par Elisabeth Studer

VE à 100 E : le gouvernement concocte son offre

Emmanuel Macron désormais réélu, quel sera le devenir de sa promesse de campagne de permettre aux Français les plus modestes d’acquérir une voiture électrique à 100 euros par mois ? A l’heure actuelle, les contours de la mesure restent encore floue. Elle pourrait impliquer la mise en place d’importantes subventions.

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Promesse de campagne de Macron :  des VE  à des prix abordables pour les plus modestes

"Nous déploierons une offre abordable de véhicules électriques (...) en mettant en place des mécanismes de leasing pour accompagner les ménages les plus modestes", avait promis le candidat Macron lors de son premier discours de campagne le 17 mars dernier.

Ce dispositif, d'abord proposé par la candidate socialiste  à la Présidentielle, Anne Hidalgo, devrait  s'ajouter à une longue liste  d'aides à l'achat. Lesquelles   ont fait exploser les ventes de voitures électriques. 

Ménages  les plus modestes :  les laissés pour compte des subventions actuelles

Reste que  les   diverses  formes de subventions mises en place  - atteignant jusqu'à 11 000 euros avec la prime à la casse, hors aides locales -   ont davantage  profité  aux personnes les plus aisées  et aux professionnels qu'aux ménages les plus modestes. A l’heure actuelle, le marché est dominé par les véhicules  Tesla et les Renault Zoé, des  modèles bien plus chers que leurs équivalents thermiques.

Garantir une  mobilité  à travers l’automobile

Désormais le gouvernement   souhaite  faire baisser les émissions de CO2  tout en garantissant  parallèlement  à tous une mobilité via l’automobile   jusque dans le coeur des métropoles, où les moteurs diesel seront bientôt interdits.

 Les ménages les plus modestes  pourraient ainsi ne pas être contraints   d’acquérir  de vieilles voitures d'occasion, tout en étant  prémunis de la flambée  des prix du carburant.

Des contours du « leasing social » à préciser

Les contours de ce "leasing social" doivent cependant être précisés.  En mars dernier, l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron avait expliqué que ce dispositif serait réservé aux professions socio-médicales, aux jeunes et au grand public sous conditions de ressources.

L’objectif serait de permettre   qu’au moins 100 000 véhicules électriques  par an soient proposés via ce type de leasing. Le tout  pour un coût estimé de 50 millions d'euros pour la première année du dispositif. Ce qui correspondrait à un montant   de 500 euros par véhicule.  Ce qui semble bien faible.

La mesure  insérée  dans une Loi de finances rectificative

Si le  calendrier de la mesure n'est pas encore connu,   elle devrait être insérée dans une Loi de finances rectificative, a expliqué mardi sur France 5 la nouvelle ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, en charge du dossier. "Il faudra un dispositif suffisamment robuste pour que les Français puissent en bénéficier tout de suite", a-t-elle souligné.

 Renault, Hyundai  et MG : offres « compatibles »

Des constructeurs comme Renault, Hyundai ou le constructeur chinois MG ont lancé récemment des offres de location longue durée qui pourraient cadrer avec cette mesure. Notamment si le premier loyer (l'apport) est garanti par la Caisse des dépôts "pour les couples qui gagnent le Smic ou un peu plus", tel que l'a précisé Emmanuel Macron fin avril.

Selon cette formule encore peu répandue en France chez les particuliers, un constructeur ou un loueur propose une voiture à un prix mensuel attractif et la récupère au bout de trois ou quatre ans pour la revendre, ajoutant  toutefois des pénalités si le  kilométrage est trop important  ou si le véhicule n’est pas en bon état.

La production de VE  devra suivre

Reste  cependant  à ce que la production puisse suivre  la demande,   alors que l'industrie automobile est fortement ralentie par des pénuries. Le  coût des batteries risque également de répercuter  la hausse des matières premières nécessaires à son élaboration.

Déploiement des bornes de recharges nécessaire

Le gouvernement devra parallèlement  accélérer le déploiement des bornes de recharge. "C'est un frein important pour les citadins qui n'ont pas de garage à leur disposition", souligne Fabien Neuvy, de l'Observatoire Cetelem de l'automobile. "Les gens modestes ont souvent été obligés de sortir des grands centres urbains pour se loger, et roulent beaucoup. L'autonomie, la peur de la panne sèche, sont des questions prégnantes"  a-t-il ajouté.

Pour résumer

Emmanuel Macron désormais élu, quel sera le devenir de sa promesse de campagne de permettre aux Français les plus modestes d’acquérir une voiture électrique à 100 euros par mois ? A l’heure actuelle, les contours de la mesure restent encore floue. Elle pourrait impliquer la mise en place d’importantes subventions.

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