par Thibaut Emme

Suppression de postes: PSA s'explique

C'est LE dossier économique qui agite en ce moment le landerneau automobile et politique: PSA va supprimer 6 000 postes en Europe dont 5 000 en France. Après quelques jours d'agitation Philippe Varin s'explique.

Zapping Le Blogauto Essai Dacia Jogger

Le moins que l'on puisse dire c'est que l'annonce de la suppression de 5 000 postes en France a plongé Peugeot dans la tourmente médiatique. Après des manifestations devant le siège lors du conseil d'administration lors des discussions sur ce plan de suppression puis la reprise de l'affaire par les politiques, allant même jusqu'à une réunion avec le Président de la République. Étrangement silencieux depuis lors, Philippe Varin, président du directoire de PSA, donne enfin sa vision de ce plan. Dans une interview accordée au JDD, il assure qu'aucun plan social n'est prévu, détaille les différents services impactés et surtout explique les raisons d'un tel plan alors que Peugeot continue de faire des profits.

Tout d'abord pourquoi un tel plan alors que PSA continue de faire des bénéfices? Comme nous l'avons vu lors des différents bilans, le marché européen se contracte de 1% environ avec certains marchés comme l'Italie, la Grèce ou l'Espagne qui se contractent au delà de 10%. PSA est très présent sur ces marchés et finalement les bénéfices du groupe sont maintenus positifs grâce au marché domestique français. Mais ce marché a lui même été soutenu par une prime à la casse désormais histoire ancienne. PSA s'attend donc à vivre de grosses turbulences lors des prochains mois. Pour anticiper cela, il s'avère nécessaire de couper dans les coûts.

Les différents accords de partenariats signés avec BMW ou Ford impactent directement la R&D. PSA a donc décidé que cette branche paierait le plus lourd tribut du plan. Sous quelle forme? Tout d'abord 2 500 prestataires externes verront leur mission s'arrêter à la fin de l'année, 1 500 départs dits naturels ne seront pas remplacés (retraites, démissions, etc.) et enfin 2 000 personnes se verront proposer un programme interne de formation et reconversion à l'intérieur du groupe. Philippe Varin annonce donc qu'aucun plan de licenciement ou incitation au départ ne sera à l'ordre du jour et surtout, que la production n'est pas menacée. Pas sur que cela rassure complètement les salariés et les syndicats.

"Nous avons donc décidé de réduire le recours aux prestataires extérieurs. Cela correspond à 2 500 postes. Sur les 3 500 propres à PSA, 1.500 seront des départs naturels non remplacés. Il n’y aura pas de plan social pour les 2.000 autres concernés mais un programme interne de reconversion et de formation."

La R&D se pensait à l'abri des suppressions de poste, mais les annonces de créations de centaines d'emplois au Brésil ou en Chine laissaient planer un doute. Philippe Varin se défend cependant:

"Nous consacrons un budget de 2 milliards d’euros à la R&D. Et nous ne délocalisons pas! Notre effectif est de 15.000 chercheurs en France. Ils sont 1.500 au Brésil et 400 en Chine, où ils vont passer à 600."

Et d'ajouter: "Notre productivité dans ce secteur doit être améliorée. A effectif équivalent, certains concurrents sortent plus de modèles que nous."

Philippe Varin l'a annoncé, PSA ne veut plus se retrouver en déficit et souhaite assainir ses comptes. Pour cela, une diminution drastique des stocks en Europe et une productivité accrue seront les clés. Trop accroché au vieux continent, PSA paie aujourd'hui la baisse globale du marché européen et se dépêche d'investir dans les marchés à forte croissance. L'avenir nous dira si le retard pris par le constructeur pourra être comblé.

Source: JDD

Photo: PSA

Pour résumer

C'est LE dossier économique qui agite en ce moment le landerneau automobile et politique: PSA va supprimer 6 000 postes en Europe dont 5 000 en France. Après quelques jours d'agitation Philippe Varin s'explique.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

La quotidienne

Retrouvez tous les soirs une sélection d'articles dans votre boite mail.