par Elisabeth Studer

Nissan pourrait vendre ses sites industriels européens (Espagne, UK)

Alors que Bloomberg  a laissé entendre que Nissan étudiait actuellement la vente de ses deux usines européennes, situées à Barcelone et au Royaume-Uni, les autorités locales espagnoles ont démenti le fait que le constructeur japonais envisageait de céder son site catalan. Pour le moment …

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Démenti de la Catalogne

Nissan ne prévoit pas vendre l'usine de la zone franche de Barcelone. C'est en tout cas ce qu'a indiqué la ministre de l'Entreprise et du Savoir de la Catalogne, Àngels Chacón, dans un entretien accordé à Catalunya Ràdio et recueilli par Europa Press.

La politicienne catalane a déclaré avoir contacté la direction générale de Nissan en Catalogne en vue d'obtenir des éclaircissements à ce sujet.

Une démarche opérée à la suite de l'information relayée par Bloomberg indiquant que le constructeur japonais envisageait la vente de ses deux sites implantés sur le continent européen, dont l'un à Barcelone.

"La première chose que j'ai faite de bonne heure aujourd'hui est de parler à la direction générale de Nissan, ici, en Catalogne. Et, de toute évidence, ils ont confirmé que c'était faux", a-t-elle indiqué.

Investissements de Nissan pour le site catalan

Chacón a affirmé qu'il "y avait peut-être des rumeurs et des spéculations" sur l'avenir des usines Nissan à Barcelone, mais que le groupe respectait son engagement.

Elle a ainsi pris l'exemple de l'investissement réalisé par le constructeur de 70 millions d'euros dans une nouvelle usine de peinture dans la zone franche: "Je pense que cela prouve qu'ils veulent continuer ici en Catalogne".

Le ministre a fait valoir que le gouvernement entretenait une relation "pratiquement toutes les semaines" avec Nissan et que certains de ses membres rencontreraient Nissan au Japon à partir du 10 novembre pour s'informer de leurs projets et stratégies au niveau international et des usines qu'ils souhaitaient conserver.

Nissan étudierait la vente de 2 usines en Europe selon Bloomberg

Nissan  évalue les options concernant l'avenir de ses deux usines en Europe alors que le constructeur est confronté à une baisse des ventes dans la région et à un virage dans l'industrie de la voiture électrique, ont préalablement déclaré à Bloomberg des sources proches du dossier.

Le constructeur japonais, qui a annoncé en mars qu’il cesserait de vendre la marque haut de gamme Infiniti en Europe occidentale, mesure l’intérêt d'acheteurs potentiels pour ses usines britanniques et espagnoles, ont ajouté ces sources.

Le désinvestissement d'une ou des deux installations est une option car la part de marché de Nissan dans la région s'est effondrée. Bien qu'aucune décision n'ait été prise, des constructeurs automobiles chinois pourraient figurer parmi les candidats à l'achat.

Politique d'austérité chez Nissan

Un retrait du marché européen montrerait l'ampleur des mesures envisagées par Nissan pour réduire les coûts et remédier à une chute spectaculaire des revenus depuis que l'ancien président Carlos Ghosn a été arrêté l'année dernière pour des infractions financières.

Les bénéfices de Nissan ont été quasi réduits à zéro au premier semestre de l’année, obligeant Makoto Uchida, le nouveau directeur général, à mener une bataille ardue alors qu’il cherchait à stabiliser ses opérations tout en tentant d'amoindrir les tensions avec Renault, son partenaire au sein de l’Alliance.

"Pour le moment, nous n'avons pas l'intention de vendre ces deux usines en Europe", a déclaré Azusa Momose, une porte-parole de Nissan, basée à Yokohama.

Nissan veut se recentrer sur son marché domestique

Nissan, qui a annoncé en juillet son intention de supprimer 12 500 emplois dans le monde, a pour objectif de se concentrer sur son marché domestique, ainsi que sur la Chine et les États-Unis, selon les sources de Bloomberg. Sa part de marché en Europe a diminué en septembre pour n'atteindre que 2,5%, alors que ses ventes ont chuté.

À l'instar des autres constructeurs automobiles, les régulateurs européens font pression sur Nissan pour le lancement de véhicules zéro émission conformes aux nouvelles règles en matière de réduction des polluants.

Nissan envisage d'importer des voitures à moteur thermique du Japon alors que les barrières commerciales avec l'Union européenne s'effondrent et concentrer son activité industrielle européenne sur des modèles électriques tels que la Leaf, indique-t-on encore de sources proches du dossier.

Une telle stratégie réduirait le besoin de vastes usines en Europe, d'autant plus que le processus de fabrication de voitures électriques s'avère plus simple et nécessite moins de pièces, moins d'espace et moins de machines.

Nissan envisagerait parallèlement de réduire le nombre de modèles non rentables, y compris la mini-citadine de Datsun et d'autres voitures compactes, se détournant ainsi de la politique de croissance menée par Ghosn.

Des mesures de réduction d'emploi déjà annoncées en Europe

Nissan a déjà annoncé certaines mesures de réductions d'emploi en Europe, notamment la suppression de 600 postes sur son site de Barcelone, où travaillent environ 3 000 personnes.

L’usine ne fonctionne pas au maximum de ses capacités de 200 000 véhicules par an.

En février, Nissan a abandonné son projet de fabrication du SUV X-Trail sur son site de Sunderland, au Royaume-Uni, en raison de l'incertitude entourant le Brexit.

Les tarifs induits par le Brexit qui s'appliqueraient sur les exportations automobiles vers l'Union européenne rendront probablement les opérations de Nissan au Royaume-Uni non viables, a d'ores et déjà prévenu le constructeur.

L'usine britannique en meilleure posture que le site catalan

L'usine de Sunderland, la plus grande du Royaume-Uni, serait plus difficile à stopper que le site catalan selon Bloomberg. L'année dernière, l'entité britannique a produit 450 000 voitures, 70% de sa production étant destinée à l'UE.  Une nouvelle version du crossover Juke, destinée au marché européen, a par ailleurs été dévoilée sur le site au début du mois d'octobre.  Renault utilise cette même plate-forme pour assembler les dernières versions du crossover Clio supermini et Captur.

Incertitudes sur la production de la Micra à Flins

Des incertitudes pèsent également sur le maintien de la production de la Micra de Nissan, assemblée dans l'usine Renault de Flins, près de Paris. L’usine, qui fabrique également la Zoe électrique, devrait assembler un peu plus de 50 000 Micras cette année, bien en deçà de la cible initiale de 82 000 véhicules , selon les sources. Or, Nissan ne s'est pas engagé à fabriquer un autre véhicule sur le site à l'avenir.

Un porte-parole de Renault a refusé de s'exprimer sur le sujet.

L'avis de Leblogauto.com

Pas de fumée sans feu ? Il est clair que Nissan se doit de redresser la barre. Un recentrage sur son marché domestique n'augurerait rien de bon pour l'emploi européen …

Sources : Eleconomista, Bloomberg 

Pour résumer

Alors que Bloomberg  a laissé entendre que Nissan étudiait actuellement la vente de ses deux usines européennes, situées à Barcelone et au Royaume-Uni, les autorités locales espagnoles ont démenti le fait que le constructeur japonais envisageait de céder son site catalan. Pour le moment …

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