par Elisabeth Studer

BMW : le Brexit coûterait près de 11 Mds € au secteur auto

Selon le directeur financier de BMW, (Chief Financial Officer ou CFO), Nicolas Peter, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne pourrait coûter jusqu'à 11 milliards d'euros au secteur automobile (constructeurs et fournisseurs réunis).

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Une situation difficilement gérable, à moins que le commerce transfrontalier ne reste libre de droits de douane et non soumis aux contraintes administratives jugées pour le moins bureaucratiques. 

Un budget colossal nécessaire pour se préparer au Brexit

BMW a dépensé cette année un "faible" million d'euros à deux chiffres pour se préparer au Brexit, a déclaré Nicolas Peter aux journalistes lors d'une table ronde virtuelle jeudi.

Or, rappelle le Directeur Financier de BMW, l'association de l'industrie automobile ACEA a estimé que cela pourrait coûter aux constructeurs automobiles et aux fournisseurs de 10 à 11 milliards d'euros".

BMW plaide  pour un commerce sans droits de douane et un sytème fluide

«Nous avons besoin d'un commerce sans droits de douane" a par ailleurs prôné le dirigeant. Ajoutant que même si cela était le cas (ce qui semble néanmoins difficile à voir concrétisé à court terme), le système devait être transparent pour le secteur.

"Nous avons un système de fabrication juste à temps, donc le traitement administratif à la douane doit être efficace" a-t-il poursuivi.

Emissions polluantes : BMW plaide pour des exigences similaires à celles de l'UE

Nicolas Peter estime également que la Royaume-Uni devrait continuer à suivre le rythme des exigences d'émissions de l'Union européenne afin que les constructeurs automobiles puissent offrir les mêmes voitures sur tous les marchés européens. Une remarque pleine de sens … mais dont le sujet n'a été que peu abordé à l'heure actuelle, voire même pas du tout …

La forte demande de voitures électriques et hybrides a aidé BMW à rester en avance sur les objectifs de réduction des émissions de la flotte pour 2020, a tenu à préciser Nicolas Peter.

La Mini transférée aux Pays-Bas en cas de hard Brexit

En août 2019, BMW indiquait qu'il pourrait faire un pas de plus en dehors du Royaume-Uni en cas de hard Brexit.

En l’absence d’accord sur les modalités de sortie du pays de l’Union européenne, le constructeur allemand déclarait alors qu'il pourrait transférer un nouveau pan de sa production de son usine d’Oxford, où il assemble à l’heure actuelle des Mini. Leur assemblage pourrait être réalisé aux Pays-Bas.

Le président du directoire de BMW, Harald Krüger avait alors indiqué que des transferts de production de l’usine d’Oxford vers d’autres unités de production, notamment au Pays-Bas étaient envisagés. Affirmant que le constructeur était très « flexible », le dirigeant a déclaré que BMW pourrait « ajuster les volumes à Oxford et à Nedcar, aux Pays-Bas. »

L’hypothèse Pays-Bas envisagée depuis plusieurs mois pour la Mini

En octobre 2018, en marge du Paris Auto Show, Harald Krüger, alors PDG du groupe BMW, avait déclaré qu’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord obligerait le groupe allemand à accroître la production dans l’usine néerlandaise de VDL Nedcar.

« J’ai dit à la Première ministre britannique Theresa May et à l’Union européenne que s’il y avait un Brexit sans accord, les deux côtés seraient perdants. Nous ne respecterons plus les accords commerciaux et nous serons obligés de construire la Mini aux Pays-Bas », avait alors affirmé Harald Krüger.

Si BMW produit actuellement la plupart de ses véhicules Mini dans l’usine de Cowley, près d’Oxford, une grande partie des composants sont en revanche importés des usines allemandes de BMW. Une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord aurait un impact sérieux.

Importance croissantes des Pays-Bas

BMW a également pris depuis quelques mois d’autres mesures moins médiatisées. Le constructeur allemand a ainsi commencé à faire de VDL Nedcar, sa base d’exportation pour les Mini. L’usine néerlandaise produit les Mini 3 portes et décapotables ainsi que le Countryman. La production de Mini croît régulièrement et les effectifs avec. Ceux-ci sont passés de 4 500 en 2017 à 7 200 en 2018. Tandis que les effectifs de l’usine de Cowley restaient stables.

À la question de savoir si un hard Brexit ferait des Pays-Bas le principal centre de production de Mini pour les marchés de l’Union européenne, M. Krüger avait répondu par l’affirmative.

L’emploi britannique impacté

L’emploi britannique pourrait être sérieusement menacé, alors que BMW emploie un peu plus de 4.500 personnes à Oxford, site où 234.501 Mini ont été assemblées en 2018.

Rappelons également qu’en raison des incertitudes liées à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, BMW a annoncé en juillet 2019 avoir déplacé hors du territoire britannique une partie de sa production de moteurs.

L’usine britannique BMW de Hams Hall ne produit plus désormais de moteurs destinés à l’Afrique du Sud, ce qui constitue évidemment "une mauvaise nouvelle pour le Royaume-Uni", avait alors reconnu lui-même le directeur de la production de BMW.

Notre avis, par leblogauto.com

Alors que la date butoir du 31 décembre 2020 arrive à grands pas, la situation semble jour à jour un peu plus dantesque … et inextricable. Elle pourrait effectivement induire des charges colossales pour les constructeurs, déjà mis à mal par la crise sanitaire et le déclin de la demande.

Sources : BMW, Reuters

Pour résumer

Selon le directeur financier de BMW, (Chief Financial Officer ou CFO), Nicolas Peter, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne pourrait coûter jusqu'à 11 milliards d'euros au secteur automobile (constructeurs et fournisseurs réunis).

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