par Elisabeth Studer

Rachat par PSA : 4000 personnes en partance chez Opel

Il fallait s'y attendre … désormais le couperet est tombé … ou presque … A moins qu'Un mauvais signe annonciateur d'orages avais-je déclaré lors de cette annonce, certes relativement discrète mais néanmoins suivie par de nombreux lecteurs.

Zapping Le Blogauto Essai Dacia Jogger

Il fallait s'y attendre … désormais le couperet est tombé … ou presque … A moins qu'Angela Merkel  n'ait dit son dernier mot. Après avoir racheté à General Motors sa filiale européenne Opel, le groupe PSA exige désormais que 3 700 emplois y soient supprimés en Allemagne d’ici 2020. La menace planait depuis des tractations alors qu'Opel est confronté à de graves difficultés financières. Le Directeur RH d'Opel a quant à lui préféré récemment quitter le navire avant de d'être contraint de procéder à des coupes sombres en terme d'emplois. Un mauvais signe annonciateur d'orages avais-je déclaré lors de cette annonce, certes relativement discrète mais néanmoins suivie par de nombreux lecteurs.

Près de 4 000 salariés résignés à partir

Cette nouvelle exigence de PSA a été portée au public vendredi par Wolfgang Schäfer-Klug, président du conseil d’entreprise du constructeur automobile allemand. Ce dernier indiquant parallèlement que des plans de retraite anticipée et d’autres mesures avaient d'ores déjà entraîné la disparition de 2 000 postes chez Opel.

Environ 2 000 personnes ont accepté de partir et il est probable que 2 000 personnes supplémentaires accepteront des plans de départ”, a ainsi indiqué Wolfgang Schäfer-Klug.

Sur le ton d'un humour corrosif, le président du CE a ajouté ne pas éprouvé d''inquiétude « quant à la capacité à tenir les objectifs de coûts » mais que « l’ampleur du taux d’acceptation » des plans de départ lui faisait redouter une pénurie d'effectifs pour pouvoir gérer la charge de travail actuelle.

Quel avenir pour production et emploi en Allemagne ?

Selon Wolfgang Schäfer-Klug, reste à définir « une vision claire de l’avenir pour Opel en termes d’utilisation des capacités de production et de garanties en matière d’emploi au-delà de 2020.” Or, la situation financière du constructeur n'est guère reluisante.

Opel n'a pas engrangé de bénéfices depuis près de 20 ans. En vue de redresser la barre, PSA lui a fixé comme date butoir l'année 2020. Un plan de redressement prévoyant d’importantes mesures d’économies et une intégration de sa gamme dans l’architecture globale de PSA a été mis en place en vue de se donner les moyens d'atteindre l'objectif.

Le syndicat allemand IG Metall dénonce quant à lui la méthode de négociation employée par PSA, estimant que cela relève plus du chantage à l'emploi qu'autre chose. Avant de donner son accord

pour attribuer l’assemblage d’un nouveau modèle à l’usine allemande d’Eisenach – laquelle emploie 1 800 personnes - PSA souhaite obtenir des concessions salariales de l’ensemble des 19 000 employés d’Opel en Allemagne.

Si le groupe français a certes proposé de construire un nouveau SUV à Eisenach, les représentants syndicaux redoutent que les ventes de ce modèle ne suffisent pas à assurer la survie du site. Ils réclament de ce fait des garanties supplémentaires.

Angela Merkel soutient les salariés d'Opel

Reste que la chancelière allemande Angela Merkel est d'ores et déjà monté au créneau, avant même cette annonce. Anticipant une décision aussi désagréable que prévisible. Il n'en demeure pas moins que la dirigeante allemande a apporté cette semaine son soutien aux salariés d’Opel dans les  difficiles négociations en cours à l'heure actuelle entre PSA et le syndicat IG Metall d’Opel.

Elle a ainsi déclaré qu’elle s’attendait à ce que le groupe PSA respecte les engagements pris lors de la prise de contrôle d’Opel l’an dernier. Ajoutant que « le gouvernement allemand, avec le gouvernement régional », se sentait « obligé de faire sa part pour aider ».

Emploi contre compétitivité

Parmi les principaux points d'achoppement des négociations en cours figure en tout premier lieu au refus du syndicat IG Metall d’accepter les concessions que PSA demandait à Opel afin que sa nouvelle filiale devienne plus concurrentielle.

Rappelons à cet égard que PSA  a régulièrement critiqué les coûts de production de la marque allemande, les considérant trop élevés et en grande partie à l’origine de son résultat déficitaire.

« L’objectif de la direction allemande reste clairement d’investir dans les sites allemands et d’introduire de nouveaux modèles. Une condition préalable pour y parvenir est de créer une structure compétitive », avait indiqué fin mars un porte-parole d’Opel, laissant ainsi entrevoir que la bataille allait se jouer sur les concessions demandées par PSA afin de rendre les sites allemands plus rentables. Maintien d’activités en Allemagne contre acceptation de nouvelles mesures permettant d’accroître la compétitivité.

Si le patron de PSA, Carlos Tavares s’était engagé lors du rachat à respecter les accords conclus précédemment lorsque Opel était encore filiale de General Motors, il demande aujourd’hui à Opel – déficitaire depuis 1999 – de renforcer sa compétitivité … quitte à renégocier certains engagements.

Pour résumer

Il fallait s'y attendre … désormais le couperet est tombé … ou presque … A moins qu'Un mauvais signe annonciateur d'orages avais-je déclaré lors de cette annonce, certes relativement discrète mais néanmoins suivie par de nombreux lecteurs.

La quotidienne

Retrouvez tous les soirs une sélection d'articles dans votre boite mail.