par Nicolas Anderbegani
Un avenir en pointillés pour le légendaire championnat allemand

Le DTM est repris par l'ADAC

L'annonce, par les médias allemands, de la dissolution de l'ITR, le promoteur historique qui a supervisé le légendaire championnat DTM, n'était évidemment pas bon signe. Le DTM change de mains mais rien ne garantit qu'il survive...

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Aujourd'hui, le DTM est officiellement repris par l'ADAC, la grande association automobile allemande. Sauf que l'ADAC préside aux destinées de l'ADAC GT Masters, un championnat GT très réputé et de très haut niveau Outre-Rhin. En ayant adopté la catégorie GT3 à partir de 2021, et malgré un positionnement plus international, le DTM apparaît comme un doublon et il est fort probable que le DTM disparaisse purement et simplement, en fusionnant, ou plutôt en étant absorbé.

De charybde en Scylla

Emblème du tourisme à l'allemande, le DTM a connu la gloire dans les années 80-90, avant de disparaître une première fois en 1996 après avoir eu la folie des grandeurs via le championnat ITC. Ressuscité en 2000 en revenant aux fondamentaux, le DTM a tenté un rapprochement avec le Super GT japonais, qui est resté lettre morte, tandis que l'évolution vers l'hybride voire l'électrique ne s'est pas enclenchée. Le DTM est passé à la règlementation Classe One en 2019 avec des bolides impressionants et le turbo, mais le retrait de Mercedes puis d'Audi fin 2020 ont précipité la chute du championnat.

Le passage au GT3 a permis au DTM de poursuivre son aventure, mais les coûts se sont révélés trop élevés par rapport au retour sur investissement, d'autant plus que la catégorie GT est déjà saturée d'offre de championnats avec le Blancpain, le GT Challenge et les grands championnats nationaux comme l'ADAC Masters. Les quelques particularités de la formule DTM n'ont pas rencontré leur public. Il semblerait aussi que l'ITR ait, une nouvelle fois, pêché par orgueil en voulant supplanter le GT masters.

Gerhard Berger, qui a dirigé l'ITR et le DTM ces dernières années, va donc passer la main, alors qu'il est préssenti pour intégrer le projet Audi F1 comme consultant.« Ainsi, nous posons maintenant les bases d’un avenir à long terme pour le sport automobile dans le monde germanophone, explique le patron du DTM Gerhard Berger. Pour l’immense communauté de fans du DTM, c’est une bonne nouvelle. »

« J’ai décidé de transférer la marque DTM à l’ADAC.Je suis fermement convaincu que la marque est entre de bonnes mains avec l’ADAC : le savoir-faire nécessaire y est disponible afin d’offrir à tous les fans de sport automobile une expérience unique à l’avenir. Grâce à la longue expérience, aux structures établies et à l’engagement de l’association en faveur du sport automobile, l’ADAC est non seulement en mesure de créer les meilleures synergies possibles, mais aussi de développer le DTM de manière cohérente. Ainsi, les meilleures conditions préalables sont réunies pour que nous puissions continuer à assister à un sport automobile réussi au plus haut niveau pendant de nombreuses années encore. »

Un DTM nouvelle formule, ou une disparition ?

Le DTM va-t-il mourir ? Le nom reste porteur, pour les dans, et les dirigeants de l'ADAC se montrent rassurants : "Aucune marque n'est aussi synonyme de sport automobile allemand que le DTM. Pour l'ADAC, il s'agit de préserver le DTM, car il fait partie intégrante de notre culture du sport automobile. Il jouit d'une excellente réputation, tant en Allemagne que sur la scène internationale du sport automobile. Sous l'égide de l'ADAC, le DTM entamera l'année prochaine un nouveau chapitre de sa longue histoire à succès." Reste à savoir quel sera le positionnement de ce nouveau-nouveau DTM, qui va donc subir sa 3ème mue en l'espace de 4 ans.

Plus globalement, ce nouveau coup de boutoir confirme aussi une tendance dans le sport automobile, avec un affaiblissement de la catégorie Tourisme. Le WTCR, pour d'autres raisons, tire le rideau cette année, faute de rentabilité et d'engagés. Les formules TCR fonctionnent dans beaucoup de pays, en raison d'un coût très maîtrisé, mais les plateaux n'ont absolument rien à voir avec les pelotons du superturismo, du BTCC et du DTM des années 90. L'Angleterre résiste encore avec son BTCC qui reste populaire, mais il s'est tout de même recroquevillé sur lui-même et n'a plus l'aura du passé, quand constructeurs et pilotes de pointe s'y bousculaient. La regression de la berline dans le marché automobile et les goûts des consommateurs n'y sont pas non plus pour rien...

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Pour résumer

Après la dissolution de l'ITR, son promoteur, le championnat DTM est repris en main par l'ADAC, grand ordonnateur de l'automobile et du sport automobile outre-Rhin. L'avenir reste incertain pour ce championnat qui a longtemps été une référence internationale.

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