par Elisabeth Studer

Saudi Aramco: les objectifs de transition énergétique sont "irréalistes"

Les objectifs mondiaux en matière de transition énergétique sont basés sur des scénarios "irréalistes", estime le patron du géant pétrolier saoudien Aramco. Lequel appelle parallèlement à une accélération des investissements dans les combustibles fossiles pour tenter de faire face aux pénuries d'énergie.

Zapping Le Blogauto Essai Dacia Jogger

Exclure pétrole et gaz : un pari dangereux selon le DG d’'Aramco

"Lorsqu'on ostracise les investisseurs dans le pétrole et le gaz, qu'on démantèle les centrales à charbon et au fuel, qu'on échoue à diversifier ses sources d'énergie (...) qu'on s'oppose aux terminaux de GNL (gaz naturel liquéfié) et qu'on rejette le nucléaire, on a intérêt à avoir un bon plan de transition énergétique" a ironisé le DG d'Aramco, Amin Nasser, lors d'une conférence en Suisse. Or, la crise actuelle a montré que ce plan n'était qu'une "succession de châteaux de sable emportés par les vagues de la réalité. Et des milliards de personnes dans le monde subissent aujourd'hui les conséquences en matière d'accès à l'énergie et de coût de la vie, qui risquent d'être graves et de se prolonger", a ajouté le patron du plus grand producteur de brut au monde.

L’Opep résiste aux appels des Occidentaux l’exhortant à produire plus

Depuis le début de l'année, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), menée par l'Arabie saoudite, résiste aux appels des Occidentaux à pomper davantage de brut pour tenter de freiner la flambée des cours, arguant que ses capacités de production supplémentaires sont limitées. En août, le cartel pétrolier a au contraire décidé de baisser sa production pour faire face au risque de récession mondiale.

Des scénarios de transition énergétique irréalistes

Les origines de la crise énergétique sont plus profondes que la guerre en Ukraine, a martelé le patron d'Aramco, tout en critiquant les "scénarios irréalistes" sur lesquels sont basés les objectifs mondiaux de transition énergétique. Critiquant le bien-fondé des prévisions en terme de vitesse de déploiement des énergies renouvelables et de planning de passage aux véhicules électriques. "Nous ne disons pas que les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique doivent être modifiés", a-t-il précisé, mais les décideurs doivent "reconnaître qu'une offre abondante et abordable d'énergie conventionnelle est encore nécessaire sur le long terme". Aramco, qui est détenu essentiellement par l'Etat saoudien, a annoncé en août un bénéfice net record de 48,4 milliards de dollars au deuxième trimestre.

Notre avis, par leblogauto.com

Des appels de plus en plus nombreux à investir dans le secteur pétrolier se font jour depuis quelques temps.

En août dernier, le nouveau dirigeant de l’Opep avait affirmé qu’un manque d'investissement dans le secteur du pétrole et du gaz à la suite d'une chute des prix provoquée par le COVID-19 avait considérablement réduit la capacité de production inutilisée de l'OPEP et limité la capacité du groupe à réagir rapidement à de nouvelles perturbations potentielles de l'approvisionnement. Le cartel pétrolier existe pour garantir que le monde obtienne suffisamment de pétrole, mais "ce sera très difficile s'il n'y a pas d'adhésion à l'importance de l'investissement", avait-t-il déclaré, ajoutant qu'il espérait que "les investisseurs, les institutions financières, les décideurs prennent cette question au sérieux et les intègrent dans leurs plans pour l'avenir."

 

Les investissements dans le pétrole et le gaz ont augmenté de 10 % par rapport à l'année dernière, mais restent bien en deçà des niveaux de 2019, a déclaré l'Agence internationale de l'énergie en juillet dernier, ajoutant que la réduction en volume des exportations russes devait être comblée par une production émanant d’autres pays producteurs.

Le responsable de l'OPEP a également pointé du doigt le manque d'investissements dans le secteur en aval, ajoutant que les membres de l'OPEP avaient augmenté leur capacité de raffinage pour compenser le déclin de ce secteur en Europe et aux États-Unis. Et si via un discours à peine voilé, Arabie saoudite et Opep nous laissaient comprendre que faute d’investissements l’offre pourrait être à terme insuffisante pour « remplacer » le pétrole russe ?

 

Sources : AFP, Reuters

Pour résumer

Les objectifs mondiaux en matière de transition énergétique sont basés sur des scénarios "irréalistes", estime le patron du géant pétrolier saoudien Aramco. Lequel appelle parallèlement à une accélération des investissements dans les combustibles fossiles pour tenter de faire face aux pénuries d'énergie.

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