par Joest Jonathan Ouaknine

Road trip en 2 CV

D'ordinaire, un essai se termine par un retour du véhicule et une poignée de main. Là, à la fin de l'essai 2cv 6 "Cochonou", le responsable de Vintage Car Club désigne une autre 2 CV et dit : "C'est la vôtre pour 3 jours."

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D'ordinaire, un essai se termine par un retour du véhicule et une poignée de main. Là, à la fin de l'essai 2cv 6 "Cochonou", le responsable de Vintage Car Club désigne une autre 2 CV et dit : "C'est la vôtre pour 3 jours."

La voiture est celle de Stéphane Domecq, le responsable du Vintage Car Club. C'est une magnifique 2cv 6 Spécial. Ses pneus à flancs blanc et la boule de billard en guise de pommeau de vitesse lui donnent un air custom. Seul souci : la serrure du coffre ne fonctionne pas. Donc, il veut mieux éviter de laisser les bagages dans le coffre... Le réservoir non plus, ne se verrouille pas. Mais ça, c'est d'origine : Citroën ne pensait pas que l'on puisse vouloir siphonner un réservoir...

Première étape : Labenne-Capbreton

Avant toute chose, il faut se familiariser avec l'engin. En particulier la boîte de vitesses. Les ruelles de Capbreton sont idéales pour ça. Première, seconde, troisième, point-mort, marche arrière... C'est presque un retour en auto-école ! Avec ses pneus taille 125 (une Fiat 500 Twinair chausse du 185) et 600kg sur la balance, la direction est plutôt légère, même à l'arrêt. Pourtant, elle est très directe et, bien sûr, sans assistance.

Première pause sur la plage. En tant que Parisien, il s'agit de refaire le plein de vitamine D. L'été, Capbreton est envahie de touristes. C'est une véritable industrie, avec ses usines à vacanciers. En ce mois de décembre, seuls quelques boutiques et restaurants sont encore ouverts. Par contre, les surfers sont là !

Deuxième étape : Capbreton-Bayonne

Il existe une autoroute pour rallier Bayonne. Mais la 2 CV est incapable de tenir son rang dans la circulation autoroutière moderne. Pour une raison toute simple (l'envie de rester en vie), va donc pour la départementale. Qui plus est, elle est tracée au milieu des pinèdes. Les fans vous le diront : " La 2 CV n'est pas une voiture, c'est un art de vivre." Effectivement, on voit la vie différemment. C'est la voiture d'un temps où l'on avait le temps. Où l'autre n'était pas vu comme agresseur. Où beaucoup d'endroits n'avaient pas de téléphone, et il était ainsi facile de quitter les écrans de radar. On est loin des espèces de cocons mobiles actuels avec double-vitrage.

Les maires ont visiblement eu des prix sur les dos d'ânes. Mais en 2 CV, pas de problème, on les passe "flat" ! Puis c'est l'entrée dans Bayonne. L'hôtel est au sud du Petit-Bayonne... C'est à dire en haut de la colline qui surplombe la ville. La 2 CV respire bruyamment, mais elle arrive au but !

Troisième étape : Bayonne-Bayonne

Le soir, une descente au centre-ville s'impose. A la tombée de la nuit, le mercure s'effondre. La 2 CV propose alors deux alternatives : 1) rouler au chaud, avec un pare-brise couvert de buée ou 2) ouvrir les écoutilles et laisser le vent glacé chasser la buée. Et premier effet Kiss Kool, les phares sont en grève (les voici ci-dessous en "plein phares".)

Là, Jeremy Clarkson dirait : "Still, could be worse..." En effet, le clignotant reste dans la main : le plastique n'a pas aimé le froid glacial. Les cinq kilomètres jusqu'au centre-ville, dans une 2 CV ouverte aux quatre vents, sans phares, ni clignotants, sont épiques ! Heureusement, les Bayonnais sont indulgents ; même pas un coup de klaxon !

Quatrième étape : Bayonne-Biarritz et retour

Le lendemain, c'est journée à Biarritz. La jauge d'essence est dangereusement basse. 15 € d'essence plus tard, le réservoir est plein ! Cette fois, la départementale sillonne au milieu d'une banale zone commerciale. Dans une descente, un 3008 conduit par une personne âgée : la seule voiture doublée de l'expédition ! Le décor change franchement à l'approche de la Gare du Midi. Mais ensuite, il n'y a presque plus de places de parking. Autour du casino, une 911 marron vient et revient tout au long de la journée. Peut-être qu'il cherchait une place...

20° en plein mois de décembre, qui dit mieux ? Hélas, il faut laisser le beau ciel bleu avant que la nuit ne tombe... Sur le chemin du retour, une halte au supermarché. "Plus de place dans le coffre? On n'a qu'à empiler les courses sur le siège arrière !" Et au premier rond-point, la pyramide de victuailles se renverse...

Cinquième étape : Bayonne-Anglet

Pour le troisième jour, direction les dunes d'Anglet, où l'on retrouve surfeurs et ciel bleu. Le mercure affiche cette fois 21°. Avec son blockhaus, sa promenade et ses brises-lames, la plage possède un bétonnage digne de la Côte d'Azur. Mais il s'agit d'emmagasiner le soleil avant le retour vers la grisaille parisienne.

La 2cv attend sur un parking géant, ente une DS3 et une Saxo. Voilà trois Citroën très différentes...

Sixième étape : Anglet-Aéroport de Biarritz

C'est l'ultime étape. Le GPS du portable indique que l'aéroport est proche. Mais point d'aéronefs en vue. 2km... 1km... 500m... Au bout d'une allée, l'aéroport de Biarritz se dessine enfin. Point mort, frein à main, contact. Le bruyant bicylindre se tait définitivement. Game over. L'air de rien, on finit par s'y attacher, à la deudeuche...

Crédit photos : Joest Jonathan Ouaknine/Le Blog Auto

Pour résumer

D'ordinaire, un essai se termine par un retour du véhicule et une poignée de main. Là, à la fin de l'essai 2cv 6 "Cochonou", le responsable de Vintage Car Club désigne une autre 2 CV et dit : "C'est la vôtre pour 3 jours."

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