par Elisabeth Studer

La France favorable à une filière européenne de batteries

Alors que le dossier prend les allures d'une Arlésienne depuis quelques mois, la France s'est dit cette semaine en faveur de la création d'une filière européenne de batteries pour véhicules électriques. Le gouvernement souhaitant très certainement ainsi montrer qu'il porte le plus vif intérêt à l'écologie en pleine fronde des Gilets jaunes. Tout en tentant de faire en sorte que l'Allemagne ne fasse pas cavalier seul. Courant octobre, Bruno Le Maire a en effet exhorté l'UE à unir ses forces, s'adressant à demi-mots à nos voisins d'outre Rhin, jugés un peu trop égocentriques dans le domaine.

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Alors que le dossier prend les allures d'une Arlésienne depuis quelques mois, la France s'est dit cette semaine en faveur de la création d'une filière européenne de batteries pour véhicules électriques. Le gouvernement souhaitant très certainement ainsi montrer qu'il porte le plus vif intérêt à l'écologie en pleine fronde des Gilets jaunes. Tout en tentant de faire en sorte que l'Allemagne ne fasse pas cavalier seul. Courant octobre, Bruno Le Maire a en effet exhorté l'UE à unir ses forces, s'adressant à demi-mots à nos voisins d'outre Rhin, jugés un peu trop égocentriques dans le domaine.

Edouard Philippe pour une filière européenne de batteries

La France appuie la proposition allemande de développer "une filière européenne" de batteries automobiles, a ainsi déclaré jeudi le Premier ministre Edouard Philippe.

"Comme le propose l'Allemagne, nous sommes prêts à construire une filière de batteries européenne", a ainsi déclaré le chef du gouvernement, lors d'un discours devant le Conseil national de l'industrie.

Des investissements et une présence industrielle indispensables

Considérant que ces batteries devraient très rapidement représenter près le moitié de la valeur ajoutée d'un véhicule, Edouard Philippe a prévenu que l'absence d'investissements et de développement d'une « présence industrielle » propre à l'Union européenne devrait être à terme très préjudiciable pour l'économie européenne.

Selon lui, dans un tel cas de figure, "ce n'est pas simplement les constructeurs nationaux, c'est l'ensemble du territoire européen qui verra sa compétence, ses perspectives, disparaître", a-t-il ajouté.

Edouard Philippe soutient l'émergence de champions européens

Edouard Philippe a d'autre part soutenu la construction de "champions européens". Alors que jusqu'à présent il était question d'un Airbus des batteries, le Premier Ministre a souhaité faire référence au contexte qui prévalait à l'heure actuelle dans l'industrie ferroviaire. Plaidant alors pour "une vision équilibrée de la politique de la concurrence en Europe » tenant compte « de l'existence des marchés tels qu'ils sont, lesquels sont souvent mondiaux".

Pour Edouard Philippe , "à regarder simplement des marchés européens et à développer une politique de la concurrence exclusivement centrée sur les marchés européens, on pourrait prendre le risque de gêner la constitution en Europe de géants".

Précisons que fin octobre, les autorités européennes de la concurrence ont exprimé leurs inquiétudes quant à la fusion - annoncée en 2017 - des constructeurs ferroviaires français Alstom et allemand Siemens. Mi-juillet, la Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur cette fusion, adressant fin octobre une "communication des griefs" aux entreprises concernées.

L'Allemagne soupçonnée de vouloir faire cavalier seul

L'Allemagne veut "créer dans les prochains mois les conditions pour une production à grande échelle de batteries en Europe", a déclaré pour sa part le 13 novembre dernier le ministre de l'Economie allemand Peter Altmaier.

Quelques jours auparavant, nos voisins d'outre Rhin avaient annoncé que le pays allait allouer un milliard d’euros à un consortium dédié à la production de batteries pour véhicules électriques. Le pays prévoyant également de financer un centre de recherche dans le secteur.

En octobre, rappelant que l’Allemagne s’engageait à l’heure actuelle dans un grand projet sur les batteries électriques –  le pays prévoyant alors d'investir plus de six milliards dans le domaine – le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, avait toutefois indiqué souhaiter que l’Allemagne et la France ne fassent pas cavalier seul. Exhortant au contraire les deux pays à ne pas développer chacun de leur côté des programmes de batteries électriques « sans qu’on soit capable à un moment donné de converger ».

Bruno Le Maire semble ainsi montrer très explicitement du doigt le caractère très « indépendant » de l’Allemagne par rapport à l’Union européenne, à l’heure où l’union devrait faire la force.

L'Allemagne ouvre la porte aux Chinois

En juillet dernier, dans l’attente d’une concrétisation d’un Airbus des batteries, nos voisins d’outre Rhin ont en effet annoncé que leur pays allait accueillir la Chine en vue de construire une méga usine de production de batteries pour les véhicules électriques.

Une initiative alors applaudie par les constructeurs allemands, lesquels tentent de combler leur retard dans le domaine, alors qu’ils sont parallèlement rattrapés par le dieselgate.

Après des mois de tractations, le chinois Contemporary Amperex Technology (CATL), l’un des premiers producteurs de cellules de batteries électriques au monde, va ainsi  permettre aux industriels allemands de se doter de ce composant clé, depuis sa mega usine d’Erfurt, dans l’Est de l’Allemagne.

Défendre la "souveraineté technologique" de l'UE

Début octobre à Paris, Bruno Le Maire, a appelé les industriels européens à faire "converger" leurs efforts en matière de batteries pour les véhicules électriques.

Le ministre avait ainsi mis en avant la nécessité, selon lui, de défendre la « souveraineté technologique » de l’Union européenne face à la concurrence de la Chine.

« L’idée de faire une filière de l’industrie automobile électrique avec des composants uniquement asiatiques, ça n’a aucun sens », avait-t-il ainsi déclaré lors d’une rencontre avec des responsables de PME du secteur automobile organisée dans le cadre du Mondial de Paris 2018.

Bruno Le Maire avait alors estimé que l’Union européenne devait être « indépendante  du point de vue technologique ». Pour y parvenir, il a exhorté l’Europe à bâtir sa propre filière. Tout en regrettant le manque de coordination des politiques industrielles  européennes à ce sujet.

Elisabeth Studer avec AFP

Pour résumer

Alors que le dossier prend les allures d'une Arlésienne depuis quelques mois, la France s'est dit cette semaine en faveur de la création d'une filière européenne de batteries pour véhicules électriques. Le gouvernement souhaitant très certainement ainsi montrer qu'il porte le plus vif intérêt à l'écologie en pleine fronde des Gilets jaunes. Tout en tentant de faire en sorte que l'Allemagne ne fasse pas cavalier seul. Courant octobre, Bruno Le Maire a en effet exhorté l'UE à unir ses forces, s'adressant à demi-mots à nos voisins d'outre Rhin, jugés un peu trop égocentriques dans le domaine.

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