Credit Photo - Renault
par Thibaut Emme

Fonderie de Bretagne : Renault retient l'offre de Callista

Nouvel épisode dans l'histoire de Fonderie de Bretagne à Caudan. Renault Group a retenu l'offre de Callista et l'a présentée aux membres du Comité social et économique du site. L'avenir de cette fonderie, symbole du mal des fonderies française se dessine peu à peu.

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L'avenir du site de Caudan dans le Morbihan, appelé Fonderie de Bretagne, s'inscrivait en pointillés depuis des années. Depuis, en fait, que Renault étudiait la possibilité de fermer ce site de production de collecteurs d'échappement, de bras de suspension, etc. Renault a besoin de faire de grands plans d'économies et le site de la banlieue de Lorient semblait indiqué pour être sacrifié sur l'autel des euros.

Après des discussions âpres en 2020, la décision de fermeture était repoussée. Mais, il était clair que Renault voulait se désengager du site. Pour cela, il fallait que le site change de production (au moins en partie) et que la "mariée soit rhabillée" pour trouver preneur. Ce sera donc à priori Callista puisque l'offre a été présentée aux membres du CSE du site.

L'offre prévoit l'acquisition et la modernisation du site de Caudan. L'offre de Callista est ferme et prévoit de maintenir le niveau d'emplois du site breton. Renault s'engage à "accompagner de manière conséquente" la transformation, ce qui signifie que Renault mettra la main au portefeuille pour cette transformation, ainsi que Callista. Elle vise à trouver de nouveaux débouchés ainsi qu'à rentabiliser l'exploitation.

Un miroir aux alouettes ?

L'usine serait cédée pour 1 € symbolique et Renault mettrait 32 millions d'euros sur deux ans pour moderniser l'outil de travail.

"Lors du CSE extraordinaire du 11 juillet 2022, Renault Group et Callista présenteront aux représentants des salariés un planning de reprise ainsi que l’ensemble des détails et des engagements relatifs à ce projet. Renault Group accompagnera cette démarche de façon responsable, dans la continuité du dialogue social".

On attendra de voir le plan de Callista présenté dans une semaine. Pour le moment, l'annonce ne passe pas auprès des représentants du personnel. Ces derniers s'attendaient à une reprise par un industriel du domaine, pas par un fonds. Il faut dire que l'histoire de la fonderie de Caudan a déjà connu une reprise "foireuse" en 2006 par l'Italien Zen-Garro. Déjà à l'époque, on parlait de diversification vers les machines agricoles...comme avec Callista. En 2008 l'Italien arrête les frais et Renault doit venir au secours de ses anciens salariés.

Spécialisée dans la fabrication de pièces automobiles en fonte principalement pour Renault, Fonderie de Bretagne est historiquement issue de la SBFM (Société bretonne de fonderie et de métallurgie). Cette fonderie née à Caudan en 1965 est elle-même issue de la fermeture des Forges d’Inzinzac-Lochrist.

En mars 2021, il y avait 350 salariés sur le site. Désormais, Fonderie de Bretagne emploie 290 personnes. La cession à Callista devrait être effective en fin d’année 2022. Ceux qui le souhaitent peuvent rester chez Renault. Cela implique de quitter le site et donc potentiellement la Bretagne.

Notre avis, par leblogauto.com

Bonne ou mauvaise nouvelle ? On ne sait dire. En effet, Callista Private Equity est un fonds d’investissement allemand qui s'est spécialisé dans les fonderies et autres usines du domaine. Sauf que les derniers investissements de Callista ne connaissent pas l'embellie supposée lors des reprises. Halo Steelrings (ex-ArcelorMittal Ringmill) racheté en 2020 auprès d'ArcelorMittal est déjà remis en vente et fait face à de grosses difficultés financières. Vulcast (alias Margolux) aussi en Belgique est une fonderie qui comptait 85 salariés avant sa reprise par Callista. Elle est déclarée en faillite depuis mars 2022.

Ce n'est donc pas forcément magique une reprise par un fonds. Ce dernier va vouloir de la rentabilité et n'est pas forcément porteur de nouveaux clients et débouchés. C'est de cela dont ont besoin les employés de Fonderie de Bretagne en plus d'investissement pour améliorer la rentabilité. Sans nouveaux clients, on reparlera rapidement de Fonderie de Bretagne. Mais, pour Renault, ce ne sera plus une filiale...

Certains se demandent pourquoi Renault n'a pas mis les 32 millions d'euros de modernisation sur la table depuis 2020 et surtout pourquoi donner l'usine et payer la modernisation. C'est sans doute moins coûteux financièrement et en termes d'image que de fermer purement et simplement le site ?

Ces ateliers de mécanique ou ces fonderies sont issus de l'historique de l'automobile en France. Les constructeurs Renault, Peugeot et Citroën (Simca, etc.) les ont utilisé pour fondre des pièces de fonte, d'aluminium, ou fabriquer des sous-ensembles pour les véhicules. La mondialisation est passée par là et ces ateliers sont désormais des "boulets" pour les financiers à la tête des groupes automobiles. Un ouvrier dans le Limousin ou en Bretagne coûte plus cher qu'un ouvrier dans l'est de l'Europe, ou en Asie.

Pour résumer

Fonderie de Bretagne devrait être repris par l'Allemand Callista. C'est en tout cas le projet retenu par le groupe Renault pour son site breton de Caudan. Un projet de transformation qui sera scruté à la loupe par les autorités locales pour le maintien du bassin d'emplois.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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