par Elisabeth Studer

Pétrole russe : les USA alignent leurs régles sur l’UE, à la plus grande joie des assureurs …

Les Etats-Unis vont continuer à autoriser les transactions liées aux achats d'énergie russe jusqu'en décembre, alors que l’exemption devait s’achever fin juin.
Motifs affichés : laisser le temps aux gouvernements européens de s’organiser de telle manière à réduire leurs importations de gaz et de pétrole russe, alors que l’Union européenne s’est au final mis d’accord pour décider de la mise en place d’un embargo progressif sur le brut en provenance de Russie.

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Les USA alignent leurs réglementations sur l’embargo de l’UE

Le département américain au Trésor "a renouvelé son autorisation pour les transactions liées à l'énergie afin d'aligner nos réglementations sur le calendrier de mise en oeuvre de l'interdiction du pétrole brut imposée par l'Union européenne", a indiqué une porte-parole du ministère.

Prolongation de l’exemption

L’exemption aux sanctions prises contre la Russie devait initialement expirer le 24 juin, mais est désormais prolongée jusqu'au 5 décembre 2022.

Cette prolongation "permettra une transition ordonnée pour aider notre large coalition de partenaires à réduire leur dépendance à l'égard de l'énergie russe alors que nous nous efforçons de restreindre les sources de revenus du Kremlin", a ajouté la porte-parole.

Exemptions pour les transactions pas pour les importations

Les importations de pétrole russe aux Etats-Unis, cependant, restent interdites. Il s’agit bien ainsi de transactions, à savoir des opérations financières, le plus souvent liées au dollar. Sous-entendu : majors pétrolières, établissements financiers et assureurs  vont pouvoir continuer à « manipuler » de somptueuses sommes ….

Embargo progressif de l’UE

Fin mai, dans le cadre de nouvelles sanctions prises à l'encontre de Moscou, suite au conflit en Ukraine, l'Union européenne a décidé d'un embargo progressif - avec des exceptions - sur ses importations de pétrole. Lequel devrait concerner les deux tiers des achats européens.

L'arrêt des importations de pétrole brut par voie maritime aura lieu dans les six mois qui suivent et celui des produits pétroliers dans les huit mois. L'approvisionnement par l'oléoduc Droujba peut en revanche continuer temporairement, sans qu’une date butoir n’ait été fixée. Le pipeline alimente notamment trois pays dépourvus d’accès à la mer : la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque et fortement dépendant des approvisionnements russes. Les tankers transportant du pétrole russe vers les pays tiers ne pourront plus être financés ni assurés par l’UE

Les tankers transportant du pétrole russe vers les pays tiers ne pourront plus être financés ni assurés d'ici six mois par les opérateurs européens, afin d'entraver une réorientation des exportations de Moscou.

La revente de produits pétroliers à partir du brut russe est également interdite dans les huit mois au sein de l'UE et vers les pays tiers.

Le gaz russe, dont l'UE est très dépendante, n'est pour l'instant pas concerné.

Notre avis, par leblogauto.com

Les assureurs, compagnies pétrolières et financières américaines obtiennent donc une prolongation … jusqu’au 5 décembre 2022 pour réaliser leurs transactions, au demeurant très juteuses …

Pas sure que cela soit uniquement pour permettre à l‘Union européenne de s’organiser …

En avril dernier, un article du Financial Times qualifiait la visite de Boris Johnson, le Premier ministre britannique, à Kiev, en vue de manifester sa solidarité avec Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, de « trucs accrocheurs et tapageurs ».

Ajoutant que si Johnson voulait soutenir l'Ukraine contre l'invasion de la Russie, il devrait effectuer une visite symbolique vers une destination plus proche : le siège de Lloyd's, le plus grand marché d'assurance au monde, dans la City de Londres ….

Jusqu'à présent, le secteur de l'assurance a attiré peu d'attention du public par rapport aux banques, en ce qui concerne les sanctions occidentales contre la Russie. Pas étonnant : la plupart des politiciens (et des électeurs) n'ont qu'une connaissance limitée du rôle complexe mais crucial du secteur dans la finance et le commerce, ajoutait encore le media.

Si le gouvernement britannique, avec ses homologues européens et américains, exigeait que les compagnies d'assurance cessent de protéger les pétroliers transportant du pétrole russe, ce serait une autre arme puissante dans les efforts occidentaux pour pressuriser Moscou indiquait encore le FT.

Constatant que les pétroliers transportent environ les trois quarts de toutes les exportations pétrolières russes, une façon pour l'Occident de réduire le flux de pétroliers serait d'interdire aux navires de l'UE de « toucher » au brut russe ajoutait-il.

Une autre tactique plus efficace qui toucherait les navires non européens serait que le gouvernement britannique empêche les syndicats Lloyds Marine et Aviation d'assurer les flottes qui transportent du pétrole russe ; et pour le Royaume-Uni, l'UE et les États-Unis d'interdire la fourniture d'assurance de biens et d'indemnisation.

Cela n'arrêterait pas tout le trafic, mais la plupart des États-nations ne traiteraient pas les flottes non assurées, et il serait difficile pour les groupes de transport de trouver rapidement une couverture alternative.

95 % de la flotte mondiale utilise une assurance P&I - assurance de protection et d'indemnisation, forme d'assurance maritime mutuelle fournie par des rassemblements de professionnels, appelé Clubs P&I et Londres fournit 80 % de la couverture de guerre a déclaré Neil Roberts, responsable de la marine et de l'aviation à la Lloyds Markets Association, aux politiciens britanniques en avril dernier.

Pour cette raison, il est temps que les dirigeants occidentaux comme Boris Johnson examinent attentivement ces armes d'assurance – même si les contrats Lloyds et P&I ne sont pas aussi télégéniques qu'un bain de foule avec Zelensky à Kyiv concluait le Financial Times.

Sources : AFP, Financial Times, Maritime-executive.com

 

Pour résumer

Les Etats-Unis vont continuer à autoriser les transactions liées aux achats d'énergie russe jusqu'en décembre, alors que l’exemption devait s’achever fin juin.
Motifs affichés : laisser le temps aux gouvernements européens de s’organiser de telle manière à réduire leurs importations de gaz et de pétrole russe, alors que l’Union européenne s’est au final mis d’accord pour décider de la mise en place d’un embargo progressif sur le brut en provenance de Russie.

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