par Elisabeth Studer

Négociation ou libre circulation : le Transport Routier exhorte l'Etat à agir

Elisabeth Borne avait bien vu ! Alors que la ministre des Transports a assuré lundi matin que les organisations de transport routier ne souhaitaient pas rentrer dans le mouvement des Gilets jaunes, les faits lui donnent désormais raison. Et même plus encore.  

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Elisabeth Borne avait bien vu ! Alors que la ministre des Transports a assuré lundi matin que les organisations de transport routier ne souhaitaient pas rentrer dans le mouvement des Gilets jaunes, les faits lui donnent désormais raison. Et même plus encore.  

Les transporteurs routiers ont en effet indiqué lundi qu'ils ne voulaient pas être associés au mouvement des gilets jaunes, et ce malgré la participation de certains camionneurs. Ils exhortent par ailleurs le gouvernement à dégager les routes. Histoire de pouvoir travailler …

Les entreprises de transport ne se joignent pas au mouvement

"Les organisations professionnelles entendent rappeler que les entreprises de transport ont pris leurs responsabilités en ne se joignant pas au mouvement" des Gilets jaunes, a ainsi indiqué dans un communiqué la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), première organisation du secteur.

Entre compréhension et impératifs économiques

Ménageant à la fois la chèvre et le chou, tout en affirmant comprendre les motivations des manifestants – la hausse des prix des carburants à laquelle ils sont eux aussi confrontés - la fédération justifie sa position par le fait que la « situation économique tendue »  des transporteurs routiers ne leur permette pas « de perdre des journées de travail ».

Il est vrai que dans ce secteur fortement soumis à la concurrence des autres pays membres de l'Union européenne où les salaires sont nettement moindres, le contexte financier est souvent difficile.

Les transporteurs routiers exhortent le gouvernement à prendre ses responsabilités

Les transporteurs routiers subissent de plein fouet l'impact des manifestations des Gilets jaunes sur le trafic … et sur leur travail. Ils déplorent ainsi que la circulation de camions soit gênée  par "divers blocages et barrages".

Face à cette situation, la FNTR et ses alliés (TFL, Unostra et Chambre syndicale du déménagement) appellent donc le gouvernement "à prendre ses propres responsabilités, soit en entamant un processus de négociation avec les gilets jaunes, soit en faisant respecter la liberté de circulation des opérateurs économiques".

Les transporteurs routiers prêts à intervenir si nécessaire

Le ton pourrait rapidement monter entre Gilets jaunes et transporteurs routiers de marchandises, en l'absence de réaction concrète du gouvernement face aux manifestations et les restrictions de circulation en découlant. Les transporteurs préviennent d'ores et déjà : «  les organisations professionnelles du transport routier de marchandises interviendront pour préserver les intérêts des transporteurs et la sécurité de leurs personnels" si l'Etat ne prend pas ses responsabilités.

Elisabeth Borne ne redoute pas une mobilisation des routiers

S'exprimant sur les ondes de franceinfo le 19 novembre matin , la ministre des Transports a indiqué que le gouvernement avait mené à nouveau des discussions avec toutes les organisations de transport routier. Selon elle, ces dernières « ne souhaitent pas qu'on fasse des amalgames », et de ce fait, « ne souhaitent pas rentrer dans ce mouvement des 'gilets jaunes'".

Reconnaissant toutefois quelques cas isolés, Elisabeth Borne ne craint pas une mobilisation des routiers.

Constatant toutefois que dans certains barrages, la présence de poids-lourds était signalée, cela relève selon elle plus du fait que les Gilets jaunes les empêchent de circuler. Quitte à bloquer, certains emboîtent le pas aux manifestants, mais l'affirme la ministre, les transporteurs routiers ne souhaitent pas être solidaires de ce mouvement.

La taxe sur les carburants : un impôt juste selon la ministre

S'exprimant sur le fond du problème et la principale revendication des manifestants, la ministre a par ailleurs déclaré que la taxe sur les carburants était "un impôt juste, à condition qu’on accompagne les Français qui peuvent être en difficulté parce qu'ils ont besoin de prendre leur voiture tous les jours ".

Mais selon elle, il est également nécessaire d' "accompagner les Français pour qu'ils sortent de la dépendance du pétrole". 

"On entend la colère, le désarroi des Français qui habitent dans les territoires souvent loin des centre-villes et dont on ne s'est pas occupé depuis des années. On veut les accompagner dans cette transition énergétique," a par ailleurs affirmé Élisabeth Borne.

Pour elle, « le gouvernement fait le choix de moins taxer le travail et de taxer davantage ce qui pollue".

Sources : AFP, franceinfo

Pour résumer

Elisabeth Borne avait bien vu ! Alors que la ministre des Transports a assuré lundi matin que les organisations de transport routier ne souhaitaient pas rentrer dans le mouvement des Gilets jaunes, les faits lui donnent désormais raison. Et même plus encore.  

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