par Elisabeth Studer

Valeo : concessions sans garanties sur l'emploi déplorent les syndicats

Alors que, confronté à la crise, Valeo demande désormais aux quelque 14.000 salariés français du groupe de faire des concessions sur leur rémunération et leur temps de travail, certains syndicats de l’équipementier automobile déplorent que la direction du groupe international, acteur majeur du secteur automobile en crise refuse d'apporter des garanties sur l'emploi. Le but officiel affiché par Valeo étant d’améliorer

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Alors que, confronté à la crise, Valeo demande désormais aux quelque 14.000 salariés français du groupe de faire des concessions sur leur rémunération et leur temps de travail, certains syndicats de l’équipementier automobile déplorent que la direction du groupe international, acteur majeur du secteur automobile en crise refuse d'apporter des garanties sur l'emploi. Le but officiel affiché par Valeo étant d’améliorer

la compétitivité des sites français. 

Absence de contreparties

Selon la CFE-CGC et la CGT, première et deuxième organisation syndicale chez Valeo, la direction de l’équipementier a en effet confirmé lors d'une troisième réunion de négociation qu'il n'y aurait pas de contreparties aux efforts réalisés par le personnel. Il est cependant clair dans tous les esprits que la motivation des salariés ne pourrait résulter que de l'assurance de la préservation de leur emploi.

Ces propos interviennent alors que depuis le début du mois de juillet, Valeo mène des discussions avec les syndicats de différents scénarios et mesures qui pourraient être mis en œuvre en vue d’améliorer la compétitivité de ses activités en France. Sous-entendu : au delà d'un seuil de compétitivité … et donc de rentabilité, certains sites pourraient être amenés à fermer …

Plusieurs accords en cours de négociations

Selon la CFE-CGC, l’équipementier cherche à négocier un accord de performance collective (APC), un accord de compétitivité et un accord sur l'épargne salariale.

Parmi les propositions faites en séance, figurent l'augmentation des forfaits jours de 215 à 218 jours travaillés par an, une baisse de 5% du salaire de base des ingénieurs et cadres, la réduction des primes de médailles du travail ou encore la diminution des subventions pour les activités du comité social et économique (CSE).

"La direction veut se laisser un mois pour réfléchir à toutes les pistes pour renforcer l'efficience de nos sites industriels et aux conséquences sur l'emploi d'une non signature des syndicats", affirme Pascal Phan, coordinateur de la CFE-CGC Valeo.

Selon lui, il y aura « forcément des départs contraints en l'absence de signature d'ici fin septembre".

Des résultats contre-performants pour Valeo : motifs pour une absence de compensations

"La direction du groupe s'est retranchée derrière l'annonce des résultats du premier semestre pour ne pas s'engager sur des mesures compensatoires", a déclaré pour sa part Patrice Caux, de la CGT.

Ce dernier estime néanmoins qu'un accord de performance collective ne peut être conclu sans mesures compensatoires. Pour lui, le plan mis en place ne doit pas aboutir à terme à un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi).

Valeo a publié mardi une perte nette de 1,21 milliard d'euros sur les six premiers mois de l'année. Le groupe a indiqué avoir supprimé sur cette période 12.000 postes dans le monde, dont "un peu moins de 2.000" en France. Il s'agit pour l'essentiel de la non reconduction de contrats d'intérimaires.

Réduction des coûts salariaux de 10 % … pour améliorer la compétitivité

En vue de faire face à l’impact de la crise sanitaire, Valeo « a fixé un objectif de réduction des coûts salariaux français de 10%, soit 100 millions d’euros » a indiqué début juillet la direction de l’équipementier dans un message adressé aux salariés.

« On fait face à une crise exceptionnelle liée au Covid-19 et à une baisse sans précédent du marché automobile qui touche l’ensemble des acteurs du secteur. Dans ce contexte, la direction de Valeo a fait part aux organisations syndicales de la nécessité de prendre des mesures permettant d’améliorer la compétitivité de ses activités en France », avait alors indiqué la direction.

Priorité au maintien de l'emploi selon Valeo

Quoi qu'il en soit, la direction de Valeo a tenu à rappeler mercredi aux aux partenaires sociaux que sa priorité était le maintien dans l'emploi.

Une quatrième réunion de négociation est programmée le 27 août prochain.

Début juillet, dans un message adressé aux salarié, le groupe avait indiqué souhaiter « ouvrir rapidement des négociations » avec pour « objectif clair » de contribuer à limiter et à prévenir les conséquences de la crise sur l’emploi ». tenant à ajouter que « Valeo n’a jamais oublié ses racines et son ancrage français ».

Signifiant alors à mots à peine voilés que l'heure n'était pas encore à la délocalisation mais au maintien de l’emploi dans l’Hexagone …. sous réserve que les salariés fassent « quelques concessions » sur leurs salaires et/ou leurs temps de travail, pour au final diminuer le coût du travail en France de telle sorte qu’il puisse y être encore rentable d’y mener une activité de production.

Sources : AFP, Syndicats Valeo

Pour résumer

Alors que, confronté à la crise, Valeo demande désormais aux quelque 14.000 salariés français du groupe de faire des concessions sur leur rémunération et leur temps de travail, certains syndicats de l’équipementier automobile déplorent que la direction du groupe international, acteur majeur du secteur automobile en crise refuse d'apporter des garanties sur l'emploi. Le but officiel affiché par Valeo étant d’améliorer

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