par Thibaut Emme

Les radars avec chauffeurs privés peu performants

Difficile de savoir si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle. Selon La Presse de la Manche, les voitures-radars conduites par des entreprises privées n'ont pas flashés autant qu'attendu.

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Difficile de savoir si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle. Selon La Presse de la Manche, les voitures-radars conduites par des entreprises privées n'ont pas flashés autant qu'attendu.

La Manche a été un territoire pilote en ce qui concerne les voitures radars opérées par des sociétés privées. Pour rappel, un contrat passé entre l'état et une société privée permet à des salariés de conduire les voitures radars sur des tronçons prédéfinis par le Préfet en collaboration avec les forces de l'ordre, à des horaires précis. Les salariés privés n'ont pas accès au radar, et ne décident donc pas de la zone contrôlée.

Après un an, le bilan est donc contrasté. Le Préfet de la Manche confirme que les voitures "ont relevé moins de 10 infractions par jour dans le département, soit 1760 infractions en six mois". Si les voitures ont eu des pics, elles ont très vite connu un "coup de mou" avec 258 flashs en mars par exemple. Dans le même temps, les excès de vitesse sont en forte hausse dans le département (+54%) depuis le début de 2019.

Les voitures radars sont toujours en phase de déploiement dans le reste de la France. L'état commence à y regarder à deux fois. Si la tendance des excès de vitesse était à la baisse, cela ne serait pas trop anormal que ce soit pareil avec les voitures "flasheuses". Mais, là. Il y a visiblement un "loup". Les conducteurs repèrent-ils ces voitures ? La marge de tolérance plus élevées (10 km/h en-dessous de 100 km/h, 10% au-delà) et la nécessité d'avoir un différentiel de vitesse de 20 km/h joue vraisemblablement sur le bilan. Les axes choisis également. En se positionnant surtout sur des routes 2x2 principalement, on ne voit pas les excès des routes secondaires, celles à 80 km/h.

Une généralisation plus lente que prévu

Les 26 premières voitures radars de la Manche sont des "tests", coûteux. En effet, outre les voitures, il faut régler la société Mobiom. Chaque véhicule revient à environ 120 000 euros par an. Selon Le Parisien, il faudrait que les 26 véhicules relèvent "260 infractions relevées chaque jour pour rembourser les 3,1 M€ investis pour les vingt-six premiers véhicules mis en circulation".

Le déploiement des voitures radars est plus lent que prévu. Il faut dire que les voitures ont dû être adaptées. En effet, une voiture radar opérée par des gendarmes ou policiers est réglée par eux-mêmes. Là, il faut lire les panneaux de limitation, corréler avec le GPS pour que la limitation s'adapte en temps réel. Une difficulté supplémentaire qui ralentit la généralisation.

L'objectif affiché est toujours le même, faire que ces véhicules qui ne roulaient en moyenne pas 1 heure par jour - lorsque conduites par des forces de l'ordre - tournent beaucoup plus. Le but officiel est également de traquer les grands excès de vitesse. C'est pour cela que, contrairement aux possibilités techniques, les véhicules roulent à la vitesse limite ou presque et prennent donc prioritairement les excès supérieurs à 20 km/h.

Un radar doit-il être rentable ?

Voir des radars - en ordre de fonctionnement - qui flashent peu est à la fois réjouissant, mais, aussi un peu synonyme de perte d'argent pour l'état. Le Préfet de la Manche continue de miser sur les voitures radars et va sans doute tirer des leçons des variations importantes du nombre de PV sur les derniers mois pour adapter les trajets aux plus "flasheurs".

Les voitures radars ont aussi une part d'ombre concernant les juteux marchés public-privé signés avec différentes sociétés selon les départements ou les régions. Il y a un an, l'association Anticor déposait plainte pour favoritisme concernant plusieurs contrats passés selon elle sans appel d'offre. Si on rajoute à cela les atermoiements qui ont déjà duré plusieurs années sur la légalité ou non des voitures, et des contrats passés avec le privé, on se dit que finalement on aurait pu mettre cette énergie et ce budget dans des contrôles ciblés (alcool, stupéfiants, clignotants, feux rouges, ceintures, etc.).

Pour résumer

Difficile de savoir si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle. Selon La Presse de la Manche, les voitures-radars conduites par des entreprises privées n'ont pas flashés autant qu'attendu.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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