par Elisabeth Studer

Renault Roumanie veut améliorer sa compétitivité pour damer le pion à l'usine Dacia de Tanger

Déjà sites industriels Renault au Maghreb.

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Déjà en mars 2014, les salariés roumains de Dacia redoutaient que les pays de l'Est dans leur ensemble - et plus particulièrement la Roumanie - ne fassent les frais du développement de sites industriels Renault au Maghreb.

Si à cette date, près de 10 000 personnes avaient manifesté à l’appel du syndicat de l’usine Dacia/Renault en vue d’obtenir de la part du gouvernement roumain la construction d’une autoroute d’un intérêt stratégique pour permettre l’exportation des véhicules, désormais c'est Nicolas Maure, le directeur général de Renault Roumanie qui prend le taureau par les cornes, en s'emparant du dossier.

Ce dernier a en effet déclaré que Renault souhaitait prendre des mesures en vue « d'améliorer la compétitivité de son usine historique Dacia en Roumanie et éviter ainsi qu’elle soit dépassée par le nouveau site de Tanger au Maroc ». Pour ce faire, le groupe français devrait renforcer l’automatisation, contenir les augmentations de salaires et ne pas remplacer des départs.

L'usine de Mioveni, où travaillent 14 000 des 17 000 salariés de Renault en Roumanie doit désormais faire face à la hausse des coûts salariaux observée en Roumanie. son activité est également freinée par des infrastructures routières inadaptées. Or la nouvelle usine Dacia de Tanger, au Maroc, assemble les mêmes modèles d'entrée de gamme que l'usine roumaine depuis son ouverture en 2012. Pour tenter de limiter la casse et renforcer la compétitivité de Mioveni, Renault compte y porter le degré d'automatisation à 20% d'ici cinq ans contre seulement 5% actuellement.

Si à l'heure actuelle, les grands sites industriels automobiles en Europe et aux Etats-Unis sont automatisés jusqu'à 90%, Renault ne souhaite pas d'entrée appliquer ce principe en Roumanie  afin d'éviter un "tsunami" sur l'emploi, selon les termes mêmes du directeur général.

Précisons à cet égard que si les salaires roumains demeurent parmi les plus bas de l'Union européenne, ceux des ouvriers de Mioveni sont d'un niveau supérieur à la moyenne nationale et environ 2,5 fois plus importants que celui des salariés de Renault au Maroc. Une différence de taille pour la production de véhicules dits low-cost … Selon Nicolas Maure, pour que l'usine roumaine demeure compétitive, «  il faudrait ralentir le rythme des augmentations de salaires pendant une période de temps".

Le directeur général de Renault Roumanie note toutefois que Mioveni se place toujours devant Tanger en termes de compétitivité. Environ 340 000 véhicules ont été produits sur le site roumain en 2014 et la production devrait être encore légèrement supérieure cette année. L'usine dotée d'une capacité de production de 350 000 unités, tourne donc à plein régime. Mais selon Nicolas Maure, « les volumes à Tanger augmentent beaucoup en 2015". Le contexte est donc susceptible « de réduire fortement l'écart » en faveur du site roumain.

Il n'en demeure pas moins qu'une nouvelle fois, la peur de la concurrence est utilisée pour motiver les troupes et éviter qu'elles ne se rebiffent face à ce qui représente ni plus ni moins un gel des salaires et une diminution du personnel, pour des objectifs qui ne semblent pas à priori susceptibles de révisions à la baisse, compte-tenu du contexte de l'emploi.

Sources : Renault, Reuters, AFP

Crédit image : Dacia

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