par Elisabeth Studer

Rolls-Royce effrayé par le fantôme du Brexit

Alors que le Parlement britannique doit se prononcer sur le Brexit, Rolls-Royce s'inquiète lui aussi des conséquences que pourraient avoir sur sa production une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

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Même si la marque prestigieuse a certes enregistré des résultats commerciaux records en 2018, l'avenir pourrait s'assombrir.

Fermeture durant deux semaines en avril

Dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Wirtschaftswoche, le directeur général de Rolls-Royce, Torsten Müller-Ötvös, a ainsi annoncé que son usine de Goodwood dans le sud de l'Angleterre allait fermer deux semaines début avril pour éviter tout problème dans la chaîne d'approvisionnement.

"Nous avons décidé d'avancer notre pause annuelle dans la production et fermer l'usine pour deux semaines à partir du 30 mars", a ainsi déclaré le dirigeant, concédant un impact inévitable sur l'activité.

Le patron de Rolls-Royce précise être en relations avec "plus de 600 fournisseurs à travers le monde". "Si seulement il nous manquait une fraction des quelque 32.000 pièces qui arrivent chaque jour, la production s'arrêterait dans notre usine de Goodwood", prévient-il. De quoi inquiéter également les 2000 personnes qui y travaillent.

Solutions alternatives par voie aérienne ?

Le patron de Rolls-Royce indique par ailleurs travailler sur des solutions alternatives qui pourraient réduire sa dépendance au transport routier. Parmi les scenarii envisagés figure notamment la possibilité de faire venir des pièces détachées par les airs. Une solution d'ores déjà été évoquée par le constructeur britannique Aston Martin. Il est vrai que compte-tenu du prix de vente des véhicules produits par les deux sociétés, le seuil de rentabilité s'avère beaucoup plus élevé que pour un constructeur lambda.

Rolls-Royce a par ailleurs constitué davantage de stocks de pièces détachées, agrandit ses espaces de stockage et investit dans les services informatiques. Là aussi, même si les frais de stockage s'avèrent fort élevés outre Manche, faute de place disponibles, la marque prestigieuse devrait pouvoir absorber de telles charges.

Pas de départ du Royaume-Uni

Le dirigeant a toutefois exclu auprès de la presse britannique tout départ du Royaume-Uni de la marque. Et ce d'autant plus, qu'elle constitue une véritable institution au pays de sa majesté.

"Nous sommes ancrés au Royaume-Uni. Rolls-Royce fait partie de ce que j'appellerais les joyaux de la couronne industrielle britannique", estime ainsi M. Müller-Ötvös.

Probable impact sur les ventes au Royaume-Uni

Le patron de Rolls-Royce n'a toutefois pas exclu que le Brexit puisse avoir des conséquences sur ses ventes au Royaume-Uni, lesquelles représentent 10% du total de ses ventes au niveau mondial.

Un Brexit dur pourrait selon lui avoir un impact sur le comportement des potentiels acheteurs.

L'avis de leblogauto.com

Rolls-Royce emboîte ainsi le pas à Mini, les deux marques étant détenues par BMW. Dirigeants et salariés devraient se montrer de plus en plus fébriles dans les semaines qui viennent.

A suivre ….

Elisabeth Studer avec AFP

Pour résumer

Alors que le Parlement britannique doit se prononcer sur le Brexit, Rolls-Royce s'inquiète lui aussi des conséquences que pourraient avoir sur sa production une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

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