par Elisabeth Studer

Uber plombé par son dumping social

Des indiscrétions révélées par Bloomberg indiquent que Uber aurait perdu au moins 1,27 milliard de dollars (1,12 milliard d'euros) au premier semestre 2016, et ce, sans compter les impôts, charges financières, dépréciation et amortissement.

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Des indiscrétions révélées par Bloomberg indiquent que Uber aurait perdu au moins 1,27 milliard de dollars (1,12 milliard d'euros) au premier semestre 2016, et ce, sans compter les impôts, charges financières, dépréciation et amortissement.

Elément de taille : la majeure partie des pertes serait liée aux aides financières apportées aux conducteurs, a expliqué le directeur financier du groupe, Gautam Gupta, lors d'une conférence sur les comptes trimestriels. Uber pourrait ainsi se retrouver en difficulté, ses pertes se chiffrant à environ 520 millions de dollars sur les trois premiers mois de l'année et 750 millions de plus sur avril-juin. Certes, son chiffre d'affaires net a atteint environ 1,1 milliard de dollars au deuxième trimestre après 960 millions au premier tandis que les réservations dépassaient 5 milliards sur avril-juin après plus de 3,8 milliards sur janvier-mars, mais à quel prix ?

Toujours selon Bloomberg, Uber, valorisé environ 69 milliards de dollars, a enregistré en 2015 au moins 2 milliards de pertes. Ces mauvais résultats devraient faire rapidement réagir ses actionnaires tels que la banque Goldman Sachs et le milliardaire Jeff Bezos, fondateur d'Amazon qui se lance actuellement dans le secteur automobile sous différents aspects.

Uber vient d'être retoqué par la justice californienne qui a rejeté un projet d’accord amiable via lequel le géant des VTC escomptait mettre fin à des recours collectifs de chauffeurs. En avril dernier, Uber s’était en effet dit prêt à payer jusqu’à 100 millions de dollars pour éviter un procès et clore deux recours. Cette proposition tentait d’allécher des conducteurs – contestant leur statut de travailleurs indépendants et réclamant d’être requalifiés comme des salariés – de telle sorte qu’ils renoncent à leurs procédures. Mais, alors que la société était prête à offrir à ses 385 000 chauffeurs affiliés une somme rondelette pour éviter de leur reconnaître le statut de salarié, un juge de San Francisco a estimé que l’accord était injuste, remettant ainsi en cause le business model de l'entreprise.

Alors que le véritable dumping social réalisé par Uber plombe les comptes de l'entreprise, l'épineuse question du statut de ses chauffeurs pourrait creuser encore plus ses pertes. Car la question demeure : les chauffeurs Uber sont-ils des travailleurs indépendants sans lien de subordination avec la plate-forme qui organise leurs déplacements ou devraient-ils avoir le statut de salariés, ce qui contraindrait le cas échéant leur employeur à payer des cotisations sociales.

L'Urssaf Ile-de-France a pris position sur le sujet. L'organisme chargé de recouvrir les cotisations sociales employeurs a engagé deux procédures contre Uber. Depuis la rentrée 2015, l'Urssaf a en effet requalifié les chauffeurs en salariés et réclame à Uber les cotisations correspondantes, qui s'établissent à quelques millions d'euros. Face au refus d'Uber de s'acquitter de telles sommes, l'Urssaf s'est tournée vers le tribunal des affaires de sécurité sociale et a transmis parallèlement au procureur de la République de Paris un procès-verbal qui accuse Uber de travail dissimulé par détournement de statut.

Sources : Reuters, Bloomberg, Alternatives eco

Crédit Illustration : Uber

Pour résumer

Des indiscrétions révélées par Bloomberg indiquent que Uber aurait perdu au moins 1,27 milliard de dollars (1,12 milliard d'euros) au premier semestre 2016, et ce, sans compter les impôts, charges financières, dépréciation et amortissement.

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