par Elisabeth Studer

Embargo sur le pétrole russe : la Hongrie freine des 4 fers

La Hongrie bloque toujours à l’heure actuelle le projet de l’Union européenne de mettre en place un embargo sur le pétrole russe. L’objectif étant de ne pas fournir à Moscou de précieux subsides permettant de financer la guerre qu’il mène en Ukraine.
Selon plusieurs sources diplomatiques, les négociations se poursuivent âprement entre les 27 pays membres pour trouver un accord pendant le week-end.

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Réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE en l’absence d’accord

"Si aucun accord n'est trouvé ce week-end, je devrais convoquer une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE la semaine prochaine, après la journée de l'Europe", a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

La proposition porte atteinte à l’unité de l’UE affirme la Hongrie

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a quant à lui durci le ton, estimant que la proposition de la Commission européenne d'interdire les achats de pétrole et de produits pétroliers à la Russie d'ici la fin de 2022 portait "atteinte" à l'unité de l'UE. "Depuis le début, nous avons clairement signifié qu'il y avait une ligne rouge, à savoir l'embargo sur l'énergie. Ils ont franchi cette ligne", a-t-il dénoncé lors d'un entretien à la radio vendredi.

Des négociations compliquées

Les négociations menées au niveau des ambassadeurs des Etats membres vont être "compliquées", a par ailleurs estimé un diplomate. Et ce, d’autant plus que l’unanimité des 27 membres est requise pour pouvoir adopter des sanctions.

"La Hongrie a un problème et (les ambassadeurs) doivent le résoudre. Des clarifications techniques sont nécessaires, et cela prendra un certain temps. Cela va se poursuivre pendant le week-end pour le travail technique, pas politique", a expliqué un diplomate européen. "L'approche des Hongrois dans la salle est très différente de ce que vous entendez de la part d'Orban à Budapest", a-t-il souligné.

"Le problème avec les sanctions est que l'accord doit repasser par les capitales", a expliqué un autre diplomate.

L'objectif est une entrée en vigueur du sixième train de sanctions européennes pour la célébration de la 72e journée de l'Europe le 9 mai. Cette date est également célébrée en Russie comme le "jour de la Victoire" sur l'Allemagne nazie.

Dérogation accordée à la Hongrie et la Slovaquie

La proposition soumise mercredi aux Etats membres prévoit un arrêt progressif des importations de brut dans les six mois prochains, l’achat des produits raffinés devant quant à lui cesser d'ici à fin 2022. Une dérogation de douze mois - jusqu'à fin 2023 – est accordée à la Hongrie et à la Slovaquie, deux pays enclavés et dépendants des livraisons russes par l'oléoduc Droujba.

Un délai jugé insuffisant par la Hongrie et la Slovaquie, la République tchèque demandant pour sa part à en bénéficier.

Désormais, selon les sources, la date butoir a été fixée à fin 2024 dans la nouvelle version de la proposition discutée vendredi. La République tchèque se voit également accorder cette possibilité.

En 2021, la Russie a fourni 30% du brut et 15% des produits pétroliers achetés par l'UE. Les trois pays qui demandent une dérogation représentent "un faible pourcentage" des achats, a tenu à souligner la Commission.

Problème de manque d’accès maritime

"Les pays qui hésitent aujourd'hui ne sont pas encore prêts", a reconnu vendredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. "Ils n'ont pas d'accès à la mer et nous discutons avec eux pour trouver des solutions (...) afin qu'ils aient la garantie d'avoir une sécurité pour leurs approvisionnements avec suffisamment de pétrole livré", a-t-elle expliqué. "Je suis convaincue que nous adopterons ce paquet. Si cela prend un jour de plus, cela prendra un jour de plus", a-t-elle déclaré.

Sources : AFP

 

Pour résumer

La Hongrie bloque toujours à l’heure actuelle le projet de l’Union européenne de mettre en place un embargo sur le pétrole russe. Selon plusieurs sources diplomatiques, les négociations se poursuivent âprement entre les 27 pays membres pour trouver un accord pendant le week-end.
La proposition soumise aux Etats membres prévoit un arrêt progressif des importations de brut et de produits raffinés. Une dérogation de douze mois est accordée à la Hongrie et à la Slovaquie, deux pays enclavés et dépendants des livraisons russes.

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