par Thibaut Emme

35% des piétons adoptent des comportements dangereux

D'après un sondage OpinionWay, pour l'assureur MMA, 35% des piétons adopteraient des comportements dangereux sur la chaussée.

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C'est Le Parisien de ce lundi 8 novembre qui publie l'étude. Les distractions pour les piétons sont de plus en plus nombreuses avec les smartphones, les écouteurs, avec séries, podcast, appels visio, etc. Résultat, ils sont nombreux à traverser en dehors des passages protégés, au feu rouge, en regardant leur téléphone, etc.

Pour rappel, l'an dernier selon les chiffres de l'ONISR, 391 piétons ont été tués sur la route. En 2019, ils étaient 483 et 485 en 2018. 480 tués par an, c'est plus de 9 décès par semaine en moyenne. Les piétons représentent 15% (en 2019) de la mortalité routière en France.

Pour son étude, OpinionWay a travaillé dans cinq grandes agglomérations de Métropole : Lille, Lyon, Montpellier, Nantes et Paris. 2 173 traversées de piétons (1 ou plusieurs en même temps) ont été observées à des passages piétons sélectionnés car ayant déjà eu par le passé au moins un accident piéton.

Les jeunes hommes, plus "casse-cou" que les autres

Si 29% utilisent leur téléphone en traversant, 14% seulement ont un casque ou des écouteurs qui les "isolent" de l'extérieur. En revanche, ils sont 30% à traverser en dehors des passages dits protégés, et surtout 61% à traverser au "bonhomme rouge". Paris et Lyon arrivent premières des traversées "à risques" avec 38%. Puis, viennent Montpellier (34%), Nantes (33%) et Lille (22%).

Dans le profil, il ressort que les hommes adoptent plus souvent que les femmes un comportement "à risque" (58% sont des hommes) et que ce sont souvent des personnes jeunes (55% ont moins de 30 ans). Ces comportements se rencontrent plus fréquemment en fin d'après-midi avec 50% des comportements relevés entre 16 et 18 heures. En fait, ce sont, sans surprise, aux heures "de pointe" : 34 % entre 8 heures et 10 heures et 27% entre 12 heures et 14 heures.

MMA, l'assureur commanditaire du sondage, explique à travers la voix de Cécile Lechère, en charge de la prévention des risques routiers : "A Paris, par exemple, sur les 45 décès de 2020, 15 étaient des piétons. C'est l'un des modes de déplacement où nous sommes les plus vulnérables, car aucune carrosserie ne nous protège".

Avec les différentes mobilités alternatives qui envahissent les villes (tram, trottinettes, vélo, etc.) les piétons se retrouvent dans une vraie "jungle urbaine". "Etre piéton n'est plus aussi simple qu'avant" conclue-t-elle.

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Qu'est-ce que le "victim blaming" ? C'est un terme anglosaxon pour désigner l'attitude qui consiste à faire de la victime la responsable d'un acte ou d'un accident. Ici, il semble que MMA fasse exactement cela en pointant du doigt les usagers les plus vulnérables. Surtout que, l'étude ne semble pas indiquer si les traversées au "piéton rouge" étaient réellement à risque, ou s'il n'y avait aucune voiture à l'horizon. Idem avec les traversées "en dehors des clous" (*).

Ce n'est pas la première étude qui demande aux victimes de faire attention. Evidemment, traverser avec la plus grande prudence est primordial. Mais il faut également regarder en termes d'accidents, les responsabilités dans les collisions entre un piéton et un autre usager. Pour rappel, 2/3 des piétons tués le sont en agglomération, mais 1/3 l'est en dehors des agglomérations et donc des considération de cette "étude".

Cette étude oublie aussi totalement le fait que selon les données officielles d'accidents (et le bilan de l'ONISR), les piétons ne sont qu'à 24% responsables dans les accidents qui les concernent. Les motards ou les automobilistes le sont dans plus de 70% des cas. On demande donc bien aux victimes de faire attention pour les autres.

D'ailleurs, "l'étude" tend à montrer que les hommes de moins de 30 ans prendraient plus de risques que les autres. Or, dans les constats de piétons tués, en agglomération, ce sont surtout les 55 ans et plus qui représentent la quasi-totalité des tués.

Notes

(*) pour rappel, s'il existe un passage piéton à moins de 50 m de là où vous vous trouvez, vous devez l'emprunter en tant que piéton. Sinon, vous êtes libre de traverser sans passage protégé, tout en ayant la priorité.

Pour résumer

D'après un sondage OpinionWay, pour l'assureur MMA, 35% des piétons adopteraient des comportements dangereux sur la chaussée.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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