par Thibaut Emme

Sochaux et Rennes à l'arrêt, ça s'arrête quand la pénurie de puces ?

Nouvel arrêt d'usine pour quelques jours. Cette fois, ce sont les usines Stellantis de Sochaux et de Rennes-La Janais qui doivent cesser le travail faute de certaines puces électroniques.

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La production des deux usines va être stoppée jusqu'au 1er juillet prochain. A Sochaux, l'arrêt date déjà du 15 juin dernier. Pour Rennes, cela a eu lieu la nuit dernière. "On arrête ce soir jusqu'au 1er juillet inclus en raison de la crise des semi-conducteurs. Depuis début avril on arrivait à s'en sortir et à travailler plein pot", a indiqué à l'AFP le service communication de l'usine de Rennes-La Janais.

Les usines doivent s'adapter à la situation et certaines pénuries après le déclenchement de la guerre en Ukraine avait poussé à des arrêts temporaires pour éviter les ruptures de stocks. Ici, ce sont les semi-conducteurs qui sont en cause. Pourtant, les Peugeot 5008 et Citroën C5 Aircross qui sont produits à Rennes, ou les Peugeot 3008 et 5008 qui sont produits à Sochaux fonctionnent bien commercialement et sont "prioritaires" dans la production de l'ex-PSA. C'est dire si la pénurie est grande.

Formations, maintenances, tout est bon pour occuper le temps libre

Pour s'adapter, les Directions lancent des formations ce qui permet de ne pas "perdre" le temps de l'arrêt. Des maintenances sont avancées également. Cela permet aussi de ne pas faire de pertes de salaires pour les salariés. Pour autant, les intérimaires souffrent, et certains salariés sont mis en activité partielle avec 84% du salaire seulement.

A Sochaux, on estime à 12 000 véhicules la perte de production due à cet arrêt. La grande question est : pourquoi cette crise des semi-conducteurs ne se résorbe toujours pas ? En fait, les usines sont à pleine capacité et en créer de nouvelles ne se fait pas en un mois ou deux. Les spécialistes et les acteurs de l'automobile comme Oliver Zipse, PDG de BMW, estiment qu'il faudra attendre au moins 2023 pour voir un réel mieux sur la fourniture des puces.

Les usines fournissent leurs clients en fonctions d'accord qu'ils peuvent avoir, et certains en fonction de la nationalité. Résultat, les délais de livraison des véhicules neufs s'allongent toujours plus. Il reste évidemment la solution de choisir un véhicule "sur parc" mais cela impose de faire des concessions plus ou moins importantes (finition, coloris, motorisation, etc.).

Pourquoi ne pas simplifier les véhicules ? Car cela rapporte plus

Pourquoi les constructeurs n'ont pas simplifié les véhicules (il y a eu un moment où des combinés à aiguilles ont été mis à la place d'écrans LED, mais c'est fini) ? En fait, vendre un véhicule simple, avec un nombre de puces limité n'intéresse pas plus que cela les constructeurs automobiles. Ils préfèrent vendre moins, mais vendre des véhicules huppés bardés d'électronique. En effet, les marges dégagées sur ces véhicules sont plus importantes.

Vendre moins, mais mieux, permet aux constructeurs d'afficher de bonnes marges et de maintenir en partie les bénéfices. Que le client trinque, cela ne semble pas trop important. Cette pénurie de puces commence aussi à peser fortement sur le marché de l'occasion. En effet, certains acheteurs ne pouvant ou ne voulant pas patienter pour du neuf, se rabattent sur de l'occasion, augmentant la demande dans une offre identique. Cela renforce les prix.

Pour résumer

La pénurie de semi-conducteurs continue de perturber fortement la production automobile. Sochaux et Rennes sont à l'arrêt pour plusieurs jours. La fin de cette pénurie n'est pas prévue avant 2023. Mais, il y aurait d'autres solutions pour arranger les choses, si les acheteurs le voulaient.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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