par Elisabeth Studer

PSA Vesoul : 1ere réunion pour hausse du temps de travail

Vers une entorse - légale - aux 35 heures pour PSA. Le constructeur souhaite en effet profiter de loi Travail pour faire évoluer le temps de travail de 35 h à 37h45 par semaine sur son site de Vesoul (Haute-Saône). Argument avancé par le constructeur  : assurer «l'avenir du site». La CGT estime pour sa part que le groupe souhaite avant tout réduire le nombre d'emplois en CDI.

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Vers une entorse - légale - aux 35 heures pour PSA. Le constructeur souhaite en effet profiter de la possibilité offerte par la loi Travail pour faire évoluer le temps de travail de 35 h à 37h45 par semaine sur son site de Vesoul (Haute-Saône). Argument avancé par le constructeur  : assurer «l'avenir du site». La CGT estime pour sa part que le groupe souhaite avant tout réduire le nombre d'emplois en CDI.

La première réunion de négociation avec les partenaires sociaux ce tiendra mardi 22 mai. 4 réunions sont prévues jusqu'au 7 juin prochain.

La direction de PSA Vesoul souhaite accroître le temps de travail

Lors du Comité social et économique (CSE) du site du groupe PSA de Vesoul qui s'est tenu la semaine dernière, la direction a en effet présenté aux salariés un projet d'accord local en vue d'une hausse du temps de travail ainsi que des salaires.

La direction de PSA à Vesoul souhaite ainsi  renégocier les 35h et propose de passer la journée de travail de 7h à 7h33. Faisant ainsi passer la semaine de 35h à 37h45.

Si cette modification du temps de travail représente une augmentation de la durée de + 7,8%, la contrepartie financière sur les salaires n'est-elle que de +2,8%. En vue de faire accepter ses modifications par le personnel, la direction de PSA Vesoul programme 4 réunions de négociation avec les partenaires sociaux.

Suppression d'emplois en CDI à la clé

Les négociations pourraient être d'autant plus tendues que des suppressions d'emplois devraient être associées à ces nouvelles mesures.

En effet, en dehors de l'augmentation du temps de travail et de la hausse de rémunération qui en découle, le constructeur souhaite parallèlement diminuer les effectifs du site.

La direction a ainsi annoncé d'entrée que le projet entraînait «une réduction automatique des effectifs avec un objectif de 150 emplois en CDI à supprimer par an jusqu'en 2020».

FO, syndicat majoritaire du site précise pour sa part que, selon les termes de l'accord présenté, ces départs des emplois CDI devraient être volontaires.

A l'heure actuelle, près de 3.000 personnes travaillent dans cette plate-forme dédiée au stockage et à la logistique de pièces détachées.  « Une activité soumise à une très forte concurrence » selon un syndicaliste local. Lequel concède que le site  - Centre  Logistique Mondial des pièces de rechange pour le groupe PSA -  est « en perte de compétitivité ».

PSA met en avant l'avenir du site

Pour tenter de faire adhérer les salariés à son projet, la direction affirme vouloir se préoccuper avant tout de «l'avenir du site» dans un «environnement particulièrement concurrentiel». De ce fait, elle estime qu'une transformation de l'usine apparaît nécessaire «pour poursuivre le développement de son activité» et améliorer sa compétitivité.

« Ce projet s'inscrit dans un plan plus général de transformation du site et d'amélioration de l'organisation, visant à en réduire les coûts », a par ailleurs expliqué un porte-parole du groupe. Affirmant qu'il s'agit de rester dans la course et d'assurer au site un développement sur le long terme ».

La CGT farouchement opposée au projet

La CGT se positionne d'emblée contre ce projet et compte bien le faire savoir. Le syndicat transforme ainsi la journée d'action des fonctionnaires le 22 mai en journée de lutte  pour sauvegarder les 35 heures chez PSA Vesoul.

Jeudi dernier, près de 70 personnes ont débrayé, et une vingtaine vendredi matin. De quoi perturber les chaînes de production.

Parmi ses revendications, la CGT demande le retrait pur et simple du projet. Le syndicat estime que ces mesures auront un impact sur les primes des salariés et sur le nombre de journées de RTT (journée de récupération Temps de Travail liée au 35 h). Selon la CGT ce projet vient se rajouter au plan de transformation du site, actuellement en cours.

"On refuse de travailler plus pour gagner moins" s'exclame également un syndicaliste.

Alain Chrétien, le maire Les Républicains de la ville de Vesoul, pense au contraire qu'il s'agit d'une opportunité pour PSA de gagner de nouveaux marchés.

Transfert d'activités du site d'Opel de Gonesse dans la balance

La CFTC souhaite pour sa part savoir si la signature d'un tel accord permettra de garantir la pérennité du site, et si les heures de travail supplémentaires seront réalisées par les salariés de Vesoul.

Le syndicat est en effet particulièrement vigilant sur la manière dont sera réalisé le transfert de l'activité pièces de rechange du site Opel de Gonesse. Il compte bien que ces nouvelles charges de travail ne soient pas externalisées via le recours à des prestataires, mais soient réalisées par des salariés PSA.

En parallèle, le syndicat souhaite que PSA réalise des embauches en CDI, et qu'un plan de modernisation du site de Vesoul - moyennant investissements - soit établi.

Sources  : France Bleue, Les Echos, AFP, France3

Crédit Photo : PSA

Pour résumer

Vers une entorse - légale - aux 35 heures pour PSA. Le constructeur souhaite en effet profiter de loi Travail pour faire évoluer le temps de travail de 35 h à 37h45 par semaine sur son site de Vesoul (Haute-Saône). Argument avancé par le constructeur  : assurer «l'avenir du site». La CGT estime pour sa part que le groupe souhaite avant tout réduire le nombre d'emplois en CDI.

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