par Elisabeth Studer

No deal : BMW répercutera le coût du Brexit sur ses tarifs

Le groupe BMW répercutera le coût du Brexit sur le tarifs de ses différentes marques en l'absence d'accord. Le directeur financier du constructeur allemand a en effet indiqué mercredi que les prix des véhicules BMW et Mini vendues au Royaume-Uni et dans l'UE augmenteront si aucun accord commercial n'est trouvé pour la relation post-Brexit.

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Taxes douanières de 10 % : un coût de plusieurs centaines de millions d'euros pour BMW

S'exprimant dans le cadre d'une conférence téléphonique, Nicolas Peter, le directeur financier de BMW a argumenté ses propos en indiquant que la mise en place de taxes douanières de 10% sur la vente de ses véhicules coûteraient au constructeur plusieurs centaines de millions d'euros. Une somme qualifiée de "considérable" par le dirigeant.

Pour lui, "la seule option pour en compenser une partie est une augmentation des prix" a-t-il conclu.

Exportations vers et depuis le Royaume-Uni

A l'heure actuelle, le groupe allemand produit dans l'Union européenne des véhicules de la marque BMW, dont une importante partie est exportée vers le Royaume-Uni, lequel constitue son quatrième marché.

En parallèle, près de la moitié des Mini assemblés outre-Manche en 2019 avaient été vendus à des clients européens.

BMW garde toujours l'espoir d'un accord

"Les Minis en Europe et les BMW au Royaume-Uni deviendront plus chères" a conclut Nicolas Peter.

Conscient que cette hausse de prix puisse entraîner une baisse des ventes, le directeur financier espère toujours qu'une solution raisonnable soit trouvée. Selon lui, un accord tardif, même après Noël, ne poserait pas de problème logistique au constructeur allemand.

Dans tous les cas, "nous pouvons adapter nos systèmes immédiatement" à l'issue des pourparlers, a-t-il même tenu à préciser. Ajoutant que les plans étaient dans « le tiroir. »

Le Brexit : un casse-tête pour le secteur automobile britannique

Alors que Honda a été contraint la semaine dernière d'annoncer une pause dans la production de son usine britannique de Swindon par manque de pièces détachées, bloquées par l'encombrement de plusieurs ports britanniques, BMW indique de son côté que "le point critique pour la logistique" est la Manche.

Nicolas Peter s'attend toutefois à une stabilisation rapide des flux logistiques, après éventuellement "quelques semaines" de turbulences.

Alors que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré mercredi que les jours à venir seraient décisifs dans les négociations tendues entre Bruxelles et Londres, BMW se dit préparé à toute éventualité et "ne prévoit pas d'interruption" de la production début janvier grâce à des stocks supplémentaires.

La Mini transférée aux Pays-Bas en cas de hard Brexit ?

Reste que BMW pourrait avoir un plan B dans ses tiroirs.

En août 2019, BMW avait ainsi indiqué qu'en absence d’accord sur les modalités de sortie du pays de l’Union européenne, le constructeur allemand pourrait transférer un nouveau pan de la production de son usine d’Oxford, où il assemble à l’heure actuelle des Mini vers les Pays-Bas.

Le président du directoire de BMW, Harald Krüger avait ainsi déclaré que des transferts de production de l’usine d’Oxford vers d’autres unités de production, notamment au Pays-Bas étaient envisagés. Affirmant que le constructeur était très « flexible », le dirigeant avait déclaré que BMW pourrait « ajuster les volumes à Oxford et à Nedcar, aux Pays-Bas. »

Une déclaration faite lors d’une conférence téléphonique avec des analystes, après la publication des résultats trimestriels du groupe.

L’hypothèse Pays-Bas envisagée depuis plusieurs mois pour la Mini

En octobre 2018, en marge du Paris Auto Show, Harald Krüger, alors PDG du groupe BMW, avait déclaré qu’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord obligerait le groupe allemand à accroître la production dans l’usine néerlandaise de VDL Nedcar.

« J’ai dit à la Première ministre britannique Theresa May et à l’Union européenne que s’il y avait un Brexit sans accord, les deux côtés seraient perdants. Nous ne respecterons plus les accords commerciaux et nous serons obligés de construire la Mini aux Pays-Bas », avait alors indiqué Harald Krüger.

Si BMW produit actuellement la plupart de ses véhicules Mini dans l’usine de Cowley, près d’Oxford, une grande partie des composants sont en revanche importés des usines allemandes de BMW. Une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord aurait un impact sérieux.

VDL Nedcar, base d’exportation de BMW pour les Mini

BMW a également pris depuis quelques mois d’autres mesures moins médiatisées. Le constructeur allemand a ainsi commencé à faire de VDL Nedcar, sa base d’exportation pour les Mini. L’usine néerlandaise produit les Mini 3 portes et décapotables ainsi que le Countryman. La production de Mini croît régulièrement et les effectifs avec. Ceux-ci sont passés de 4 500 en 2017 à 7 200 en 2018. Tandis que les effectifs de l’usine de Cowley restaient stables.

À la question de savoir si un hard Brexit  ferait des Pays-Bas le principal centre de production de Mini pour les marchés de l’Union européenne, M. Krüger avait répondu par l’affirmative.

Notre avis, par leblogauto.com

BMW cherche avant tout à maintenir sa rentabilité. Brandissant le bâton d'une hausse des prix pour le consommateur, il pourrait préparer le terrain d'une annonce de transfert de production et d'emploi en mettant les clients de son côté.

Car l’emploi britannique pourrait être sérieusement menacé, alors que BMW emploie un peu plus de 4.500 personnes à Oxford.

Rappelons également qu’en raison des incertitudes liées à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, en juillet 2019, BMW avait annoncé avoir déplacé hors du territoire britannique une partie de sa production de moteurs.

L’usine britannique BMW de Hams Hall ne produit plus désormais de moteurs destinés à l’Afrique du Sud, ce qui constitue évidemment une mauvaise nouvelle pour le Royaume-Uni, avait alors reconnu lui-même le directeur de la production de BMW.

Sources : AFP, BMW, Reuters

Pour résumer

Le groupe BMW répercutera le coût du Brexit sur le tarifs de ses différentes marques en l'absence d'accord. Le directeur financier du constructeur allemand a en effet indiqué mercredi que les prix des véhicules BMW et Mini vendues au Royaume-Uni et dans l'UE augmenteront si aucun accord commercial n'est trouvé pour la relation post-Brexit.

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