par Elisabeth Studer

Le DG de Nissan rassure Macron sur l'alliance Renault

Emmanuel Macron, chef de l’Etat français – lequel détient une participation majoritaire dans Renault, allié au japonais Nissan - s'est rendu à Tokyo la semaine dernière pour assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Il y a rencontré le Premier ministre japonais Yoshihide Suga. Bien que les deux n'aient pas discuté de Nissan - du moins si l’on en croit la délégation entourant le Président français - il n’en demeure pas moins que le DG de Nissan était présent à une réception organisée en vue mettre en avant les entreprises françaises …et qu’il a su passer un message en vue de rassurer Emmanuel Macron sur les relations qui prévalent actuellement au sein de l’Alliance.

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Une confiance grandissante au sein de l’Alliance selon Nissan

Nissan a profité de la visite d’Emmanuel Macron au Japon le week-end dernier pour faire passer un message : la relation tumultueuse avec le partenaire français Renault est désormais bonne.

Lors d'un évènement réunissant de nombreux chefs d'entreprise japonais samedi à la résidence de l'ambassadeur de France à Tokyo, le chef de l’Etat français a été informé par le DG de Nissan, Makoto Uchida, que la confiance grandissait entre les dirigeants des constructeurs automobiles, a ainsi indiqué un assistant de la Présidence française.

Uchida veut rencontrer ses homologues de l’Alliance

Uchida a déclaré qu'il souhaitait rencontrer ses homologues de l'alliance à trois qui comprend également Mitsubishi Motors, a par ailleurs déclaré l'assistant, qui a demandé à ne pas être identifié conformément aux règles gouvernementales. Une porte-parole de Nissan a confirmé la réunion sans fournir de plus amples détails.

Alliance Renault-Nissan : des tensions sous-jacentes

L'alliance automobile a été ébranlée par l'arrestation en 2018 de son leader Carlos Ghosn au Japon pour des accusations d'inconduite financière et de détournement de fonds. Son retrait a mis au grand jour des tensions de longue date entre les entreprises qui n'ont été apaisées – du moins en surface – qu'avec des changements dans leur direction et des engagements renouvelés à travailler plus étroitement pour partager le développement et la technologie des véhicules.

Une structure en capital déséquilibrée

La structure en capital déséquilibrée en faveur de Renault a longtemps été une source de tension entre les constructeurs automobiles et tout changement devrait être approuvé par l'État français.

Renault détient 43% du constructeur japonais, tandis que Nissan ne détient que 15% de Renault et aucun droit de vote. Nissan, à son tour, détient une participation de 34% dans Mitsubishi.

Toute discussion sur la structure de propriété a été récemment éclipsée par les efforts de redressement de Renault et Nissan, les deux sociétés ayant dévoilé des plans pour endiguer les pertes.

Nissan prévoit un retour aux bénéfices en 2021

Un retour aux bénéfices de Nissan pourrait toutefois remettre le problème sur la table. Mercredi, le constructeur a prévu que ses comptes annuels repassent au vert en 2021, pour la première fois en trois ans, le DG – voulant rassurer - affirmant que la société est "un peu au-dessus du niveau de l'eau".

Les relations Nissan / Renault s’améliorent selon les dirigeants des constructeurs

Les dirigeants de Renault et Nissan ne se sont pas vus physiquement depuis le début de la pandémie, même s'ils ont répété régulièrement que les relations s'étaient améliorées et que des discussions entre dirigeants avaient lieu régulièrement.

Le n ° 2 du constructeur automobile japonais, Ashwani Gupta, s'est rendu au Royaume-Uni le mois dernier mais n'a pu se rendre à Paris. Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, qui est également vice-président de Nissan, qualifie l'alliance d'irréversible, tandis que le DG Luca de Meo a mis en avant les récentes décisions d'utiliser le même fournisseur de batteries pour preuve que l'Alliance fonctionne.

Notre avis, par leblogauto.com

Simple hasard de calendrier ? Ce "message" laissant entrevoir une entente quasi-cordiale au sein de l’Alliance voit le jour alors que le retour aux bénéfices de Nissan va permettre à Renault de recevoir de son allié japonais une contribution de 173 millions d'euros à ses résultats du deuxième trimestre. De quoi relancer des discussions sur une éventuelle restructuration de capital ?

Sources : Automotive News, tradingsat

Pour résumer

Emmanuel Macron, chef de l’Etat français – lequel détient une participation majoritaire dans Renault, allié au japonais Nissan - s'est rendu à Tokyo la semaine dernière pour assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Il y a rencontré le Premier ministre japonais Yoshihide Suga. Bien que les deux n'aient pas discuté de Nissan - du moins si l’on en croit la délégation entourant le Président français - il n’en demeure pas moins que le DG de Nissan était présent à une réception organisée en vue mettre en avant les entreprises françaises …et qu’il a su passer un message en vue de rassurer Emmanuel Macron sur les relations qui prévalent actuellement au sein de l’Alliance.

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