par Thibaut Emme

360 millions d'euros dus aux dégradations des radars

Depuis le début du mouvement dit "des gilets jaunes" en novembre 2018, la Sécurité Routière chiffre à 60 millions d'euros la facture des dégradations. A cela, il faut ajouter 300 millions d'euros de contraventions non réalisées.

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Selon le Ministre de l'Intérieur, "au plus fort de la crise, 75 % du parc a été endommagé." Ces dégradations (terme qui inclue à la fois la peinture, le bâchage, mais aussi le feu ou autre destruction) ont été très importantes et ont amené à la destruction physique de près de 1000 radars automatiques (soit pas loin de 25% du parc).

Pour les réparations, l'Etat a dépensé 60 millions d'euros. A noter que certains des "radars tourelles", soit disant plus résistants et difficiles à détruire, n'ont pas tenus une semaine. Nombre des poteaux sur lesquels ils sont installés ont été sciés, abattus avec un engin de chantier ou simplement incendiés jusqu'à tomber.

Mais, selon la Sécurité Routière, aux 60 millions d'euros des dégradations doivent être rajouté le manque à gagner des contraventions non réalisées, faute de radars. Sur ce point, c'est plus discutable. En effet, la SR n'indique pas si ce sont par exemple des infractions mesurées par le radar mais sans photo (radar bâché, tagué, etc.) ou si c'est une extrapolation par rapport aux chiffres de l'année passée. 300 millions d'euros tout de même.

Les nouveaux radars tourelles "invincibles" aussi touchés

Quoi qu'il en soit, la SR parle de manque à gagner. Une présentation financière qui ne manquera pas de relancer le débat entre outils de sécurité routière et "machines à cash" pour l'Etat. Selon le Progrès de l'Ain, les radars auraient rapporté 20% de plus en 2018 qu'en 2017. Le passage aux 80 km/h étant sans doute pour quelque chose dans cette hausse.

400 radars tourelles doivent être installés d'ici la fin de l'année 2019. Sur ces 400 installations, certaines seront des cabines vides (ou radars leurres). Il est prévu environ 1 radar actif sur 6. Les radars actifs devraient "tourner" entre différentes cabines pour toujours maintenir l'incertitude sur la présence ou non (et donc la verbalisation ou non).

Les peines encourues pour une dégradation de radar ont 3 niveaux. La "simple" dégradation (peinture, sac poubelle, carton, etc.) peut valoir aux auteurs jusqu'à 3 750 euros d'amende et d'une peine de travail d'intérêt général. C'est le "tarif" prévu par le code pénal (article 322-1) sur la destruction, la dégradation ou la détérioration d'un bien appartenant à autrui (radar ou bien privé).

Si les dégradations sont considérées comme graves, la sanction peut grimper à 30 000 euros d'amende et 2 ans d'emprisonnement. Si les dégradations ont été commises à plusieurs l'addition passe au maximum à 75 000 euros d'amende (en plus des frais de réparation évidemment) et jusqu'à 5 ans de prison.

Illustration : Idemia

Pour résumer

Depuis le début du mouvement dit "des gilets jaunes" en novembre 2018, la Sécurité Routière chiffre à 60 millions d'euros la facture des dégradations. A cela, il faut ajouter 300 millions d'euros de contraventions non réalisées.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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