par Elisabeth Studer

Trump empêche la Californie de décider de sa pollution

C'est la guerre ! Donald Trump a annoncé mercredi dans un tweet que son administration révoquait le pouvoir accordé à la Californie de fixer ses propres normes de pollution automobile. Lesquelles s'avèrent être plus contraignantes que dans le reste des Etats-Unis.

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Révocation de l'exemption de la Californie

"L'administration Trump révoque l'exemption fédérale de la Californie sur les émissions afin de produire des voitures bien moins chères pour les consommateurs, tout en améliorant sensiblement la sûreté des véhicules", a tweeté Donald Trump. Une révocation prononcée de manière tonitruante alors même que le Président républicain visite cet Etat dirigé par ses adversaires démocrates.

Donald Trump relance ainsi une guerre avec les élus de Californie, lesquels militent au tout premier rang contre les effets du changement climatique. L'Etat a ainsi contesté de manière quasi systématique en justice les mesures prises par le Président. Rappelons que ce climato-sceptique a retiré dès 2017 les États-Unis de l’accord de Paris. Leur conflit pourrait même aboutir à la Cour suprême. L'Agence de protection de l'Environnement (EPA) doit toutefois formellement publié un texte détaillant la révocation.

Grand sommet climatique à New-York

Le calendrier est loin d'avoir été choisi au hasard. L'ONU organise à partir de samedi prochain un grand sommet climatique à New York. La veille, des "grèves pour le climat" seront organisées par des jeunes dans des centaines de villes à travers le monde.

La Californie en guerre ouverte

Dès mardi, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, avait anticipé l'annonce qualifiée de "vendetta politique". Indiquant que son Etat n'attendrait jamais « la permission de Washington » pour « protéger la santé et la sécurité des enfants et des familles".

Il a par ailleurs tenu à rappeler que la dérogation dont son État bénéficie dans le domaine des émissions automobiles polluantes lui a été accordée en vertu d’une loi sur la qualité de l’air.

Le procureur général de Californie, Xavier Becerra, également démocrate, estime pour sa part que les normes actuellement en vigueur dans l'Etat sont viables et bénéfiques.

"Il est temps d'enlever vos oeillères, président Trump, et de reconnaître que la seule personne qui se mette en travers du progrès, c'est vous", a-t-il déclaré en réaction au tweet du Président US.

Selon lui, le gouvernement n'a "aucune raison et aucune autorité" pour retirer ses prérogatives à la Californie.

«Nous ne pouvons pas nous permettre de revenir en arrière dans notre combat contre le changement climatique», a martelé Xavier Becerra. Photo datée de 1958 à l’appui, il a ajouté sur Twitter que « la Californie a commencé à réglementer son air, car la pollution était si importante que certaines personnes portaient des masques à gaz à l’extérieur ».

Détricotage des mesures adoptées sous Obama

Le gouvernement Trump avait d'ores et déjà laissé entendre qu'il n'accepterait plus que la Californie fixe des normes automobiles plus strictes que le standard fédéral. Et ce d'autant plus, que l'EPA a engagé la procédure d'annulation des normes plus strictes adoptées sous Barack Obama fixant les règles jusqu'à 2025.

Les normes plus strictes susceptibles de se généraliser dans tout le pays ?

La dérogation accordée à la Californie risquait de créer deux normes pour le marché américain : l'une pour la Californie et les 13 autres Etats en accord avec elle, et une autre pour le reste des Etats-Unis. Néanmoins, les constructeurs ne pouvant prendre le risque de voir leurs modèles retoqués sur le marché des 14 Etats dotés d'une réglementation plus stricte, les normes les plus sévères pourraient rapidement prendre l'avantage.

En juillet dernier, la Californie a établi un accord de principe avec les constructeurs Ford, Honda, Volkswagen et BMW en vue d'adopter des normes uniques. Le sang de Donald Trump n'a alors fait qu'un tour. Le Président US a alors attaqué l'entente, son administration lançant une enquête en parallèle.

"Nous soutenons le fédéralisme et le rôle des Etats, mais le fédéralisme ne veut pas dire qu'un Etat peut imposer des normes à tout le pays", a déclaré l'administrateur de l'EPA, Andrew Wheeler, mardi lors d'un discours devant la fédération des concessionnaires automobiles.

Les arguments économiques de Trump retoqués par la Californie

Le gouverneur de Californie a battu en brèche les arguments de Donald Trump selon lesquels la mesure allait non seulement bénéficier aux consommateurs, mais aussi aux constructeurs et à l’économie américaine en général.

«Vos normes vont coûter aux consommateurs 400 millions de dollars. Aboutir à la combustion et au rejet dans l’air de 1,2 milliard de litres de pétrole supplémentaires. Et nuire à la capacité des entreprises automobiles à être compétitive sur les marchés mondiaux. C’est mauvais pour notre air. Mauvais pour notre santé. Mauvais pour notre économie  », a critiqué le responsable démocrate.

L'avis de Leblogauto.com

Trump semble vouloir prendre ainsi la défense des constructeurs … Mais agit-il réellement au final en leur faveur ? Le risque ? Que les groupes automobiles US commercialisent des véhicules ne répondant pas aux normes en vigueur sur d'autres continents. Ou les limites de l'America first ….

Sources : AFP, Journal de Montréal

Pour résumer

C'est la guerre ! Donald Trump a annoncé mercredi dans un tweet que son administration révoquait le pouvoir accordé à la Californie de fixer ses propres normes de pollution automobile. Lesquelles s'avèrent être plus contraignantes que dans le reste des Etats-Unis.

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