danger ? En tout cas, Stellantis a décidé d'en claquer la porte pour faire du militantisme plus direct. La transition électrique risque de mettre l'association à mal. Face à cette électrification à marche forcée, les constructeurs choisissent leur camp.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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