par Elisabeth Studer

GM accuse FCA et Marchionne d’entente avec l’UAW pour lui nuire

General Motors (GM) vient d’intenter un procès en racket contre Fiat Chrysler (FCA), l'accusant d'avoir conspiré avec l’UAW, le très puissant syndicat américain de l’automobile.

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GM affirme que l'ancien PDG de FCA, Sergio Marchionne, décédé l'année dernière, "est responsable de la conception, de l'exécution et du sponsoring d’une opération présumée répréhensible".

GM poursuit FCA pour « racket »

La poursuite en racket menée par General Motors allègue que Sergio Marchionne, alors PDG de Fiat Chrysler Automobiles, voulait nuire à GM dans le but de le forcer à une fusion. En vue d’arriver à ses fins, il se serait servi des négociations contractuelles  des conventions collectives de 2015.

Selon les éléments de la plainte, Marchionne "a officiellement sollicité GM pour une fusion" au printemps 2015, mais sa demande a été rejetée. Les plaignants allèguent par ailleurs que l’ancien patron de FCA désormais décédé a orchestré une négociation de la convention collective des salariés du secteur automobile collective conçue de telle manière qu’elle coûte des milliards à GM.

Soutien de l’UAW obtenu via corruption ?

Selon la poursuite, l’opération a été menée avec "le soutien acquis de certains anciens responsables de l'UAW, dont le président de l'époque, Dennis Williams".

La plainte indique qu’en 2015, "avec la coopération des dirigeants de l'UAW achetée par le biais de pots-de-vin", Marchionne avait "projeté d'utiliser le processus de négociation collective pour nuire à GM en devenant le chef des négociations et en tentant de forcer la fusion des entreprises".

Ces négociations contractuelles de 2015 ont eu lieu alors que les enquêteurs fédéraux examinaient les accords passés entre FCA-UAW et d'autres inconduites potentielles. Selon le procès-verbal, Williams et Marchionne étaient au courant de ces enquêtes.

La plainte allègue que par le biais d’un contrat établi entre FCA et l’UAW qualifié de «riche» par les deux parties elles-mêmes, Williams et certains dirigeants corrompus de l’UAW pourraient laisser penser aux enquêteurs du gouvernement qu’ils ont obtenu d’importantes concessions de FCA, tandis que Marchionne aurait pu agir de telle sorte à ce que soient imposés à GM des coûts imprévus en vue de le forcer à une fusion.

GM prêt à faire entendre sa voix devant la justice

GM affirme dans sa plainte qu'il a été directement impacté par ses pratiques qu’il qualifie de "racket".

Mercredi, Craig Glidden, l'avocat général de GM, a déclaré que le constructeur et lui se préparaient pour le procès et étaient prêts à affronter le verdict. Confiants visiblement sur l’issue de la plainte.

FCA a déclaré pour sa part être étonné par l’engagement d’une telle procédure. S’étonnant du moment choisi pour le dépôt de la plainte, alors même qu’il tente de finaliser une nouvelle  convention  avec le syndicat UAW et de fusionner avec le groupe PSA.

L'avis de Leblogauto.com

Ruse de Sergio Marchionne en  vue de  contraindre GM à fusionner avec FCA ? L’avenir nous le dira … Reste à voir dans le détail comment l’ancien dirigeant a pu obtenir que les négociations collectives induisent des coûts supplémentaires imprévus pour GM sans impacter en parallèle les comptes de FCA, soumis aux mêmes règles contractuelles.

Le nerf de la guerre ? le coût salarial.

Selon la plainte, l'UAW aurait ainsi autorisé FCA à embaucher une main-d'œuvre plus flexible, comprenant un plus grand nombre de travailleurs temporaires et de sous-traitants alors que GM n'y a pas été autorisé. De quoi  réduire notablement les charges  salariales de FCA et plomber celles de GM. L'obligeant à appeler un partenaire à la rescousse.

Sources : Automotive News, Reuters

Pour résumer

General Motors (GM) vient d’intenter un procès en racket contre Fiat Chrysler (FCA), l'accusant d'avoir conspiré avec l’UAW, le très puissant syndicat américain de l’automobile.

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