par Elisabeth Studer

JLR : suppression d'emplois au RU, gain de productivité nécessité par le Brexit ?

Jaguar Land Rover (JLR) vient d'annoncer la suppression de 500 emplois dans son usine de Halewood, au centre de l’Angleterre. Des mesures prises - nous dit-on - dans le cadre de son programme de restructuration destiné à se prémunir des conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit).

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JLR a annoncé, mercredi 2 dans un communiqué, la suppression de 500 emplois dans son usine de Halewood, situé non loin de Liverpool. Y sont fabriqués les SUV Range Rover Evoque et Land Rover Discovery Sport. Le site emploie directement 4 000 personnes et environ 1.000 intérimaires.

Gain de productivité pour répondre à la hausse de la demande

Le constructeur argumente sa décision par la nécessité d'améliorer la productivité. Une éventuelle baisse de la demande ne constitue en aucun cas l'un des motifs premiers de cette réduction de personnel, si l'on en croit ses propos.

Une réorganisation du travail de ses salariés sera mise en place à partir du mois d'avril 2020. Des mesures qui selon lui devraient «  entraîner des gains opérationnels importants dans l'usine afin de répondre à la demande en hausse des clients" pour les deux modèles de SUV.

Un gain de productivité rendu nécessaire par les conséquences du Brexit ?

Comme d’autres constructeurs automobiles, JLR est confronté aux conséquences d'un Brexit désormais imminent. Si une sortie de l'Union européenne conduit le Royaume-Uni à abandonner les normes de l’UE et à fixer ses propres règles - comme l’a suggéré le ministre des Finances britannique Sajid Javid - les entreprises souhaitant vendre des véhicules au sur le territoire britannique pourraient se voir contraintes d'obtenir un certificat spécifique, augmentant ainsi les coûts de fabrication des véhicules pour pouvoir respecter les nouvelles normes édictées spécifiquement pour le marché britannique.

La Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT), qui assure un rôle régulateur du secteur automobile au Royaume-Uni, a d'ores et déjà averti que toute décision de s’écarter des réglementations européennes entraînerait des «milliards» de livres sterling de coûts supplémentaires pour les constructeurs automobiles britanniques.

Complément du plan de réduction d'effectifs de janvier 2019

JLR précise par ailleurs que ces suppressions de postes s'ajoutent au plan de réduction d'effectifs annoncé en janvier 2019. Lequel impacte directement 4 500 emplois, soit plus de 10 % des effectifs en place au début de l'année 2019.

Cette réduction de personnel intervient alors que le groupe met en œuvre un plan de redressement plus large de 2,5 milliards de livres sterling visant à réduire les coûts et à recentrer l’activité, après de fortes pertes en Chine et la chute de la demande en diesel, alors que ce type de motorisation représente la majeure partie de ses activités au Royaume-Uni et en Europe. Les incertitudes liées au Brexit rentrant également alors en ligne de compte.

Le constructeur avait toutefois annoncé l'été dernier qu'il allait fabriquer des véhicules électriques au Royaume-Uni par le biais d'une reconversion de l'usine de Castle Bromwich.

Brexit : un défi pour JLR et pour les autres constructeurs britanniques selon le syndicat Unite

Selon Des Quinn, responsable national chez Unite, le plus grand syndicat du Royaume-Uni et d’Irlande, les suppressions d’emplois constituent «un nouveau coup porté à l’industrie automobile britannique». Il considère que «les défis auxquels JLR est confronté sont également rencontrés par d’autres usines automobiles britanniques».

Selon lui, tant que le gouvernement britannique ne garantira pas un commerce sans friction à long terme, un accord tarifaire avec l’UE, et des investissements significatifs en l’infrastructure pour assurer le succès des véhicules électriques, l’industrie automobile britannique continuera de faire face à de graves difficultés.

Notre avis, par leblogauto.com

Si certes, JLR est confronté aux conséquences du Brexit sur ses activités, il n'en demeure pas moins que ses difficultés actuelles ne sont pas uniquement liées à la sortie imminente du Royaume-Uni de l'Union européenne. Reste que la grande incertitude régnant autour de l'éventuelle mise en place de normes spécifiques au territoire britannique n'est pas fait pour rassurer. Sans compter sur le flou plus ou moins artistique associé aux conditions tarifaires des futurs échanges entre l'ancien pays membre et ses anciens partenaires de l'UE.

Sources : AFP, MAP, JLR

Pour résumer

Jaguar Land Rover (JLR) vient d'annoncer la suppression de 500 emplois dans son usine de Halewood, au centre de l’Angleterre. Des mesures prises - nous dit-on - dans le cadre de son programme de restructuration destiné à se prémunir des conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit).

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