par Elisabeth Studer

Continental : la fin du diesel torpille 5.500 emplois

Continental va réduire ses activités de production de moteurs. Les règles plus strictes sur les émissions polluantes des véhicules menacent en effet de réduire sensiblement la demande de composants pour les moteurs thermiques, et l'équipementier souhaite par conséquence réduire la voilure dans ce domaine. Les mesures devraient entraîner environ 5 040 suppressions d'emplois d'ici 2028.

Zapping Le Blogauto Essai Volkswagen Taigo

Continental plombé par baisse de la demande et fin du diesel

Le programme vise à renforcer la compétitivité de l'entreprise à long terme et à assurer sa viabilité à l'avenir, a déclaré Continental dans un communiqué. Argument invoqué : le ralentissement mondial de la demande de voitures particulières et le passage des moteurs thermiques aux électriques avec en tout premier lieu la fin du diesel.

Visant 500 millions d'économies annuelles dès 2023, Continental va notamment abandonner la fabrication de composantes hydrauliques pour moteurs diesel et essence, pour lesquelles la demande s’infléchit alors que l'industrie automobile se tourne vers l'électrique.

Ces décisions permettront à Continental, deuxième fournisseur automobile mondial employant 240.000 personnes, de "soutenir la transition technologique nécessaire et donc notre compétitivité et viabilité future", a plaidé son patron, Elmar Degenhart.

Suppression d’emplois en Europe et aux Etats-Unis

Le conseil de surveillance a approuvé mercredi quelque 4.600 suppressions d'emplois sur cinq sites : trois usines en Allemagne, une en Virginie aux Etats-Unis et une à Pise, en Italie.

720 autres emplois seront supprimés à Newport News, aux États-Unis, où à compter de 2024, les composants hydrauliques des moteurs à essence cesseront d’être fabriqués.

À Pise, en Italie, 750 emplois sont menacés par la cessation de la production de composants de moteurs à essence d'ici 2028, a déclaré Continental.

En Espagne, l’équipementier a annoncé qu'il entamerait également des discussions avec les représentants des salariés sur son site de Rubi, où il fabrique des systèmes d'affichage analogiques. L’usine emploie environ 760 personnes.

Ces suppressions d’emplois s'ajoutent à près celles de 900 postes en Caroline du Nord et en Malaisie, dont la suppression avait déjà été actée fin septembre.

En Allemagne, près de 1.800 emplois disparaitront sur le site de Babenhausen d'ici 2025. L'usine de Roding qui emploie 520 personnes sera entièrement fermée à l'horizon 2024.

Plan de restructuration

Continental a préalablement annoncé un plan de restructuration sur plusieurs décennies, lequel devrait entraîner la fermeture d'usines en Europe et aux États-Unis. Mais jusqu’à présent, la société n'avait pas fourni de détails sur les suppressions d'emplois.

Le fournisseur se classe au 4e rang sur la liste de 100 plus grands fournisseurs mondiaux avec des ventes mondiales de pièces automobiles d’origine se chiffrant aux alentours de 37,8 milliards de dollars en 2018.

Continental compte se concentrer davantage sur les "activités de croissance et du futur", telles que la production de pneus ou la voiture autonome et connectée.

L'équipementier a annoncé une perte nette de 1,99 milliard d'euros pour le troisième trimestre en raison de la dépréciation de certaines activités affectées par un marché impacté par le Brexit et les conflits commerciaux entre les Etats-Unis et la Chine.

La société envisage par ailleurs d’introduire en bourse sa division transmissions l’année prochaine.

L'avis de Leblogauto.com

Déjà affecté par la crise qui frappe le secteur des pneumatiques, Continental doit aussi faire face aux conséquences directes de la fin du diesel sur ses autres activités. L’équipementier a annoncé mercredi une perte nette de 1,97 milliard d’euros, en raison de provisions et de dépréciations. Les perspectives 2019 pour le marché automobile s’avèrent en effet guère réjouissantes.

Sources : Automotive News , AFP, Continental

Pour résumer

Continental va réduire ses activités de production de moteurs. Les règles plus strictes sur les émissions polluantes des véhicules menacent en effet de réduire sensiblement la demande de composants pour les moteurs thermiques, et l'équipementier souhaite par conséquence réduire la voilure dans ce domaine. Les mesures devraient entraîner environ 5 040 suppressions d'emplois d'ici 2028.

La quotidienne

Retrouvez tous les soirs une sélection d'articles dans votre boite mail.