par Thibaut Emme

Bilan de la Sécurité Routière 2018

On savait déjà que l'année 2018 était une "bonne" année sur le front de la sécurité routière. C'est confirmé par le bilan définitif publié fin mai par l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).

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50% des automobilistes se tuent sans autre usager impliqué

3 488 morts dans un accident, soit -5,3% par rapport à 2017. C'est même en-dessous des 3 495 décès de l'année record, 2013. Du côté des accidents corporels, c'est aussi en baisse de 4,7% ainsi que pour les blessées. En plus d'afficher le nombre de morts le plus bas de son histoire en brut, il faut ajouter que le trafic routier est en hausse. Depuis 2013, dernière année record, c'est un trafic qui a augmenté de plus de 7%. Ramenée au trafic, la baisse est donc plus importante.

Concernant les automobilistes, 1 637 décès sont à déplorer soit une baisse de 7% par rapport à 2017. Très exposés par rapport au peu de kilomètres qu'ils parcourent, les 18-24 ans ont enfin connu une bonne baisse (de même que les 25-44 ans). Avec 1 637 décès, les automobilistes voient leur part dans le nombre total baisser. Mais cela reste encore à 46,9%.

Les motards voient aussi leurs chiffres baisser à 627 tués soit -6%. Cela reste important par rapport au trafic routier des motos. Comme chez les automobilistes, une part importante des tués à moto le sont seuls sans autre véhicule impliqué. 211 motards soit 33,6%, 820 automobilistes soit 50% !

Les jeunes paient toujours un lourd tribut

471 piétons sont décédés dans un accident de la route en 2018. C'est une baisse de 3%. La majorité des tués, 64,5%, l'est dans une collision avec une voiture. A noter que dans 21% des cas seulement, c'est le piéton qui est fautif. A noter que 61% des piétons tués le sont en agglomération et 56% des cyclistes. A noter également que 62% des tués piétons ou cyclistes ont plus de 55 ans, 9% moins de 18 ans.

Les cyclomotoristes pour leur part voient leur mortalité augmenter de 14% à 133 contre 117 en 2017. Un chiffre relativement faible (4% des tués totaux) mais une faute qui leur incombe dans 68% des cas ! C'est plus que les 63% de cas des automobilistes ou même les 59% des motocyclistes.

Globalement, 61% des tués ont été responsables de leur accident. Ces morts dans des accidents avec un seul véhicule ou en tant que responsable montrent qu'il reste encore une grosse marge de progression à la fois sur les morts, mais aussi les accidents, les blessés qui, en plus de briser des vies et des familles, coûtent très cher à la société.

Vitesse, alcool, stupéfiants, le combo tristement gagnant

Quand on regarde les accidents multi-factoriels et que l'on s'intéresse aux causes, on a de l'alcool dans 18% des cas ou des stupéfiants dans 9%. C'est autant que les 27% liés à une vitesse inadaptée/excessive (notion floue qui ne prend pas en compte la limitation au point d'impact). A noter que 10% des accidents mortels sont dus à un malaise (7%) ou à la somnolence (3%). L'inattention dépasse les 10% ! Les "vrais" accidents (obstacle sur la chaussée, défaillance du véhicule, etc.) ne représentent finalement que 1,3% des accidents mortels. Dans 14% des cas tout de même, on ne peut déterminer une cause à coup sûr.

Si on regarde les causes en fonction de l'âge du responsable d'un accident mortel, les jeunes tuent ou se tuent à 41% à cause de la vitesse et 23% de l'alcool et 14% les stupéfiants. Autant l'alcool et les stupéfiants restent stables quand on avance en âge (jusqu'à 44 ans), autant la vitesse baisse drastiquement et se fait même dépasser par les malaises passé 65 ans.

Enfin, on notera que les routes à double sens représentent 56% des tués. Il faut dire qu'elles représentent une grosse part du réseau routier français et concentrent un fort trafic. Une statistique que n'indique pas l'ONISR mais qui n'a guère dû varier, 20% des automobilistes tués ne portent pas leur ceinture.

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Pour résumer

On savait déjà que l'année 2018 était une "bonne" année sur le front de la sécurité routière. C'est confirmé par le bilan définitif publié fin mai par l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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