par Nicolas Anderbegani

La Gendarmerie va rouler de nouveau en Alpine !

Après le rallye, la F1 et l'Endurance, la Gendarmerie ! Bon, trêve de plaisanterie, la bombe sportive tricolore équipe de nouveau les forces de l'ordre, renouant avec une vieille tradition.

Zapping Le Blogauto Essai Alpine A110

100% Bleu

La Gendarmerie l'a confirmé aujourd'hui via un communiqué officiel du ministère de l'Intérieur. A l'issue d'une mise en concurrence initiée en juin 2021, 26 Alpine A110 Pure seront acquises en guise de véhicules rapides d'intervention pour la Gendarmerie nationale. Ces véhicules permettront aux forces de l'ordre de procéder à des interventions sur autoroute, impliquant des voitures en infraction à haute vitesse, dans le cadre de missions de sécurité routière ou de police judiciaire (trafic de stupéfiants par exemple). Deux d'entre eux seront dédiés à la formation en intervention rapide. Ces véhicules seront montés et assemblés à Dieppe (Seine-Maritime) puis équipés par la société Durisotti.

Le modèle Pure, considéré comme la version la plus fidèle à l'esprit de la Berlinette, est équipé du 4 cylindres 1.8 Turbo de 252 chevaux et délivre 320 Nm de couple. Par comparaison, la Mégane 3 RS développait 290 chevaux, tout comme la Leon Cupra mais leur poids supérieur ne leur permet pas de faire "mieux" que 5"9 au 0 à 100 Km/h, contre 4"5 à l'Alpine.

Adios Seat

L'an passé, la Gendarmerie avait annoncé un contrat avec Seat pour s'équiper en Leon Cupra, destinées à remplacer le parc des Mégane 3 RS. Mais après une première livraison de 17 modèles, le contrat avec Seat s'est arrêté, officiellement en raison des émissions polluantes trop élevées de la berline espagnole et de la volonté de s'orienter vers un choix plus propre, officieusement car les hauts reponsables de la Gendarmerie Nationale n'auraient pas apprécié que le choix se porte sur une marque étrangère. Le choix de la Subaru Impreza avait déjà en son temps causé quelques remous mais le contrat était allé à son terme, d'autant plus que les constructeurs français ne proposaient pas forcément à cette époque de modèles capables de performances de ce genre.

De plus, l'Alpine A110 ne tenait pas forcément la corde, en raison non seulement de son coût (plus de 60.000 euros contre 35.000 à la Leon Cupra) mais aussi de sa petite taille et habitabilité, pas forcément adaptée aux besoins de la BRI. Les rumeurs avaient ainsi mis en avant l'éventualité d'une Peugeot 508 PSE, d'autant qu'en Octobre 2020, le général de gendarmerie Christian Rodriguez avait évoqué la possibilité de s'orienter vers un parc hybride. Cette option a peut-être été écartée pour s'éviter une contrainte technique peu souhaitable dans le cadre des missions concernées. Mais il faut dire qu'en ces temps de campagne où la question de la réindustrialisation et de la souveraineté s'invite avec force dans les débats, un choix français est politiquement plus correct. Peu importe, la belle bleue a finalement remporté le verdict !

Alpine et la Gendarmerie, une longue histoire

Avec ce choix, la Gendarmerie renoue aussi avec une tradition historique qui remonte aux origines des BRI.

Dans les années 1960, les autoroutes fleurissent sur le sol national et, en l'absence de limitations de vitesse, c'est parfois du Fast and Furious version yéyés. Afin de juguler ce phénomène, alors que la mortalité routière atteint des chiffres vertigineux (pic de 16545 morts en 1972), la Gendarmerie doit s'équiper de véhicules aptes à contrecarrer les "fous du volant". En 1966, le Peloton de Gendarmerie d’Autoroute (PGA) de Nemours teste la Matra Djet, équipée du moteur 1300 cm3 de la Renault 8 Gordini, et l’Alpine A110, alors propulsée par le moteur 1470 cm3 de la Renault 16. Les gendarmes montrent vite une préférence pour la Berlinette, louée pour sa vivacité et son agilité. Les résultats en WRC en attesteront quelques années plus tard ! Dès 1967, chacune des BRI est ainsi dotée au moins d'une A110, dans sa robe « Bleu Alpine Métal ». À partir de 1971, les Berlinette passent au nouveau bloc 1600 cm3 avec les livrées en « Bleu moyen », couleur officiellement adoptée par la Gendarmerie en 1969.

La petite Berlinette, plus efficace sur les routes sinueuses comme en atteste son fabuleux palmarès rallye, montra ses limites sur autoroute, contrairement aux Citroën DS21 et SM mieux taillées pour les voies rapides. En 1974, les BRI la remplacèrent par la petite dernière de la famille Alpine, l’A310, qui débuta sa carrière toujours avec un moteur à 4 cylindres emprunté à la Renault 16 TS. Cette A310 était reconnaissable à ses 6 phares logés sous une verrière profilée. Plus civilisée et confortable que son aînée, la nouvelle GT aux lignes tendues dispose de 128 ch.

En 1974, ce sont cinq exemplaires qui intègrent la BRI de la gendarmerie nationale puis à partir de 1976, l’Alpine A310 adopte le moteur V6 PRV, un bloc cubant 2,7 litres conçu par le partenariat Peugeot, Renault, Volvo. La puissance grimpe à 150 ch et l’auto gagne encore en polyvalence. La gendarmerie nationale ne tarde pas à faire l’acquisition de ces Alpine A310 V6. Le modèle remplace celui à 4 cylindres dans les rangs de la BRI dès 1977. Avec sa vitesse de pointe de 226 km/h, l’auto permet aux forces de l’ordre de lutter à armes égales avec des contrevenants circulant à bord de grosses cylindrées venues d’outre-Rhin. L'A310 sert jusqu'en 1987, détenant ainsi le record de longévité. Entre temps, en 1986, la Gendarmerie testa huit exemplaires de l’Alpine GTA, dévoilée au public un an plus tôt par Renault. Mais l’héritière de l’A310, victime de sa tenue de route perfectible, n’intégra finalement pas la flotte des BRI.

Cela faisait donc 34 ans que la Gendarmerie n'avait plus utilisé de berlines sportives du A flêché. Un beau retour aux sources, dont nous avions rêvé quelques années plus tôt !

Pour résumer

Après le rallye, la F1 et l'Endurance, la Gendarmerie ! Bon, trêve de plaisanterie, la bombe sportive tricolore équipe de nouveau les forces de l'ordre, renouant avec une vieille tradition.

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