par Elisabeth Studer

Daimler Hambach : contre-expertise demandée par l'Etat

Le projet de Daimler de vendre son usine de Hambach dans le collimateur du gouvernement. Lequel souhaite avant tout démontrer qu'il défend l'emploi.

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La ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, a ainsi indiqué mardi que le gouvernement français avait demandé une contre-expertise sur le dossier.

Contre-expertise du projet proposé par Daimler

"Nous avons demandé (au cabinet de conseil) Roland Berger de faire une contre-expertise indépendamment du projet qui est proposé par Daimler", a déclaré sur CNews la ministre. Une entrée en matière en quelque sorte alors que sa venue sur le site est programmée cette semaine.

L'Etat se veut on ne peut plus prudent, souhaitant ménager la chèvre et le choux. Le scénario envisagé par Daimler "est peut-être un très bon projet, mais c'est un projet qui soulève des questions", a ainsi estimé Agnès Pannier-Runacher.

Parmi les éléments sur lesquels le gouvernement souhaite obtenir des précisions, l'Etat  souhaite tout particulièrement savoir si le projet permettra de donner suffisamment de travail à l'ensemble des opérateurs qui sont aujourd'hui sur le site. Autre chapitre important : l'impact du scénario retenu sur la sous-traitance.

Le gouvernement s'interroge sur une éventuelle sur-capacité du site résultant du projet du groupe britannique Inéos. Evoquant la possibilité que d'autres projets puissent venir compléter l'activité.

Le projet d'un 4x4 thermique non retoqué mais soumis à l'étude

Concernant le projet de production d'un 4X4 à moteur thermique, Mme Pannier-Runacher a assuré qu'elle ne "balaye pas du tout du revers de la main ce projet porté par un groupe industriel britannique de grande qualité".

Pour rappel, l'usine de Daimler à Hambach, que le constructeur allemand souhaite vendre, intéresse Ineos, le groupe britannique du milliardaire pro-Brexit Jim Ratcliffe, qui pourrait y construire son futur 4×4, plutôt qu’au Pays de Galles comme prévu.

Début 2022, quand la production du 4X4 Grenadier devrait démarrer, "l'essentiel des véhicules qui seront produits en France seront thermiques", a relevé la ministre, pour laquelle "on ne peut pas balayer du revers de la main ce type de production".

"Ce premier véhicule a encore sa légitimité dans la mesure où il sort très vite parce qu'il est encore dans un temps où on aura des véhicules thermiques, mais en revanche il faut un avenir. Quels sont les autres véhicules qu'Inéos prévoit de produire ?", a-t-elle demandé.

Electrique et hydrogène pourraient compléter le dossier

Mme Pannier-Runacher s'est par ailleurs interrogé sur l'opportunité de confier à Hambach - une des usines les plus productives d'Europe pour Daimler a-t-elle tenu à rappeler - des modules ou des parties de véhicule associés à des chaînes de production de véhicules électriques.

Suggérant parallèlement à Daimler de regarder la faisabilité d'un projet hydrogène.

L'emploi sur la sellette

Jeudi, le patron du groupe automoble allemand, Ola Källenius avait indiqué rechercher pour le site de Hambach "une perspective" qui "préserve un maximum d'emplois".

Entre 800 et 1.000 personnes ont manifesté vendredi à Sarreguemines (Moselle) pour protester contre le projet de vente et réclamer des garanties pour le maintien des emplois.

Notre avis, par leblogauto.com

Le gouvernement semble redouter une sur-capacité du site de Hambach. Laquelle pourrait conduire à terme à une nouvelle vague de licenciements. Préférant prévenir que guérir … l'Etat souhaite obtenir des garanties sur l'emploi et vérifier l'étendu du projet …. quitte à inciter le repreneur à se tourner plus franchement vers les énergies renouvelables, telles que les véhicules électriques et l'hydrogène.

Autre problématique soulignée par les syndicats : le Grenadier étant doté d'un moteur diesel, le projet se marie difficilement avec l’image du site de Hambach, qui est une vitrine écologique avec des modèles électriques.

Sources : AFP, Daimler

Pour résumer

Le projet de Daimler de vendre son usine de Hambach dans le collimateur du gouvernement. Lequel souhaite avant tout démontrer qu'il défend l'emploi.

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